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Le jeu alerté peut être rassuré


Lorsqu’ils voient un cerf partir à toute vitesse, de nombreux nemrods perdent espoir.

Totalement désemparés, ils vont simplement le regarder partir, sentant qu’il n’y a plus rien à faire.

Le roi de la forêt

Lorsqu’un chasseur entend ou voit un orignal s’enfuir, il peut opter pour quelques vocalisations afin de ralentir sa course et d’attirer son attention. Un cri reproduisant celui émis par une femelle en chaleur intriguera tous les prétendants, y compris ceux de petite taille. Plus tard à l’automne, lorsque la saison des amours bat son plein, l’amateur peut s’y rendre avec insistance avec de longs miaulements.

Si un mâle réagit à vos avances et montre de l’intérêt, vous devez répondre rapidement à chaque épisode. Vous pouvez alors favoriser un dialogue féminin plaintif ou passer au grand jeu et lui donner envie de l’affronter. Si votre scénario est bien orchestré et bien joué, il y a de fortes chances que le mâle revienne vers vous.

Le fantôme du sous-bois

Lors d’une récente excursion à Sépaq Anticosti, au lac Renard, j’ai été témoin d’une scène parfaite qui démontre bien que tout n’est pas perdu lorsqu’un chevreuil s’enfuit.

Accompagnés du guide Johan Heiser, nous nous apprêtons à effectuer une belle partie de chasse dans un sentier d’environ 5 km. 200 mètres avant d’atteindre le sentier, nous traversons une tourbière, plus connue sous le nom de échanger.

Une femelle se lève et attire notre attention. Elle parcourt une centaine de mètres et s’arrête. Intrigué de savoir si un mâle l’accompagne, nous continuons notre marche lentement, puis un colosse, un grand mâle avec un derrière ressemblant à celui d’un cheval et des bois impressionnants, s’enfuit et disparaît dans la forêt.

Action réaction

Johan émet alors immédiatement des grognements, communément appelés grognements, pour simuler la présence d’un autre cerf de Virginie. Cet appel aura pour effet d’enrager le grand cerf en le rendant jaloux ou de le rassurer en sachant qu’il s’agit d’un autre congénère et non d’un intrus menaçant.

Simultanément, j’émets le cri d’un veau en détresse, « ouiiiin-ouiiiin-ouiiiin », qui pique sa curiosité et fait appel à son instinct parental.

N’ayant pas l’impression que le chevreuil nous ait vu et flairé, nous avons tout de même l’espoir qu’il reviendra sur les lieux pour assouvir sa curiosité et même revoir sa belle femelle. Sachez toutefois que lorsqu’un cerf corrobore deux de ses sens, il ne reviendra pas.

Continuer habilement grognement, Johan voit à travers ses jumelles notre mastodonte arriver sept ou huit minutes plus tard au bout de la couette en bois et se coucher dans l’herbe. On ne voit que sa grosse tache blanche abdominale qui ne jure que dans le décor. Situé à plus de 300 mètres et positionné devant, je décide de ne pas tenter de tir à main levée et ainsi de ne pas risquer de le blesser.

Ce spectacle était une fois de plus un beau rappel que dans des situations comme celle-ci, parfois tout n’est pas perdu.

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