Skip to content
le malaise des enseignants, Bernard Pivot en parlait déjà en 1984

 | Mises à jour de dernière minute

Nouvelles locales Actualités d’aujourd’hui

Chaque semaine, retrouvez des pépites de nos archives avec Madelen. Cette Apostrophes consacré à l’Éducation nationale montre qu’en 37 ans les problèmes n’ont pas été résolus.

Le découragement des enseignants ne date pas d’hier mais plutôt d’avant-hier, à un moment où les précautions sanitaires face à la pandémie étaient loin d’être d’actualité. Début septembre 1984, Bernard Pivot consacre un numéro deApostrophes à « malaise des professeurs« . Cette émission de 75 minutes diffusée sur Madelen est une leçon. La découvrir ou la redécouvrir est un devoir car elle permet, hélas, de constater que les problèmes débattus ici 37 ans ne sont pas résolus, et restent plus que jamais, d’une actualité brûlante.

Ce soir-là, sur le thèmeL’école cherche désespérément des professeurs», Pivot réunit des hauts fonctionnaires, les journalistes Patrick Rotman et Hervé Hamon, auteurs d’une longue enquête dans les collèges et lycées, ainsi qu’un enseignant particulièrement médiatisé, Patrick Grainville. Professeur de littérature dans un lycée de Sartrouville, lauréat, en 1976, du prix Goncourt pour son 4e roman Les flamboyants, il continue d’enseigner, par passion. Il représente une exception qui ne confirme pas la règle, selon les autres participants au débat, à commencer par Dominique de La Martinière. Ancien directeur général des impôts, il a changé d’univers et milite désormais pour des contrôles qui n’ont rien à voir avec la fiscalité : ceux qui sont traditionnellement passés aux étudiants, afin de vérifier leur niveau. Constatant une dégradation importante tant dans l’enseignement primaire que secondaire, craignant que certains fonctionnaires ne soient en train de commettre un «crime pour non-assistance aux enfants en danger», il publie un «lettre ouverte à tous les parents qui refusent le massacre de l’éducation« .

Il a ainsi mis le feu aux poudres, puisque dans les jours qui ont suivi la diffusion de l’émission, les polémiques se sont multipliées dans la presse : une partie importante des jeunes de notre pays serait-elle en train de suivre des études qui les conduisent directement à un chemin sans espoir : chômage quasi permanent dû à un manque de connaissances structurelles, mais aussi culturelles ? C’est la première fois que nous abordons ce sujet en profondeur, mais pas la dernière. !

Le problème du manque de professeurs est également abordé ce soir-là : deux millions et demi d’heures de cours sont perdues chaque année à cause d’une absence de professeurs, vaguement justifiée. Leur remplacement tourne au casse-tête.

Le problème du recrutement est également d’actualité. L’augmentation des naissances, et donc des élèves, a contraint l’Education nationale à ne pas être trop pointilleuse sur le choix des candidats. Bac plus 2, voire moins, suffit parfois pour se voir confier une classe dans un lycée dit «  protégé « . Ces établissements sont, en théorie, à l’abri d’un phénomène nouveau : des enseignants chahutés par des élèves qui ne se contentent pas de sécher les cours : dans certains quartiers, la dégradation des classes et la délinquance commencent en effet à faire partie du quotidien.

Sur le plateau, on déplore enfin la disparition, en 1969, du concours d’entrée en sixième. Nous formons l’espoir qu’il sera un jour restauré. En 2022, ce n’est toujours pas d’actualité. Mais, comme le disait Pierre Dac, tant que l’espoir reste au niveau de l’espoir, il n’y a pas de raison de désespérer.


Mises à jour de dernière minute Nouvelles locales

lefigaro – divertissement

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.