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Le monde entier uni à la mémoire d’Elizabeth II


Joe et Jill Biden se rassemblent depuis une plate-forme surélevée devant le cercueil de la reine dimanche à Londres. Piscine WPA/Getty Images via AFP

Les obsèques du souverain britannique ont lieu ce lundi à Londres en présence de dirigeants du monde entier.

Londres

Cela fait plus de deux siècles que l’abbaye de Westminster n’a pas accueilli de funérailles royales. C’était en 1760, pour le roi George II. Depuis lors, les souverains britanniques avaient préféré le cadre moins surdimensionné de la chapelle Saint-Georges à Windsor. Mais Elizabeth II avait exprimé le souhait de revenir à Westminster, où l’abbaye peut accueillir davantage de personnes, quelque 2 200 personnes.

La reine avait bien fait de souhaiter que les caveaux de Westminster accueillent à nouveau la messe funéraire. Car, il y aura du monde ce lundi à Londres. La planète entière se précipite vers le cercueil de ce monarque extraordinaire. Quelque 500 invités de marque sont attendus, dont plus de 200 chefs d’État et de gouvernement, hautes personnalités étrangères et autres têtes couronnées. Côté britannique, outre les « Royals », la Première ministre, Liz Truss, d’anciens chefs de gouvernement et d’autres personnalités politiques seront présents. A 11 heures, ils assisteront à la cérémonie religieuse au cours de laquelle l’archevêque de Cantorbéry, Justin Welby, chef spirituel de l’Église anglicane, prononcera le sermon.

La procession qui conduira le cercueil de Westminster Hall à l’abbaye sera somptueuse et ponctuée de rites empruntés à l’histoire. La charrette ne sera plus tirée par des chevaux mais tirée par des cordes par de jeunes marins de la Marine. D’autres serviront de frein à l’attelage, en souvenir des funérailles de la reine Victoria en 1901, où les chevaux s’étaient dangereusement enfuis. Tel est le protocole des funérailles nationales, rare puisque la dernière fut celle de Winston Churchill, en 1965. Le cercueil sera porté par huit soldats de la Compagnie de la Reine des Grenadiers Guards, l’un des cinq régiments d’infanterie de la maison des souverain. Ils seront accompagnés des écuyers de la Reine.

Convergence historique

Trois autres unités seront particulièrement honorées : les Yeomen of the Guard, créés en 1485 et qui portent encore l’uniforme rouge et or de l’époque Tudor, et l’Honorable Corps of Gentlemen at Arms, deux anciennes unités de la garde du corps du souverain. qui n’a plus que des fonctions cérémonielles. Le troisième est la Royal Company of Archers, les gardes du corps de la reine Elizabeth II en Écosse. D’autres détachements britanniques et du Commonwealth ainsi que des Gurkhas se joindront au cortège qui accompagnera Elizabeth II de l’abbaye de Westminster à l’arche de Wellington. Au total, 6 000 soldats participeront à l’hommage.

Le cortège sera suivi à pied par le roi Charles III et les autres membres de la famille royale, au son de Big Ben et des coups de canon toutes les minutes. À Wellington Arch, le cercueil sera placé dans le corbillard royal pour se rendre à Windsor, où une cérémonie d’inhumation privée aura lieu. Comme depuis le début de la période de deuil, les détails ont été soigneusement pensés. Le cercueil d’Elizabeth II sera ainsi transporté par l’affût de canon utilisé pour la reine Victoria. Et à Westminster étaient invités des soignants du NHS (service de santé publique) impliqués dans la réponse à la pandémie. La présence d’archers écossais est aussi une manière de célébrer l’unité du royaume.

Emmanuel et Brigitte Macron arrivent à Westminster Hall pour rendre hommage à Elizabeth II dimanche à Londres. DURSUN AYDEMIR/Agence Anadolu via AFP

Cette convergence historique vers Londres des puissants de ce monde est un casse-tête diplomatique. Parmi les figures éminentes et remarquées, les présidents américain Joe Biden, français Emmanuel Macron, ou encore la patronne de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Certains, comme Joe Biden, sont arrivés dimanche pour rendre hommage devant le cercueil de la reine. L’empereur du Japon Naruhito et son épouse seront également présents, pour leur premier voyage à l’étranger depuis leur accession au trône en 2019.

Défi de sécurité

Parmi les têtes couronnées attendues, le prince Albert de Monaco, le roi Philippe de Belgique et le roi Felipe VI d’Espagne. La plupart d’entre eux devaient assister à une réception donnée par Charles III au palais de Buckingham dimanche soir. D’autres pays n’ont pas reçu de carton d’invitation, comme la Russie, la Birmanie ou encore la Corée du Nord.

Le président chinois Xi Jinping sera représenté par son vice-président Wang Qishan. Mais il a été un jour question de refuser l’accès au cercueil du souverain à une délégation officielle chinoise, après la protestation de parlementaires britanniques sanctionnés par Pékin pour avoir critiqué les violations chinoises des droits de l’homme. Au-delà de ce petit accroc diplomatique volontaire, il s’agit de ne vexer personne dans le placement des convives. La tâche est d’autant plus ardue que Londres a demandé aux dirigeants non pas d’emprunter des véhicules personnels mais des bus affrétés pour eux… Sans surprise, Joe Biden a obtenu une dérogation et la presse anglaise s’est demandée dimanche ce que ferait Emmanuel Macron.

L’autre défi est la sécurité. La police métropolitaine de Londres a admis avoir été confrontée au plus grand défi auquel elle ait jamais été confrontée. Des centaines de milliers de personnes – peut-être plus d’un million – devraient descendre dans les rues de Londres. Sur le parcours du cortège, les admirateurs de la reine campent depuis quarante-huit heures déjà. Depuis mercredi soir et jusqu’à lundi à l’aube, des centaines de milliers d’entre eux ont fait la queue pour défiler devant le cercueil d’Elizabeth II. Une telle affluence que l’accès à la file d’attente a dû être interrompu plusieurs fois. Tous les records doivent être battus.

lefigaro -fp

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