Santé

le nombre de tumeurs cérébrales a fortement baissé depuis 2018

[ad_1]

La campagne menée par les autorités sanitaires pour alerter sur les risques liés à la prise de cet antiandrogène s’est avérée très efficace. Les associations de patients regrettent d’autant plus qu’elle ait été réalisée si tardivement.

Prescrit depuis les années 1980 dans le cadre du traitement de l’hyperpilosité chez la femme, ou pour atténuer les effets du cancer de la prostate chez l’homme, l’Androcur faisait l’objet de graves accusations depuis 2009. A doses excessivement élevées (>25mg), ce dérivé de la progestérone est en effet suspecté de favoriser le risque de développer un méningiome, une forme bénigne de tumeur cérébrale. Courant 2018, les autorités sanitaires lancent donc une campagne en deux temps. Ils avertissent les médecins du risque élevé de méningiome et leur demandent d’effectuer des examens cérébraux sur un grand nombre de patients prenant de l’Androcur. L’année suivante, ils ont envoyé une lettre à tous ceux qui avaient récemment suivi ce traitement.

Un rapport publié le 1er décembre et rédigé par le groupement d’intérêt scientifique EPI-PHARE, structure publique d’expertise en épidémiologie issue de la collaboration entre l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), montre les résultats spectaculaires de ces mesures. Avant 2018, environ 100 femmes étaient opérées chaque année à cause de tumeurs liées à l’Androcur. En 2021, ils étaient moins de dix. « Le nombre de méningiomes opérés a été réduit de 93% en 2021 par rapport à 2017, une baisse considérable qui traduit le succès des actions menées par les autorités sanitaires », analyse Alain Weill, directeur adjoint d’EPI-PHARE.« Avec la mise en place d’un numéro vert et l’envoi de près de 120 000 courriers, c’est la troisième fois que des mesures aussi importantes sont utilisées après l’affaire Pick et Dépakine. », a déclaré Alain Weill.

Si l’Androcur est toujours disponible en France, l’étude EPI-PHARE s’est également penchée sur les alternatives existantes. L’ANSM estime qu’un peu plus de 5 000 femmes prennent actuellement de l’Androcur ou l’un de ses génériques, soit dix fois moins qu’au début de l’année 2018. Pour les femmes qui ont arrêté après août 2018, 34,9 % sont passées à une autre hormone sexuelle. Au début, on craignait que les gens se tournent vers d’autres acétates, le nomegestrol et l’acétate de chlormadinone, également à risque de tumeurs. Cependant, nous avons constaté que c’était le cas pour seulement 5 % des personnes», précise Alain Weill. La plupart ont simplement cessé de prendre leur traitement.

» LIRE AUSSI – Androcur, des femmes debout contre le ministre de la Santé

« Dix ans de retard »

Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de prendre de telles mesures ? Bien qu’il soit peu probable que les méningiomes se transforment en cancer mortel, ils peuvent entraîner de graves handicaps, tels que des handicaps visuels ou moteurs. «J’ai définitivement perdu mon odorat», témoignait par exemple récemment auprès de l’AFP Anne Le Beuz, 50 ans, dont les capacités olfactives n’ont pas survécu à l’ablation d’un méningiome en 2019. Elle avait pris de l’Androcur pendant six ans, comme pilule contraceptive et comme traitement anti-acné lorsque ces les indications ne sont pas officiellement fournies pour cette molécule anti-androgène. Mais dans les faits, et particulièrement en France, les médecins prescrivent l’Androcur depuis plusieurs décennies bien au-delà de ses indications.

C’est une étude publiée en 2018 qui a été déterminante dans le choix des autorités sanitaires. S’ils avaient déjà imposé à Bayer de mentionner le risque de méningiome dans les notices du médicament depuis le début des années 2010, aucune autre mesure n’avait été prise. Mais l’étude de 2018 montre que le risque de méningiome était multiplié par sept chez les patients sous Androcur depuis plus de six mois, et par vingt au-delà de cinq ans. Sans cette étude,nous n’aurions pas eu le recul nécessaire, nous n’aurions pas montré ou trouvé tout ce que nous avons mis en évidence», plaidait début décembre, lors d’une conférence de presse, Isabelle Yoldjian, directrice médicale de l’ANSM.

» LIRE AUSSI – A fortes doses, un médicament hormonal augmente le risque de tumeur au cerveau

L’argument ne convainc pas les associations de patients et leurs avocats, qui, sans absoudre Bayer, ont d’abord tendance à renvoyer la responsabilité aux autorités sanitaires. L’ANSM »agi avec dix ans de retard, au moins», a jugé l’avocat Charles Joseph-Oudin, qui accompagne une vingtaine de patients dans des procédures judiciaires, notamment aux côtés d’une association, Amavea. «Les médecins devaient être informés, de manière ciblée, de l’existence d’un risque dès l’apparition d’un signal.« , selon lui.

Que faut-il retenir : l’efficacité des actions ou leur caractère trop tardif ? Le cas de Mme Le Beuz, dont le méningiome a été diagnostiqué suite au courrier de l’ANSM en 2019, illustre parfaitement la question. «Je suis reconnaissant d’avoir été informé car, sinon, des symptômes plus graves m’auraient alerté« , elle a expliqué. Mais il y a aussi «la colère de la non-information, tant au niveau du laboratoire que de l’ANSM. J’me dis : On aurait pu s’arrêter avant, ça n’aurait pas pu m’arrivera-t-elle ajouté, jugeant que le corps médical portait également une grande part de responsabilité.

[ad_2]

lefigaro -helth

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.
Bouton retour en haut de la page