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Le Parlement français approuve un projet de loi ajoutant le droit à l’avortement à la Constitution

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Les législateurs de la chambre basse du Parlement français ont voté jeudi pour ajouter le droit à l’avortement dans la constitution. La décision a été approuvée avec 337 voix pour et 32 ​​contre, le projet de loi devant maintenant être envoyé au Sénat à majorité conservatrice pour approbation.

Les députés du parti de gauche La France insoumise (LFI) et la coalition centriste au pouvoir ont conclu un accord sur le libellé de la nouvelle législation, qui a été adoptée à une large majorité.

« La loi garantit l’effectivité et l’égalité d’accès au droit d’interrompre volontairement une grossesse », lit-on dans l’ajout constitutionnel proposé à l’article 66.

L’initiative a été motivée par la décision de la Cour suprême des États-Unis cette année d’annuler le droit national à des procédures de résiliation pour les Américains.

Le gouvernement conservateur de Pologne a également fortement restreint le droit à l’avortement.

« L’assemblée parle au monde, notre pays parle au monde », a déclaré en liesse la députée Mathilde Panot de LFI, en dédiant le vote aux femmes en Hongrie, en Pologne et aux Etats-Unis.

Panot, qui a dirigé la législation avec un membre du parti du président Emmanuel Macron, a déclaré que cette décision était nécessaire en France pour se protéger « contre une régression ».

Juste la première étape

L’avortement a été légalisé en France en 1974 par une loi défendue par la ministre de la Santé Simone Veil.

Une précédente tentative d’inscrire le droit à l’avortement dans la constitution française, avec une formulation différente, avait été rejetée par le Sénat en octobre.

Cette deuxième tentative nécessitera également l’approbation de la chambre haute et devra ensuite être votée lors d’un référendum national.

« C’est un grand pas, mais ce n’est que le premier », a déclaré le député centriste Sacha Houlie du parti Renaissance de Macron.

L’accord de jeudi était un rare exemple d’accord entre LFI d’extrême gauche et les alliés centristes de Macron à l’Assemblée nationale.

Abstentions à droite

Le gouvernement minoritaire de Macron a eu du mal à plusieurs reprises à adopter des lois, trouvant difficile le consensus avec les factions politiques rivales.

De nombreux politiciens conservateurs et catholiques avaient fait part de leurs doutes quant au changement de l’avortement, le considérant comme inutile compte tenu des protections juridiques déjà en place.

Marine Le Pen du Rassemblement national d’extrême droite, le plus grand parti d’opposition au parlement, a qualifié la législation de « totalement déplacée » plus tôt cette semaine car, a-t-elle déclaré, le droit à l’avortement n’était pas menacé en France.

Le Pen n’était pas présent à l’Assemblée nationale au moment du vote.

(Avec les fils de presse)

rfi

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