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le parquet de Paris demande un non-lieu


Le chlordécone, un pesticide interdit en France en 1990 mais qui a continué à être autorisé en Martinique et en Guadeloupe jusqu’en 1993, a causé une pollution importante sur les deux îles.

Le parquet de Paris a demandé un non-lieu à l’enquête sur l’intoxication à grande échelle liée à l’usage de chlordécone aux Antilles françaises, a-t-il indiqué à l’AFP vendredi 25 novembre, confirmant un dossier de source proche.

Cette démarche était attendue puisque les juges d’instruction parisiens du pôle santé publique avaient annoncé fin mars la clôture de leurs investigations sans avoir procédé à des mises en examen. Interdit en France métropolitaine en 1990, le chlordécone a continué à être utilisé aux Antilles jusqu’en 1993 où il est soupçonné d’avoir provoqué une vague de cancers.

Plus de 90% de la population adulte contaminée par le chlordécone

Dans son réquisitoire définitif daté de jeudi, consulté par l’AFP, le parquet considère notamment que les faits semblent prescrits, notamment s’agissant d’empoisonnements, ou non caractérisés, concernant l’administration de substances nocives.

Il appartient désormais aux juges d’instruction de rendre leur décision définitive dans cette affaire très sensible en Guadeloupe et Martinique où plus de 90% de la population adulte est contaminée au chlordécone, selon Santé publique France.

La population antillaise a également l’un des taux d’incidence de cancer de la prostate les plus élevés au monde et ces cancers liés à l’exposition au chlordécone ont été reconnus comme maladie professionnelle en décembre.

L’enquête a été ouverte en 2007 après le dépôt par plusieurs associations antillaises d’une plainte pour empoisonnement, mise en danger de la vie d’autrui et administration de substances nocives.

En 2021, les juges d’instruction en charge du dossier avaient fait part à plusieurs parties civiles de leur analyse selon laquelle les faits seraient dans leur grande majorité prescrits.

Un virage « inquiétant »

L’annonce de la fin des investigations sans aucune interpellation avait déjà soulevé un tollé fin mars. « La tournure prise par cette affaire scandaleuse est inquiétante car on va vers un déni de justice», avaient ainsi dénoncé les avocats de l’association Pour une écologie urbaine.

L’éventuelle prescription de l’action publique a aussi déjà suscité indignation et colère aux Antilles, notamment en Martinique où 5 000 à 15 000 personnes avaient, par exemple, défilé dans les rues de Fort-de-France fin février 2021.


VOIR ÉGALEMENT – Comprendre le problème du chlordécone

lefigaro -fp

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