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Le procès des attentats de Bruxelles de 2016 s’ouvre mercredi

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Le procès des attentats de Bruxelles en 2016 s’ouvre mercredi devant la cour d’assises de la capitale belge, et doit durer jusqu’en juin prochain. L’audience devrait débuter dans la matinée avec le tirage au sort du jury populaire. Les débats commenceront lundi prochain.

Neuf prévenus, dont Salah Abdeslam, contre un millier de parties civiles. La cour d’assises de Bruxelles ouvre ce mercredi 30 novembre un procès extraordinaire pour identifier les responsables des attentats djihadistes de 2016 à Bruxelles. L’audience s’ouvre à 9 heures pour le tirage au sort du jury populaire, prévu sur une journée. Les débats, qui devraient durer jusqu’en juin, débuteront lundi prochain.

Six ans et demi après les pires attentats subis par la Belgique en temps de paix, ce procès s’annonce comme le plus important jamais organisé devant une cour d’assises belge.

Le 22 mars 2016 au matin, deux jihadistes se sont fait exploser à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem, et un troisième une heure plus tard dans le métro de la capitale européenne, faisant au total 32 morts et plusieurs centaines de blessés. Les attentats, revendiqués par le groupe jihadiste Etat islamique (EI), interviennent quatre jours après l’arrestation à Molenbeek de Salah Abdeslam, seul survivant des commandos du 13 novembre 2015.

Et les enquêteurs constatent rapidement qu’ils ont été perpétrés par cette même cellule déjà à l’origine du bain de sang dans la capitale française (130 morts à Paris et Saint-Denis le 13 novembre). A l’époque, ces djihadistes avaient d’autres projets en tête, dont celui d’atteindre l’Euro-2016 en France. Mais ils agissent dans la précipitation après l’arrestation d’Abdeslam.

Lors de ce procès, neuf hommes sont attendus dans le box, dont le Français de 33 ans et son ami d’enfance originaire de Molenbeek, Mohamed Abrini. Un dixième, Oussama Atar, chef de la cellule, sera jugé par contumace car il est présumé mort en Syrie. Au total, six de ces dix prévenus ont déjà été condamnés, la plupart très lourdement, dans le procès fleuve achevé en juin à Paris pour le 13 novembre.

Parmi eux se trouve Oussama Krayem, qui a accompagné l’assaillant jusqu’au métro bruxellois avant de rebrousser chemin et de se débarrasser de ses explosifs. Au procès de Paris, ce jihadiste suédois décrit comme un « combattant aguerri » est resté muet sur son rôle précis dans la cellule.

Pour « affronter ce que l’être humain est capable de faire »

« Je n’attends pas vraiment beaucoup de réponses », a déclaré à l’AFP Sandrine Couturier, une partie civile qui envisage de venir affronter les prévenus. « Mais je veux me confronter à ce que les êtres humains sont capables de faire, je dois accepter que tout le monde n’est pas bon ».

Présent sur le quai du métro Maelbeek au moment de l’explosion dans un train, ce directeur d’association souffre toujours de stress post-traumatique. « Pertes de mémoire » et « problèmes de concentration » qui refont surface à l’approche du procès, explique-t-elle.

Les épisodes d’anxiété, voire de dépression, sont encore très fréquents chez les rescapés et les témoins que l’AFP a pu interroger. Plusieurs ont également décrit leur pénible lutte pour obtenir une couverture d’assurance pour les soins médicaux.

Les victimes ont été « abandonnées à leur sort par l’Etat belge », a dénoncé un collectif représentant près de 300 parties civiles.

Ce collectif, Life4Brussels, avait déjà exprimé sa colère fin septembre à l’annonce du report du procès en raison d’un banc des accusés non conforme au droit européen.

L’équipement initialement prévu, un caisson compartimenté en alvéoles individuelles vitrées, avait provoqué un tollé du côté de la défense. Il a dû être démonté et remplacé, ce qui a causé un retard de près de deux mois. Outre la nouvelle loge, collective et « semi-ouverte », offrant une meilleure communication de part et d’autre de la verrière, les regards se tourneront mercredi vers les sièges des jurés.

Une situation inédite en Belgique, la cour d’assises va en nommer trente-six. En plus des 12 titulaires, 24 jurés suppléants siégeront tout au long de la procédure pour pallier les éventuelles absences.

Sous peine d’invalidation du procès, il faut absolument respecter ce nombre de 12 citoyens pour assister les trois magistrats professionnels lors du délibéré sur le verdict.

Avec l’AFP

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