Skip to content
Le Racing 92 fête ses 140 ans, retour sur cinq moments clés de l’histoire francilienne


Ce dimanche à 17 heures, le club francilien reçoit Clermont dans le cadre de la 11e journée de Top 14. L’occasion de fêter officiellement ses 140 ans.

1892 : pour toujours le premier

Si le premier club de rugby de France est créé au Havre en 1872, le Racing – qui s’appelle à l’époque Racing Club – devient le premier club champion de France en 1892, remportant la finale contre… le Stade Français Paris Rugby (4-3 ). La saison suivante, le voisin et rival parisien prendra sa revanche. A noter que, jusqu’en 1898, la compétition n’opposera que les équipes parisiennes. Un homme symbolise à lui seul ce glorieux premier du club francilien : Frantz Reichel. Après avoir découvert le rugby en 1888, il deviendra une figure incontournable du rugby en France.

Joueur, sportif accompli (il participa aux Jeux Olympiques de 1894 sur 110 m haies), dirigeant (création de nombreuses fédérations sportives, participa à la création du Comité National Olympique Français) mais aussi journaliste pour Le Figaro. Il couvrira notamment le premier match entre les Bleus et les All Blacks en 1906. Une catégorie jeunes (juniors de plus de 19 ans) porte son nom. Après son premier sacre en 1892, le Racing remporte deux autres titres en 1900 et 1902.

1990 : la bouffée d’air frais du « Showbizz »

Au début des années 90, porté par une génération dorée (Mesnel, Blanc, Cabannes, Serrière…), le Racing Club de France dépoussière l’image traditionnelle et sérieuse du rugby en France. Le club, qui évolue au stade Yves-du-Manoir de Colombes, propose un jeu alerte et fougueux, bien épaulé par un pack rude et acharné. Mais c’est pour ces farces inoubliables que les Racingmen font aussi parler d’eux : ils n’hésitent pas à jouer avec des bérets contre les Basques de Bayonne, à se fourrer un poisson rose dans le dos le 1er avril ou à se peindre le visage en noir pour protester. contre les insultes racistes dont l’un d’entre eux a été victime.

Avec le recul, Franck Mesnel se souvient de cette période bénie, sans vouloir comparer avec l’époque actuelle : « On a vu trop de vieux autour de nous aigris, qui n’arrêtaient pas de nous dire que c’était mieux avant. Nous avons juré de ne jamais virer de vieux idiots ! Après une défaite en finale face à Toulon en 1987 (12-15), le Racing remporte le quatrième titre de son histoire en dominant Agen, après prolongation, en 1990 (22-12).

2010 : retour retentissant dans l’élite

A ce jour, le Racing 92 reste le seul club promu à avoir disputé les phases finales du Top 14 lors de son retour dans l’élite. Après la glorieuse décennie du « Showbiz », le virage vers le professionnalisme a fait des dégâts. Le club francilien a quitté l’élite à deux reprises (1996, 2000) et sa survie financière est passée par la fusion avec l’US Metro en 2001. « Ils disent que les grandes équipes ne meurent jamais, ce n’est pas vrai. On l’a vu avec Béziers ou Lourdes. Ces équipes sont mortes dans la lutte pour la finance », souligne Philippe Guillard, ancien trois-quarts fantasque du club devenu directeur à succès. Le fondateur du groupe immobilier Foncia, Jacky Lorenzetti – aperçu dans les tribunes du stade Yves-du-Manoir – a ensuite été approché par Franck Mesnel et Eric Blanc qui avaient longtemps tenu le club à bout de bras. L’homme d’affaires devient actionnaire majoritaire (61%) en mai 2006.

Sous la houlette de Pierre Berbizier – surnommé « Jésus » par Mesnel -, les Ciel et Blancs retrouvent l’élite en 2009-2010 et se qualifient pour la finale. Ils perdront en barrages à Clermont, la fin de match sera houleuse avec Pierre Berbizier qui s’en prend violemment à Pierre-Yves Revol, alors président de la Ligue, après un arbitrage controversé. « Vous n’avez pas besoin de voir M. Revol pour voir ces faux sourires. Nous avions besoin de nous retrouver. Après, les remerciements de M. Revol… Qu’il aille d’abord au vestiaire de l’arbitre »peste « Berbize ».

2016 : le tour de force de Barcelone

Présents chaque année au rendez-vous des phases finales (ce qui est toujours le cas), les Racingmen peinent à faire la différence et à s’imposer en playoffs. Laurent Labit et Laurent Travers, arrivés de Castres où ils avaient remporté le Brennus en 2013, ont ensuite eu la chance d’avoir dans leur effectif plusieurs anciens All Blacks de renom (Dan Carter, Joe Rokocoko et Chris Masoe), qui ont propulsé l’équipe au sommet. « On manquait de joueurs comme ça, capables de montrer la voie, de montrer la voie sur le terrain. Mais surtout en dehors du terrain. Vous ne voyez que la partie « terrain » de ce qu’ils peuvent apporter. Ce qui nous intéresse c’est ce qu’ils font dehors», expliquait à l’époque Laurent Labit, devenu entraîneur de l’attaque du XV de France.

L’équipe des Hauts-de-Seine a atteint la finale de la Coupe des champions pour la première fois de son histoire, mais s’est inclinée à Lyon (avec un Carter blessé) face aux Sarrasins d’Owen Farrell et Maro Itoje (21-9). Un mois plus tard, le Racing 92 se hisse à nouveau en finale, en Top 14 cette fois (délocalisé au Camp Nou de Barcelone, en raison de l’Euro de football en France), pour défier le Rugby Club Toulonnais.

Tout avait mal commencé avec l’expulsion rapide du demi de mêlée francilien Maxime Machenaud, maudit lors des grands rendez-vous, pour un tacle dangereux sur l’Australien Matt Giteau. Mais, au lieu de précipiter la chute de Ciel et Blanc, ce fait du match va galvaniser le Racing, qui renverse le RCT, avec notamment un tour de force de l’ailier Juan Imhoff qui donne un coup de main dans la mêlée et un superbe essai en solitaire de Joe Rokokoko.

« Nous avons des stars et des soldats. Mais je pense que là-bas, nous avions plus de soldats que de vedettes. Dans ce cas, lorsque vous avez des joueurs comme Dan Carter et Joe Rokocoko, cela tire tout le monde vers le haut. Humainement, nous avons créé quelque chose. Aujourd’hui, nous n’avons pas montré de talent, nous avons montré du travail, du travail et du travail. Et, comme on dit en espagnol, cette équipe a des « huevos » (des œufs)… Gros « huevos » ! confiera ensuite le totémique Imhoff. Hommage à leurs glorieux aînés, les joueurs sont entrés sur la pelouse en blazer et ont bu du champagne à la mi-temps. A ce jour, cela reste le seul titre majeur du Racing de la période Lorenzetti.

2017 : changement d’ère avec l’Arena

C’était le grand projet de Jacky Lorenzetti lorsqu’il a repris le Racing 92 : construire une salle multimodale pour accueillir à la fois des matchs de rugby et des spectacles. Ce qui fait grincer des dents. Pour la première fois, le rugby devient un sport en salle, indépendant des conditions climatiques. Et, preuve de la primauté des événements non sportifs, l’acoustique a été spécialement étudiée lors de la construction du bâtiment par Christian de Portzamparc, l’architecte lauréat du prix Pritzker (prix Nobel des architectes) en 1994 et du Grand Prix d’urbanisme urbanisme en 2004, qui a notamment imaginé la Cité de la Musique à Paris (Parc de la Villette). La salle, construite en U, est équipée d’un écran géant de 2200 m², le plus grand d’Europe.

Sur un gazon synthétique, prime est donnée au jeu offensif et à la vitesse. Une épée à double tranchant : le Racing 92 a ainsi essuyé plusieurs défaites notables dans son Arena et les équipes qui se déplacent à Nanterre, derrière la Grande Arche de La Défense, jouent courageusement leur chance et lâchent prise. Dans les gradins, le club Alto-Séquanais accueille certes beaucoup plus de monde qu’à Yves-Du-Manoir, mais l’Aréna est vaste et ses travées semblent souvent vides. Lors de la saison 2021-2022, le Racing 92 a réuni 157 000 spectateurs payants en championnat, la septième meilleure fréquentation du Top 14, loin derrière Bordeaux-Bègles (312 000 spectateurs) ou Toulouse (245 000 spectateurs).

Face au succès grandissant de son enceinte (qui propose une jauge entre l’Accor Arena et le Stade de France), le Racing est de plus en plus contraint de délocaliser ses meetings (Vannes, Nantes, Le Mans) lorsque des spectacles ont lieu. Prochain exemple en date : les joueurs de Laurent Travers débuteront leur campagne de Champions Cup, contre le redoutable Leinster, le 10 décembre… au Havre.

lefigaro -sports

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.