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Le retour galvanisé de HBO à Westeros dans le nid de vipères des Targaryen

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Commençant par des manigances masculines, la série construit en fait l’affrontement entre Rhaenyra et Alicent sur plusieurs décennies. HBO

NOUS AVONS VU – Le Figaro a pu visionner les trois premiers épisodes de la série événement dérivée de Jeu des trônes. Grande qualité mais jusqu’ici moins épique. Lancement sur OCS lundi matin.

Comment maintenir les acquis de Jeu des trônes en sortant de son ombre ? C’est l’équation complexe posée avec motif Maison du Dragon, la première série dérivée de la saga culte de HBO. Trois ans après la fin controversée des tribulations de Jon Snow, Arya Stark et Daenerys Targaryen, libérateur transformé en Nero, les portes de Westeros rouvrent ce lundi sur OCS. Et offrir un voyage dans le temps 172 ans avant les événements de la saga originale pour raconter la guerre fratricide entre les ancêtres de Daenerys Targaryen. Ces luttes intestines entraîneront la chute de la maison Targaryen.

Des dragons, des tortures, une césarienne vivante, un bordel… Dès ses premières images, Maison du Dragon s’inscrit dans la continuité choc et sanglante de son initiateur, dont il reprend les belles notes du générique de Ramin Djawadi. Le savoir-faire de la série mère sur les décors, les costumes brodés, qui évoquent le début de la Renaissance et les fastes de l’Empire byzantin, intact. Le seul qui reste, le rayon coiffure. Il affuble ses protagonistes de hideuses perruques blond argenté. En revanche, avec un budget de 20 millions de dollars par volet, la série ne lésine plus sur les effets spéciaux alloués à ses dragons et leurs exploits.

Récit intime de la dislocation d’une famille

Dans Maison du Dragon, pas question de sauver l’humanité des zombies figés ou d’assister à des règlements de compte entre sept dynasties. Le sujet plus intime illustre les ravages du pouvoir et du patriarcat au sein d’une même famille royale. Les conflits de loyauté entre générations, parents et enfants, et amis d’enfance sont décuplés et bouillonnent dans un décor shakespearien.

L’héritière lésée Rhaenys et son mari l’amiral Corlys Velaryon, HBO

Au début de Maison du Dragon fut le règne prospère des Targaryen. Pour maintenir l’ordre, le roi vieillissant Jaeharys convoque un conseil pour choisir son héritier : sa petite-fille Rhaenys ou son petit-fils Viserys. Comme dans la France du Moyen Âge qui redécouvre la loi salique, le rejet d’une femme monarque prévaut chez les ministres qui lui préfèrent le bienveillant Viserys. Pourtant face au même problème de succession ! Sa femme ne lui a donné qu’une seule fille Rhaenyra. Le jeune de 14 ans est plus intéressé par les escapades à cheval sur les dragons que par le pouvoir. L’autre héritier de Viserys est son jeune frère, le bien nommé Daemon. Ce sadique, toujours prompt à couper les membres saillants, s’estime plus apte à régner que son aîné bon enfant.

Pas encore d’explosion épique

Conscient du danger que représente ce cadet sanguinaire et imprévisible, Viserys tourne le dos au précédent qui lui a valu la couronne et intronise Rhaenyra comme son successeur. Exilé, Daemon est dissident. Pragmatiques, les nobles de Westeros prêtent allégeance à Rhaenyra tout en pressant Viserys de se remarier et d’engendrer le prince tant attendu. Chaque maison met en valeur ses filles, quel que soit leur âge. L’un des prétendants est Alicent Hightower, la meilleure amie de Rhaenyra et fille de la main du roi. Une trahison pour Rhaenyra et un motif de mécontentement pour les barons qui estiment que les Hightower monopolisent les leviers du pouvoir.

Paddy Considine occupe, sous les traits de l’indécis et mélancolique Viserys, le trône de fer HBO

Hormis une scène dégoûtante où des crabes dévorent des prisonniers, Maison du Dragon ne renoue pas tout de suite avec les batailles épiques de Jeu des trônes. La série s’appuie sur le long temps de palabres et de silences généalogiques et politiques qui avaient fait le sel de la bavarde et réticente première saison en action de la saga originale.. Jeu des trônes c’était une tempête qui éclatait, une guerre civile. Maison du Dragon est la chronique des nuages ​​qui se rassemblent, une guerre de succession Tudor. A commencer par des escarmouches de pirates.

Cette exposition demande patience et indulgence envers les grandes ellipses temporelles. Le manque d’humour et le sens de la formule d’un Tyrion Lannister se font sentir. Le Who’s Who des jeunes branches des Targaryen n’est pas toujours facile à suivre. Gardez un œil sur Rhaenys et Corlys Velaryon, le plus grand amiral et explorateur de Westeros.

VOIR ÉGALEMENT – Qu’est-ce que House of the Dragon, la première série dérivée de Game of Thrones ?

Encadré par le réalisateur des batailles des Bâtards ou Winterfell Miguel Sapochnik, Maison du Dragon profite du retour en salle d’écriture du créateur de Jeu des trônes. En adaptant son récit historiographique Sang et feu, le romancier George RR Martin assure une parfaite continuité entre les feuilletons. Les chercheurs apprécieront les mentions des White Walkers, les visions maudites des Targaryen et les apparitions périphériques des ancêtres Stark et Lannister.

Avertissements intégrés

Malgré ce défilé de courtisans, de vaillants chevaliers et d’épouses consort, les premiers épisodes de House Of The Dragon n’offrent de la chair qu’à son trio Targaryen Dans la peau de Viserys, Paddy Considine montre les ravages d’un pouvoir trop indécis et tergiversant. A force de maintenir le statu quo, le monarque dilettante crée une détente qui appelle au désordre. Milly Alcott qui incarne la jeune Rhaenyra – elle est alors remplacée par Emma D’Arcy – cultive sa ressemblance frappante avec Emilia Clarke qui incarnait sa descendante Daenerys dans Jeux de trônes. Un maillon un peu plus faible, Matt Smith (La Couronne), qui joue de son charme visqueux, n’est pas très subtil dans la folie et les perversions de Daemon.

Matt Smith doit s’occuper du personnage le moins subtil de House Of The Dragon HBO

Néanmoins Maison du Dragon incorporé les remontrances faites à son prédécesseur. Le casting fait de la place aux talents issus des minorités. Westeros devient mixte, notamment via le clan Velayron. La sexualité repose moins sur le regard masculin. #MeToo a été digéré, comme en témoigne la retenue avec laquelle la collusion entre Alicent et Viserys est traitée. Désir, consentement sont articulés. Le choc des reines aura également lieu. Commençant par des manigances masculines, la série construit en fait le choc entre Rhaenyra et Alicent sur plusieurs décennies. Deux femmes lancées contre leur gré dans des jeux de pouvoir et des alliances matrimoniales qui les dépassent. L’un tente par sa persuasion de s’imposer, l’autre par l’indépendance. Rhaenyra partage, avec Daenerys, une vocation messianique qui la bouleverse et la pousse, comme tous les Targaryen, vers l’intransigeance et l’hybris. A travers elle, Maison du Dragon corrige la postérité moquée de Daenerys, l’idole trahie par l’épilogue bâclé dee Game Of Thônes.

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