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Le rôle clé du médecin du travail


Interface entre la direction et le personnel, ce spécialiste de la prévention des risques professionnels protège la santé des salariés tout au long de leur carrière professionnelle.

Difficulté, risques sanitaires, harcèlement… Le médecin du travail est sur tous les fronts, y compris face au Covid-19, puisqu’il est autorisé à vacciner les salariés volontaires. Pourtant, c’est un médecin qui ne soigne pas : il ne prodigue pas de soins, ne délivre pas d’ordonnances, ni d’arrêts maladie.

Depuis la loi du 11 octobre 1946, qui a rendu obligatoire la création de services de médecine du travail financés par les employeurs et accessibles à tous les salariés, elle a pratiqué santé préventive. Il est alors facile de caricaturer son rôle et de l’accuser d’être du « côté de l’employeur ». Ce serait une insulte pour lui.

Même si ses missions sont prévues par le code du travail, le médecin du travail est avant tout un médecin, indépendant dans ses décisions, même s’il est lié dans son exercice professionnel par un contrat ou un statut à une administration, une collectivité ou toute autre organisme public ou privé. A noter qu’une nouvelle loi visant à « renforcer la prévention en santé au travail » devrait entrer en vigueur au plus tard le 31 mars 2022.

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1) Action préventive

Le rôle du médecin du travail est exclusivement préventif. Elle consiste à prévenir toute détérioration de la santé des travailleurs, notamment en surveillant leurs conditions d’hygiène au travail, les risques de contagion et leur état de santé. Au sein des services de santé au travail, et avec l’appui d’une équipe pluridisciplinaire qu’il coordonne (infirmières, psychologues, ergonomes, toxicologues, etc.), il mène des actions de santé, dans le but de préserver la santé physique et mentale des travailleurs tout au long de leur carrière professionnelle. Il surveille leur état de santé en fonction de leur âge et des risques professionnels.

A ce titre, il les examine, pose des diagnostics, prescrit les examens complémentaires nécessaires, par exemple pour déterminer la compatibilité entre le poste de travail et l’état de santé, ou pour détecter une maladie professionnelle. Le médecin du travail propose également des solutions pour maintenir les travailleurs dans l’emploi, par exemple, il aide les salariés handicapés à adapter leur poste de travail. Il contribue également à la traçabilité des expositions sanitaires et à la surveillance sanitaire. Notamment, le salarié ne peut pas choisir son médecin du travail.

À savoir: Selon la taille de l’entreprise, le service de santé au travail est assuré soit par un ou plusieurs médecins d’entreprise, soit par un ou plusieurs médecins communs à plusieurs entreprises, soit par un service de santé interentreprises.

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2) Une mission de conseil

Le médecin du travail conseille les employeurs et les travailleurs sur les mesures nécessaires pour maîtriser les risques professionnels, améliorer les conditions de travail, prévenir les addictions (alcool et drogues), harcèlement sexuel ou moral, pénibilité au travail (produits chimiques, gestes répétitifs, manipulations…).

Pour accomplir ces missions, il a libre accès aux lieux de travail et peut être amené à y effectuer des visites, de sa propre initiative ou à la demande de l’employeur ou du Comité social et économique (CSE). En principe, un tiers de son temps de travail est consacré à des actions sur le lieu de travail. Il est notamment responsable de la rédaction et de la mise à jour d’un dossier d’entreprise qu’il transmet à l’employeur. Ce document mentionne les risques professionnels de l’entreprise et des salariés qui y sont exposés. Il rédige également un rapport annuel d’activité, informant notamment le CSE et l’employeur des risques professionnels de l’entreprise.

À savoir: Elle est soumise au secret médical. Le secret couvre tout ce qui vient à la connaissance du médecin dans l’exercice de sa profession, c’est-à-dire non seulement ce qui lui a été confié, mais aussi ce qu’il a vu, entendu ou compris. Il n’a donc pas le droit de transmettre à l’employeur des informations médicales concernant le salarié.

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3) Visite d’information et de prévention

Le médecin du travail – ou une infirmière – rencontre le salarié lors de la visite d’information et de prévention (VIP) qui a remplacé la visite médicale d’embauche. Lors de cette visite, il l’interroge sur son état de santé, l’informe des risques éventuels liés à son poste de travail et des moyens de les prévenir et l’informe de son droit de bénéficier, à tout moment, d’une visite à sa demande auprès du médecin du travail. Il constitue également le dossier médical de santé au travail du salarié. A la fin de la visite, il lui délivre une attestation de suivi. Cette visite est effectuée au maximum 3 mois après la date d’embauche (ou avant l’embauche pour les mineurs et les travailleurs de nuit), sauf si elle a déjà été effectuée au cours des 5 années précédentes.

Une visite doit alors être effectuée au moins tous les 5 ans en général. Pour les travailleurs handicapés, les travailleurs ayant une pension d’invalidité et les travailleurs de nuit, la période maximale entre deux visites est fixée à 3 ans. Les salariés exposés à certains risques (amiante, plomb, agents cancérigènes, risque hyperbare…) bénéficient d’autres examens médicaux pour leur suivi individuel renforcé : examen d’aptitude médicale tous les 4 ans au maximum et visite intermédiaire tous les 2 ans.

À savoir: Les visites se terminant au plus tard le 2 août 2021 et reportées en raison du Covid-19 doivent avoir lieu avant le 2 août 2022.

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4) Les visites de récupération et de pré-récupération

Le salarié doit rencontrer le médecin du travail chaque fois qu’il reprend son activité suite à un problème de santé. La visite de retour est effectuée lorsqu’il revient après un arrêt maladie d’au moins 30 jours pour cause de maladie ou d’accident du travail, après un arrêt maladie (quelle que soit sa durée), après un congé maternité. Elle doit avoir lieu, au plus tard, dans les 8 jours suivant la reprise du travail du salarié, et vise à s’assurer que son poste est compatible avec son état de santé, à proposer des aménagements si nécessaire, voire son reclassement sur un autre poste. La visite de pré-rétablissement est organisée par le médecin du travail à la demande du salarié, de son médecin traitant ou du médecin conseil de la Sécurité sociale pour un arrêt de plus de 3 mois.

À savoir: Les examens médicaux pratiqués par le médecin du travail sont effectués pendant le temps de travail, sans déduction de salaire. Dans le cas contraire, ils sont rémunérés en temps de travail effectif. Les frais de transport et tous les autres frais que l’examen médical pourrait occasionner sont pris en charge par l’employeur.


Médecine du travail : crise des vocations

Avec moins de 5 000 médecins spécialistes en santé au travail pour 25 millions de salariés, la France souffre d’une véritable pénurie. Et, il y a plus de départs de la profession que d’entrées. Le bilan des entrées et sorties entre 2010 et 2019 est éloquent : – 832 médecins du travail, selon le Conseil national de l’ordre des médecins. Par ailleurs, la majorité des médecins du travail ont plus de 55 ans. La profession souffre, en effet, d’une crise des vocations. La faute à une image dévalorisée et à l’ignorance des étudiants en médecine, qui entendent à peine parler de cette spécialisation pendant l’externat. Ce n’est qu’après la sixième année que le futur praticien apprend les spécificités de son métier et ce, au cours de ses 4 années d’internat spécialisé en médecine du travail.

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