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« Le sport scolaire n’a pas vocation à former une élite sportive »

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Tribune. Pour la première fois depuis sa création, le ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, Jean-Michel Blanquer, a décidé de nommer [mercredi 22 décembre 2021] un athlète de haut niveau à la tête de l’Union nationale du sport scolaire (UNSS) : Olivier Girault. Le choix d’un « Personnage inspirant et charismatique », dixit le ministre, s’interroge sur les finalités et le rôle de cette fédération scolaire. Nous pensons qu’elle témoigne de la méconnaissance des spécificités et des missions propres au sport scolaire.

L’UNSS est une fédération scolaire originale, une « fédération affinitaire », c’est-à-dire multisports, ayant pour objectif l’éducation par le sport. C’est une fédération « école » avec des missions de service public.

Instrumentalisation politique

Le sport scolaire vise donc à offrir une éducation par le sport, pour tous, et non à former une élite sportive. Elle est pratiquée par des élèves en établissement d’associations sportives (AS), encadrés par des professeurs d’éducation physique et sportive (EPS). Elle peut ainsi être considérée comme une extension de l’EPS. Statutairement, les professeurs d’EPS ont un forfait de trois heures inclus dans leur prestation pour accompagner ces AS.

Le choix de nommer un ancien champion olympique de handball à la direction nationale de l’UNSS constitue une forme d’instrumentalisation politique du sport scolaire. Ce n’est pas tant la présence d’un athlète de haut niveau que l’on s’interroge mais les compétences et le projet politique de ce dernier.

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Par ailleurs, Olivier Girault n’a pas été initialement retenu par la commission de présélection – composée de la direction générale de l’enseignement scolaire (Dgesco), du ministère des sports et de représentants de l’AS. Il n’a pas convaincu les membres du conseil d’administration de l’UNSS, se classant dernier des candidats auditionnés. Le ministre, président de l’UNSS, certes le seul décideur de cette nomination, a apparemment ignoré le processus démocratique, ne tenant pas compte de l’avis des élus et des experts du sport scolaire.

L’UNSS, comme toutes les fédérations sportives, a été mise à mal par la crise sanitaire. Elle reste cependant la deuxième fédération de France en nombre de licenciés (plus d’un million de praticiens avant la crise sanitaire), avec un taux de participation des filles en constante augmentation. Dire qu’il convient de donner « Un nouvel élan » dans le sport scolaire est une manipulation.

Missions spécifiques

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