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Le Tartuffe interdit par Louis XIV joué pour la première fois à la Maison de Molière

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Pour le 400et anniversaire de la naissance de Jean-Baptiste Poquelin, la Comédie-Française jouera le 15 janvier la nouvelle version de la pièce vue avec plaisir puis censurée par le Roi Soleil, mise en scène par Ivo van Hove.

En une nuit, Molière est passé du statut d’artiste préféré du Roi Soleil à celui d’homme menacé de mort par l’Église. Comment? ‘Ou quoi ? A cause d’une partie : la Tartuffe ou l’hypocrite. Vu avec plaisir puis censuré par Louis XIV le protecteur des arts, la version originale s’est perdue dans les mystères de la vie du dramaturge. Mais aujourd’hui 15 janvier 2022, 400e anniversaire de la naissance de Jean-Baptiste Poquelin, Tartuffe sera joué pour la première fois sur les planches de la Comédie-Française, la Maison de Molière.

Ce texte autrefois interdit sera porté par de grands noms du théâtre français comme Denis Podalydès, Claude Mathieu et Dominique Blanc, sous la direction d’Ivo van Hove. Le metteur en scène belge et directeur du Toneelgroep Amsterdam connaît déjà la Troupe. En 2016, il monte une adaptation théâtrale du film de Visconti à la Comédie-Française Les damnés. Ici, Ivo van Hove redécouvre le répertoire de Molière pour mettre en scène cette comédie satirique.

Restaurer un texte perdu

«  Pendant des siècles, l’original a été considéré comme irrécupérable », précise Christophe Schuwey professeur de littérature à Yale et auteur deAtlas de Molière. L’absence du manuscrit du dramaturge laisse une œuvre d’ombre. Cependant, en développant une technique de génétique théâtrale », le spécialiste de Molière Georges Forestier fait revivre ce texte censuré.

Molière est au faîte de la gloire lorsqu’il subit cette sanction royale. Protégée par le roi Louis XIV, sa troupe est chargée de divertir la Cour lors des Plaisirs de l’île enchantée. Pendant sept jours, le jeune roi organise des festivités rythmées par des feux d’artifice, des courses de chevaux et surtout des représentations théâtrales. C’est une collaboration digne des plus grands qui ouvre le bal de ce festival : une comédie-ballet créée par Lully et Molière. Le dramaturge a profité de cet événement exceptionnel pour lancer sa nouvelle comédie devant un public restreint : Tartuffe.

« Au début ce n’était pas du tout un scandale, la Cour adore ça», remplace dans le contexte de l’époque Christophe Schuwey. Il murmure même que le Roi Soleil aurait ri. Mais les critiques explicites des fidèles de la pièce obligent Louis XIV à censurer la pièce le lendemain. En 1664, le roi chrétien fait face à la montée du jansénisme, mouvement religieux opposé à l’absolutisme royal, qu’il entend combattre avec le soutien de l’Église. Impossible alors de laisser son protégé critiquer ouvertement les directeurs de conscience.

Pourtant, à l’époque, le sujet n’était pas nouveau. Depuis le Moyen Âge, les comédiens se sont moqués des dérives de la religion. Ce qui choque, c’est l’habileté de Molière à dépeindre les mœurs de ses contemporains. «  Il utilise le vocabulaire que connaissent les spectateurs », confirme Christophe Schuwey. Et surtout, le personnage de Tartuffe incarné par Molière prend des allures de moine. Ne laissant aucun doute sur l’interprétation de la pièce.

Malgré cette censure politique, Tartuffe ne disparaît pas complètement de la vie théâtrale. Il se produit devant les grands noms de la Cour, comme à Chantilly pour le Prince de Condé et au Raincy pour la Princesse Palatine. Tout en retravaillant sa comédie, Molière »s’assure de maintenir le buzz», pointe l’université. Pari réussi. En 1669, lorsque le Tartuffe est à nouveau autorisée, les registres enregistrent une recette de 2 860 livres. Autrement dit, le plus gros succès jamais enregistré par la troupe de Molière. Comme quoi, le scandale paie.

La performance sera diffusée en direct au cinéma le samedi 15 janvier à 20h10 dans les cinémas partenaires, puis en rediffusion à partir du 6 février.

L’Atlas Molière, Clara Dealberto, Jules Grandin et Christophe Schuwey aux éditions Les Arènes, 272 pages, 24,90 euros.


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