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Les 7 phobies les plus insolites


Peurs incontrôlables qui défient la raison, causées par des objets, des animaux ou des situations, certaines phobies peuvent vous surprendre.

Nomophobie : la peur d’être séparé de son téléphone

La nomophobie fait référence à la peur d’être séparé de son téléphone. Cette phobie est à l’origine d’un sentiment de manque et de symptômes d’anxiété comparables à ceux ressentis par les personnes dépendantes du tabac lorsqu’elles sont privées de leur cigarette par exemple. La peur s’installe juste à l’idée de ne pas avoir son téléphone à portée de main ou de ne pas pouvoir l’utiliser à cause d’une coupure de courant ou d’une batterie à plat. Cette condition s’est progressivement installée dans notre société avec l’avènement des technologies modernes, l’utilisation croissante d’Internet, des réseaux sociaux et de l’instantanéité offerte par les téléphones mobiles. Selon une enquête de l’institut Bureau de poste du Royaume-Uni en 2008, 53% des utilisateurs présentent des symptômes d’anxiété lorsqu’ils n’ont plus accès à leur téléphone. Cependant, une étude publiée dans PLoS One en 2021, constate que la prévalence de la nomophobie reste très variable : de 6 à 73 % selon les critères retenus. Les sociologues pensent que l’addiction au smartphone est liée à la peur irrépressible de manquer d’informations, la peur de manquer des messages, de ne pas être joignable ou de se sentir exclu, un syndrome plus connu sous l’acronyme FOMO ou  » peur de rater (« peur de manquer quelque chose »).

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Omphalophobie : peur du nombril

Chez certaines personnes, se toucher le nombril provoque une sensation de dégoût. Un simple regard sur cette cicatrice, vestige de la section du cordon ombilical, est très désagréable, voire insupportable. La phobie du nombril se manifeste par de vrais symptômes : tremblements, sécheresse de la bouche, nausées, accélération du rythme cardiaque ou encore vomissements. Les causes sont relativement inconnues en raison du manque d’études à ce sujet. Une hypothèse est que l’omphalophobie est due à l’expérience traumatisante de la séparation primitive d’avec la mère. Cependant, certaines phobies spécifiques ont également une influence génétique ou se développent chez les personnes atteintes de trouble anxieux généralisé, comme le souligne un article publié en 2017 dans la revue scientifique mémoire d’apprentissage. Dans d’autres situations, certaines personnes atteintes d’omphalophobie peuvent avoir ressenti de la douleur ou une expérience médicale difficile impliquant leur nombril.

Votaphobie : la peur des factures

Électricité, téléphone portable, eau, taxes… Synonymes de « mauvaises nouvelles », les factures qui s’accumulent à chaque fin de mois peuvent être source d’angoisse. Les votaphobes, qui ont une peur excessive des factures, sont les premiers concernés. Résultat ? Ils tergiversent et finissent souvent par se plier au paiement sous la pression des autorités. La votaphobie peut être enracinée dans un manque d’autodiscipline et d’organisation dans la gestion des comptes ou des difficultés à gérer les tâches administratives. Cette situation peut devenir très handicapante au quotidien, entraînant l’accumulation d’impayés, de pénalités ou de coupures de service.

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Alopophobie : la peur des chauves

Le terme vient de l’alopécie qui désigne la perte de cheveux ou de poils de manière localisée. On l’appelle aussi « peladophobie » en référence à la pelade, une forme d’alopécie d’origine auto-immune provoquant la chute des cheveux. En effet, la chute des cheveux est souvent pathologique et dépasse les critères du « physique idéal » dans une société prônant le culte de l’image. Outre l’aversion provoquée par la vue des personnes chauves qu’ils croisent dans la rue, dans leur entourage ou au cinéma, les alopophobes éprouvent une très forte angoisse à l’idée d’avoir la tête chauve. Résultat ? Plusieurs études psychiatriques ont démontré le lien entre la chute des cheveux et des répercussions graves sur la santé mentale des personnes chauves ou souffrant d’alopécie : dépression, anxiété ou phobie sociale, selon une publication de 1994 dans la revue scientifique International Journal de dermatologie.

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Trypophobie : peur des trous

Si l’image d’un essaim d’abeilles ou d’un morceau de fromage suisse vous rebute, vous souffrez peut-être de trypophobie. Cette phobie reflète la peur des formes géométriques ou des motifs répétés, généralement très rapprochés et symétriques. Le terme n’est pas classé dans le manuel de référence des troubles mentaux et n’est donc pas reconnu au sens médical. Néanmoins, certaines études, comme celle menée par une équipe de chercheurs de l’Université de Cape Town en Afrique du Sud en 2017, suggèrent que les symptômes des personnes atteintes de trypophobie pourraient répondre aux critères des phobies reconnues. Généralement, la trypophobie provoque de l’anxiété, une gêne visuelle, des démangeaisons, la chair de poule, des battements cardiaques rapides et même des nausées.

Les origines de la trypophobie sont inconnues, mais de nombreux scientifiques ont tenté d’expliquer ses causes à travers diverses théories, y compris évolutives. Dans une étude publiée en 2013 dans la revue Sciences psychologiques, des chercheurs anglais ont suggéré que cette phobie pourrait être liée au réflexe inné d’éviter les espèces dangereuses, dont l’enveloppe est souvent caractérisée par des motifs visuels particuliers (serpents, certains types d’insectes, araignées). Dans une autre étude publiée en 2017, Tom Kupfer et son collaborateur soutiennent une autre hypothèse. La répétition de cercles sous forme de « grappes » pourrait inconsciemment suggérer les symptômes de maladies infectieuses et parasitaires telles que la variole. La trypophobie pourrait donc être une réponse adaptative qui a évolué en faveur d’une meilleure chance de survie humaine.

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Taphophobie : la peur d’être enterré vivant

Peur de tous les humains, la mort est un sujet qui préoccupe depuis la nuit des temps. Le taphophobe, en revanche, craint de ne pas être assez mort le jour de ses obsèques… Pour comprendre d’où vient la taphophobie, il faut remonter loin dans l’histoire. Cette préoccupation était déjà présente dans les écrits anciens. Mais c’est surtout à la Renaissance que la phobie s’est propagée. Dans sa comédie Les étourdis ou les déboires, Molière a exprimé son malaise d’être enterré vivant. En France, le sujet s’installe à l’Académie de médecine en 1854, comme l’explique Anne Carol, professeur d’histoire contemporaine à l’université d’Aix-Marseille, dans un article paru dans la revue Histoire, médecine et santé (2021). Ces érudits dénonçaient les enterrements prématurés de « cadavres » supposés morts des suites d’une maladie incurable. Ce fut notamment le cas lorsque le pays fut frappé par les premières épidémies de choléra. Le même phénomène se reproduira aux États-Unis où la fièvre jaune sévissait durant la moitié du XIXe siècle. Aujourd’hui, les progrès médicaux ont largement remédié au problème.

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Anatidaephobie : la peur des canards

Avoir peur qu’un canard vous observe, vous épier de loin avec un regard malsain alors que vous ne le voyez pas… S’il est difficile de concevoir qu’un canard imaginaire puisse être à l’origine d’une telle phobie c’est peut-être parce qu’il ne n’existe pas. L’anatidaephobie est en fait une invention de Gary Larson, un dessinateur américain. Le terme est apparu pour la première fois dans la bande dessinée que l’auteur a surnommée La face cachée et qui a été diffusé entre 1980 et 1995 dans le journal Chronique de San Francisco. Sur l’une des illustrations les plus célèbres, on peut voir un homme « menacé » par la silhouette d’un canard posté à la fenêtre d’un immeuble qui se situe derrière le personnage. Lors de la première publication, Gary Larson explique avoir choisi le mot anatidaephobie en référence au terme scientifique anatidae qui désigne la famille des oies, des cygnes et des canards. En 2008, l’idée est reprise par Tammy Duffey, une auteure américaine qui décrit dans un article satirique les symptômes et le traitement de l’anatidaephobie, inspiré par une compagnie d’assurance dont la mascotte officielle est un petit canard. blanc, connu pour surveiller les clients de l’entreprise. Il reste à préciser que si l’anatidéphobie n’existe pas, certaines personnes ont bel et bien une phobie des animaux à plumes. On parlera alors d’ornithophobie.

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