Skip to content
les amants magnifiques sur France 5


Albert Camus et Maria Casarès, à Paris dans les années 1950. © KUIV 2022

CRITIQUE – Après leur rencontre en 1944, ils ont échangé plus de 900 lettres incandescentes d’où jaillit l’intensité de leur amour. Un remarquable documentaire retrace l’histoire de cette passion, du point de vue de l’actrice. Maria Casarès et Albert Camus, toi, ma vie un film à ne pas manquer, ce vendredi 25 novembre à 22h40 sur France 5.

Pendant quinze ans, de 1944 à 1959, quelques semaines avant la mort d’Albert Camus, Maria Casarès et l’écrivain ont échangé une correspondance dans laquelle jaillit l’intensité de leur amour. Neuf cents lettres incandescentes qui parlent du feu de leur rencontre, du déchirement de leurs séparations, de l’impossible extinction de l’éclat de leur liaison. Cette correspondance a été publiée grâce à Catherine Camus, la fille du prix Nobel de littérature*. Aujourd’hui, la réalisatrice et scénariste Élisabeth Kapnist, qui aime manifestement allier cinéma et littérature, propose le documentaire Maria Casarès et Albert Camus, toi, ma vie.

Contexte historique

Il raconte l’histoire du point de vue de l’actrice née le 21 novembre 1922 et décédée le 22 novembre 1996. Le film est une mise en scène de cette relation entre deux monstres sacrés qui repose sur la correspondance, mais s’enrichit aussi de l’histoire contexte et le parcours des deux amants, ainsi que des images d’archives. Avec cette approche, Élisabeth Kapnist, telle une conteuse, donne une dimension vivante et émotionnelle à l’histoire, aidée par les trois « voix » qu’elle a choisies : il faut absolument citer Chloé Réjon (la narratrice), Natalia Dontcheva (voix de Casarès) et Loïc Corbery (voix de Camus, quel clin d’oeil quand on sait que le personnage de Premier homme s’appelle Cormery). Autant le dire tout de suite : ce film est une belle réussite. C’est même fascinant, à bien des égards.

« Flamme magique »

Tout commence en 1944. Maria Casarès et Albert Camus ne se croisent que lors d’une soirée au Leiris. Tous deux sont à l’aube d’une carrière qui les mènera chacun au sommet. Elle a un peu plus de 20 ans, il en a 30. L’écrivain d’origine algérienne a publié L’étranger. L’actrice exilée de sa Galice natale est remarquée par les grands dramaturges. Ils partagent deux passions : l’Espagne et le théâtre.

Le 6 juin 1944, jour J, ils se rencontrent, se dévoilent et passent la nuit ensemble. Tous deux connaissent la déchirure de quitter leur pays, ça les rapproche. La famille de Maria a dû fuir Franco. Elle prend des cours de français, tombe amoureuse de la langue, au point de devenir, avec son délicieux accent, l’un des plus grands porte-drapeaux. Les amoureux vivent deux ans de folie amoureuse. On aurait oublié que l’écrivain et dramaturge est pourtant marié. La guerre se termine. Francine Camus, restée à Oran, rejoint son mari à Paris. Maria Casarès, le cœur gros, choisit de rompre – à ce moment-là, on se rend compte à quel point cette femme au tempérament volcanique est douée d’une intégrité et d’une éthique qui forcent l’admiration. Pour oublier son amant, elle se réfugie dans « ce feu magique qu’est le théâtre »

Bonheur, orages, calme…

Le 6 juin 1948, deux ans jour pour jour, après leur première nuit, ils se retrouvent à Saint-Germain-des-Prés. Ils ne se quitteront jamais, même s’ils s’éloignent parfois. Leur relation amoureuse est intimement liée à leur activité théâtrale. Il est difficile de résumer une histoire aussi riche, intense et complexe. Bonheur, tempêtes, calme… La beauté de leur amour est aussi forte que celle de leurs paroles. Camus écrit à Casarès : « Pour moi, tu as toujours été le génie de la vie, sa gloire, son courage, sa patience et son éclat. Tu as ri quand je t’ai dit que tu m’as appris à vivre… » Maria, qui a si souvent incarné la mort au théâtre, répond : Nous brûlions les jours qui nous étaient donnés.

* Albert Camus-Maria Casarès, Correspondance 1944-1959, Préface de Catherine Camus (Folio).

lefigaro – divertissement

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.