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Les attractions japonaises de la plasticienne Ymane Chabi-Gara

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Depuis quelques mois encore, Ymane Chabi-Gara a pour atelier une petite pièce dans un immeuble voué à être détruit dans le cadre d’une opération immobilière, au fond d’une ruelle visiblement désaffectée, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine ). Comme la pièce est située en angle, elle a deux fenêtres, une bonne luminosité, et cette clarté et le calme du lieu abandonné sont tout ce qui compte pour son occupant.

Auparavant, elle travaillait dans une pièce de la maison familiale – «  Un endroit isolé où je pourrais faire mes tests sans regarder dehors « , dit-elle aujourd’hui. C’était à l’époque où elle était étudiante aux Beaux-Arts de Paris, dont elle sort diplômée en 2020. Un atelier Beaux-Arts est par définition un espace collectif où chaque œuvre est soumise à de nombreux regards extérieurs. Pourtant, la question de soi et du rapport aux autres est au centre du travail du jeune artiste.

La passion de l’artiste pour le Japon s’est d’abord nourrie de la musique, trouvée ou échangée sur le Web.

Elle est le sujet même de la série de peintures sur contreplaqué qu’elle a consacrée à hikikomori, ces femmes et ces hommes japonais – ces derniers en plus grand nombre – qui refusent de participer à toute vie sociale et s’enferment chez eux, fuyant tout contact. Les raisons psychologiques et matérielles de ce comportement varient selon les personnes et les âges. La durée du confinement peut être de quelques mois ou de plusieurs années, et leur nombre est estimé à des centaines de milliers.

Les peintures sont soit d’un seul panneau carré, soit en diptyque de deux carrés accolés. Chacune offre un intérieur saturé d’objets en tout genre – livres, écrans d’ordinateur, théières, bouteilles, etc. Ces éléments sont légèrement stylisés, tout en restant immédiatement identifiables, pris dans le maillage d’un dessin très clair tendu sur toute la surface. Les couleurs sont claires, avec une forte présence de blancs et de gris, contrastées par les tons vifs des tissus et des couvertures de magazines. L’exécution prend plusieurs mois, le travail évoluant au fil des suppressions et ajouts d’éléments. La saturation y est poussée jusqu’à l’enterrement et celle-ci jusqu’à l’inconfort. Ymane Chabi-Gara puise dans les documents qu’elle a accumulés depuis qu’elle a découvert le phénomène de hikikomori, il y a longtemps maintenant. Mais elle ne s’arrête pas là. Elle entre dans la peinture en substituant son visage ou son corps à ceux de ces reclus volontaires, comme si elle était l’une d’entre elles ou était tentée de le devenir.

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