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les autorités privilégient la piste « d’une fuite vers la Belgique » de l’imam Iquioussen

L’expulsion de l’imam marocain Hassan Iquioussen se complique mercredi, au lendemain de la décision du Conseil d’Etat. Le prédicateur est actuellement introuvable et pourrait aussi bien être retrouvé en France qu’à l’étranger. De plus, le Maroc a suspendu le « laissez-passer consulaire » qui devait permettre son expulsion.

Introuvable en France, il aurait pu fuir en Belgique et le Maroc n’est plus prêt à l’accueillir tel quel. Au lendemain de la validation de son expulsion par le Conseil d’État, l’imam marocain Hassan Iquioussen complique la tâche des autorités françaises.

Mis en cause pour des propos jugés contraires aux valeurs de la République, ce prédicateur proche du mouvement des Frères a été érigé durant l’été par Ministre de l’intérieur Gérald Darmanincomme emblème de la lutte contre les « séparatistes » qui répandent « un djihadisme atmosphérique ».

Le Conseil d’Etat a donné mardi son feu vert à son expulsion, mais deux « visites à domicile » effectuées par les autorités dans la foulée de Lourches, commune proche de Valenciennes (Nord) où il réside, se sont révélées infructueuses.

« Le scénario qui est privilégié aujourd’hui est une fuite vers la Belgique de M. Iquioussen », a déclaré mercredi le préfet des Hauts-de-France, Georges-François Leclerc, lors d’une conférence de presse. Le prédicateur de 58 ans, dont la chaîne YouTube est suivie par 178.000 abonnés, est devenu un « délinquant » lorsqu’il « s’est soustrait à un arrêté d’expulsion », a souligné le préfet, qui a saisi le parquet de Valenciennes.

Le représentant de l’Etat envisage deux cas de figure : « Soit M. Iquioussen, qui fait l’objet d’un arrêté d’expulsion exécutoire et d’une saisine de l’autorité judiciaire, se trouve dans un pays étranger, auquel cas la coopération internationale aura lieu ; soit s’il est en détention française territoire et est arrêté, il sera immédiatement placé en détention administrative ».

Maroc « pass » suspendu

Selon Christine-Laure Kouassi, porte-parole du ministère belge de la Justice, « actuellement, M. Iquioussen n’est pas répertorié dans la base de données de la police belge en tant que personne recherchée ». « Ce monsieur ne fait donc pas l’objet d’un avis de recherche judiciaire ou administrative belge », ajoute-t-elle.

Gérald Darmanin a annoncé le 28 juillet l’expulsion du prédicateur, qui selon lui est fiché S (pour la sûreté de l’État) par la DGSI « depuis dix-huit mois », avant que le tribunal administratif de Paris ne suspende cette procédure, estimant qu’elle provoquerait une  » atteinte disproportionnée » à sa vie privée.

Une décision annulée par le Conseil d’Etat, qui a estimé que son « discours antisémite », « réitéré (…) après ses excuses en 2004 », et son « discours systématique sur l’infériorité des femmes », constituaient « des actes de provocation (…) à la haine ».

Né en France mais de nationalité marocaine, Hassan Iquioussen a cinq enfants et 15 petits-enfants, tous français.

Le 1er août, le Maroc avait délivré un « laissez-passer consulaire » pour permettre son expulsion de France. Mais mercredi, une source proche du dossier a déclaré que le laissez-passer avait été suspendu.

Des failles dans la surveillance de son domicile ?

Cette décision serait justifiée par le caractère « unilatéral » de la décision d’expulsion et l’absence de « consultation » au lendemain de la décision du Conseil d’Etat, selon cette source.

« Comment peut-on reconnaître un jour la nationalité d’un de ses ressortissants et ne plus la reconnaître le lendemain ? », a-t-on réagi dans l’entourage de Gérald Darmanin, soulignant que « ce document n’a d’autre fonction que d’officialiser la reconnaissance par le Maroc de nationalité de M. Iquioussen ».

Mardi soir, l’un des fils du prédicateur a déclaré aux journalistes de Lourches que son père n’était pas présent à cette adresse et que lui-même ne savait pas où il se trouvait.

Le préfet s’est défendu des failles dans la surveillance du domicile d’Hassan Iquioussen. Il « était susceptible de se trouver à plusieurs endroits » et « la surveillance de son domicile était proportionnée aux pouvoirs d’investigation dont jouissaient les services de police dans un cadre administratif », a insisté Georges-François Leclerc.

Selon Gérald Darmanin, Hassan Iquioussen avait décidé à sa majorité de ne pas opter pour la nationalité française. Il affirme l’avoir abandonné à l’âge de 17 ans sous l’emprise de son père, puis avoir tenté en vain de le récupérer.

Avec l’AFP



France 24

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