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Les législateurs français votent l’interdiction de la tauromachie


Les députés français devraient voter pour la première fois jeudi sur l’interdiction de la tauromachie après un débat national qui a opposé les défenseurs des droits des animaux aux fans du sport sanglant traditionnel.

Bien que l’opinion publique soit fermement en faveur de l’interdiction de cette pratique, le projet de loi devrait être rejeté par une majorité de législateurs qui craignent de remuer le cœur de la tauromachie dans le sud du pays.

Il est également possible que la législation, proposée par un législateur végétalien de gauche, ne soit pas présentée au vote à l’Assemblée nationale à la dernière minute.

« Il faut aller vers une conciliation, un échange », a déclaré mercredi le président Emmanuel Macron, ajoutant qu’il ne s’attendait pas à ce que le projet de loi passe. « D’où je suis assis, ce n’est pas une priorité actuelle. »

Son gouvernement a exhorté les membres de la coalition centriste au pouvoir à ne pas soutenir le texte du parti d’opposition France Insoumise, même si de nombreux membres sont connus pour y être personnellement favorables.

Lors d’un premier débat sur la commission des lois du parlement la semaine dernière, une majorité a voté contre la proposition du député Aymeric Caron, qui dénonçait la « barbarie » d’une tradition importée d’Espagne dans les années 1850.

« Caron a contrarié les gens au lieu d’essayer de l’adoucir », a déclaré à l’AFP un député du parti de Macron sous couvert d’anonymat.

Le projet de loi propose de modifier une loi existante pénalisant la cruauté envers les animaux afin de supprimer les exemptions pour les corridas dont il peut être démontré qu’elles sont des «traditions locales ininterrompues».

Ceux-ci sont accordés dans des villes comme Bayonne et Mont-de-Marsan dans le sud-ouest de la France et le long de la côte méditerranéenne, notamment Arles, Béziers et Nîmes.

« Le caractère traditionnel d’une activité n’a jamais été une justification morale pour celle-ci », a déclaré jeudi Caron à la chaîne d’information BFM.

« Il y a des traditions qu’on a pu arrêter quand cette activité n’est plus conforme à l’éthique de notre société, qui évolue heureusement », a-t-il ajouté.

Environ 1 000 taureaux sont abattus chaque année en France, selon l’Observatoire national des cultures de taureaux.

– ‘Lutter contre la mort’ –

De nombreuses soi-disant «villes de taureaux» dépendent des spectacles pour le tourisme et considèrent la culture de l’élevage de taureaux et le spectacle du combat comme faisant partie de leur mode de vie – idolâtré par des artistes d’Ernest Hemingway à Pablo Picasso.

Ils ont organisé des manifestations samedi dernier, tandis que des manifestants pour les droits des animaux se sont rassemblés à Paris, soulignant la fracture nord-sud et campagne contre Paris au cœur du débat.

« Caron, sur un ton très moralisateur, veut nous expliquer, depuis Paris, ce qui est bon ou mauvais dans le sud », a récemment déclaré à l’AFP le maire de Mont-de-Marsan, Charles Dayot.

D’autres défenseurs de « la Corrida » en France considèrent l’accent mis sur le sport comme hypocrite lorsque les élevages industriels et les abattoirs industriels sont négligés.

« Ces animaux meurent aussi et on n’en parle pas assez », a déclaré Dalia Navarro, qui a formé le groupe pro-corrida Les Andalouses dans le sud d’Arles.

La société moderne « a de plus en plus de mal à accepter de voir la mort. Mais la Corrida aborde la mort, qui est souvent un sujet tabou », explique-t-elle à l’AFP.

Les précédentes tentatives judiciaires d’interdire la tauromachie ont échoué à plusieurs reprises, les tribunaux rejetant systématiquement les poursuites intentées par des militants des droits des animaux, le plus récemment en juillet 2021 à Nîmes.

Le vote prévu jeudi pourrait ne pas avoir lieu en raison du dépôt de plus de 500 amendements d’autres députés, dont certains semblent destinés à faire perdre du temps parlementaire.

Le député d’extrême droite Yoann Gillet propose de changer le titre du projet de loi en « Imposer l’idéologie des granivores aux habitants du sud de la France ».

Même si le projet de loi était approuvé à la chambre basse jeudi, le projet de loi aurait du mal à être adopté au Sénat dominé par les conservateurs.

Le débat en France sur l’éthique de tuer des animaux pour le divertissement trouve un écho dans d’autres pays avec des histoires de tauromachie, notamment l’Espagne et le Portugal ainsi que le Mexique, la Colombie et le Venezuela.

En juin, un juge de Mexico a ordonné une suspension indéfinie des corridas dans les arènes historiques de la capitale, les plus grandes du monde.

La première corrida a eu lieu en France en 1853 à Bayonne en l’honneur d’Eugénie de Montijo, l’épouse espagnole de Napoléon III.

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