Santé

Les suppléments de multivitamines sont-ils efficaces ?

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La demande du public est forte, mais les médecins doutent de la valeur des cocktails. Attention aux excès nocifs pour la santé et aux interactions avec les médicaments.

En France, pas moins de 13 vitamines et 15 minéraux (magnésium, calcium, etc.) sont autorisés à entrer dans la composition des compléments alimentaires. Associés à d’autres substances, comme les extraits de plantes productrices de bêta-carotène, ils constituent une multitude de produits en vente en pharmacie, parapharmacie, magasins et sur Internet : ce sont les compléments multinutriments. La demande est très forte : la dernière étude nationale individuelle de consommation alimentaire (Inca 3), menée en 2014-2015, a révélé un doublement de leur consommation par les Français entre 2007 et 2015.

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Leurs promesses sont alléchantes : retrouver une belle peau, combattre la fatigue, booster votre tonus, et très important aujourd’hui, renforcer vos défenses immunitaires. La pandémie de Covid a, à cet égard, accru les inquiétudes sur ce point précis. Du côté des constructeurs, le discours est moulu : « Les vitamines et les minéraux sont indispensables au bon fonctionnement de notre organisme, pour rester en bonne santé, il ne faut jamais en manquer, ni même se compléter. Et la solution, ce sont les complexes de vitamines.
La réalité est beaucoup plus nuancée.

« De nos jours, précise Laurent Chevallier, nutritionniste au CHU de Montpellier, il n’a pas été possible de démontrer qu’un apport supplémentaire en vitamines ou minéraux pouvait être bénéfique pour la santé. Certaines études épidémiologiques montrent simplement des corrélations entre les pathologies et les niveaux de certaines vitamines dans l’organisme. Par exemple, il y aurait moins de cancers dans les populations ayant un bon statut en vitamine D, mais cela ne prouve pas que la supplémentation prévienne le cancer.

La maltraitance est courante. On a vu des cas d’hypervitaminose, d’excès de vitamine C par exemple provoquant des coliques néphrétiques, ou d’excès de vitamine D entraînant une néphrocalcinose, un dépôt de calcaire dans les reins…

Laurent Chevallier, nutritionniste au CHU de Montpellier

Prendre régulièrement des complexes vitaminés pour compléter son alimentation, si elle est équilibrée, n’est plus d’actualité. Seuls la vitamine D et le fer causent généralement des problèmes. Votre médecin pourra alors vous le prescrire, mais sans vous proposer un complexe multivitaminé riche en éléments inutiles.

Or, il arrive que, pour des personnes en bonne santé, des analyses de sang indiquent des carences en vitamines et minéraux, à des niveaux inférieurs aux normes établies sans qu’on puisse parler de carences réelles. Rien ne prouve cependant qu’il faille les remplir – et encore moins avec une multitablette. Selon le Dr Chevallier, les cocktails causent plus de problèmes qu’ils n’en résolvent : « La maltraitance est courante. On a pu observer des cas d’hypervitaminose, un excès de vitamine C par exemple provoquant des coliques néphrétiques, ou un excès de vitamine D entraînant une néphrocalcinose, un dépôt de calcaire dans les reins… l’impact de ces micronutriments dans l’organisme, ainsi que celle des solvants et autres additifs utilisés pour leur fabrication. Il est donc difficile de prédire leur effet à long terme. Enfin, de nombreuses interactions ont été établies entre les vitamines et certains médicaments, modifiant leur activité.


Bêta-carotène : méfiance

Le bêta-carotène est un pigment de la famille des caroténoïdes naturellement présent dans de nombreux aliments, notamment les légumes (carottes, épinards, potirons…) et les fruits (abricots, mangues, melons…). On le trouve dans divers compléments alimentaires pour « préparer la peau au bronzage » « prévenir les effets du vieillissement ». Or, plusieurs expertises scientifiques françaises et internationales ont établi un lien entre la consommation de compléments alimentaires à fortes doses contenant du bêta-carotène et le risque de cancer. Le risque de cancer du poumon a été prouvé pour une consommation à forte dose (plus de 20 mg par jour) par les fumeurs, les anciens fumeurs et les personnes ayant été exposées à l’amiante.

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