Santé

« L’innovation est dans l’ADN des armées »

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MAINTENANCE – Le médecin inspecteur général du service de santé des armées évoque quelles innovations pourraient se profiler pour demain.

LE FIGARO. – Quel est le rôle et le fonctionnement du service de santé des armées ?

Général Edouard HALBERT. – Le service de santé est composé de 15 000 femmes et hommes, militaires et civils, qui appuient les trois armées, l’armée de terre, la marine nationale, l’armée de l’air et de l’espace, et la gendarmerie nationale. Notre mission est d’offrir aux soldats blessés, où qu’ils se trouvent dans le monde, les meilleures chances de survie et de rétablissement, de la blessure à la réadaptation. Nous avons une devise : « Votre vie, notre combat ». Donc partout où il y a des forces françaises, il y a une équipe médico-chirurgicale et des militaires soignants pas très loin. Pour cela, nous formons nos praticiens à la médecine de guerre.

Dans une zone de conflit, quelles réponses l’armée apporte-t-elle aux blessés au combat ?

Imaginez nos troupes au Sahel, et un véhicule qui saute sur un appareil artisanal. Nous avons devant nous un soldat polytraumatisé. Ses camarades de combat, tous formés à cela, vont d’abord le prendre en charge. Par exemple, ils peuvent appliquer un garrot. Ensuite, une équipe médicale ne sera pas loin, qui commencera les premières procédures médicales. Dans le même temps, un hélicoptère sera en route, qui se posera à proximité dès que la zone sera sécurisée. Le polytraumatisé sera transporté vers une antenne chirurgicale, où se trouvent réanimateur, chirurgien, viscéraliste, orthopédiste… Là, le blessé est examiné et opéré. Nous avons également des ressources de télé-expertise. Un faucon du gouvernement le ramena ensuite à Villacoublay, d’où il fut transféré dans un hôpital militaire. Entre la blessure et l’arrivée dans cet hôpital, il ne s’écoule pas plus de 25 heures, ce qui donne les meilleures chances de survie.

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La télémédecine dont vous parlez, l’utilisez-vous fréquemment ?

Nous utilisons la télémédecine au quotidien. Notre mission est d’organiser la prise en charge directe, mais aussi de recourir autant que nécessaire à l’assistance ou à l’expertise de praticiens qui, eux, se trouvent sur le territoire national. A l’antenne chirurgicale de Niamey ou sur le porte-avions par exemple, le patient qui arrive se fera passer un scanner pour faire le point sur ses lésions. Mais nous n’avons pas de radiologue en opération; nous envoyons donc les images scanner en France par satellite sécurisé. Ils sont finement analysés afin que le chirurgien dispose de toutes les informations avant d’amener le blessé au bloc opératoire. C’est un excellent moyen d’apporter les meilleures chances de survie.

L’armée vient d’organiser la première édition du Defense Health Innovation Day. Quelles innovations pourraient émerger pour demain ?

Le service de santé a trois siècles, et depuis trois siècles, tous les conflits ont évolué, aucun conflit ne ressemble au précédent. Guerres, armes, protections, soins médicaux… tout change. Nous sommes donc constamment à la recherche de ce qui pourrait être le mieux pour les blessés. Sans innovation, nous ne pourrions pas supporter le prochain conflit. L’innovation est dans l’ADN des armées. Pour être très concret, nous développons actuellement un biocapteur que nous mettons sur les patients. Cette technologie issue de la crise du Covid permet d’améliorer leur suivi. En postopératoire, grâce au biocapteur qui envoie des informations à une centrale de surveillance, cela permettra de détecter plus tôt les signes avant-coureurs, notamment chez les patients pour lesquels on pourrait avoir des complications.

C’est une technologie très intéressante pour nous, car nous allons suivre le polytraumatisé tout au long d’une chaîne. Et s’il y a un afflux massif de victimes, dans une zone de conflit de haute intensité, nous pourrons suivre plus de patients.

La santé et les blessures de nos soldats doivent évidemment rester secrètes pour ne pas être exploitées par les forces ennemies… Comment gérez-vous la question de la sécurité des données ?

Les données médicales ne doivent évidemment pas être trouvées partout, la confidentialité est nécessaire. Toutes nos plateformes répondent aux exigences d’hébergement des plateformes de données de santé. Mais ce sont aussi des données militaires, exploitées sur un réseau sécurisé de défense, sur des plateformes qui se trouvent aujourd’hui au ministère des Armées.

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