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L’Ordre des médecins de France exige des règles plus strictes pour lutter contre le charlatanisme médical

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L’Ordre des médecins français a appelé à des règles plus strictes pour éviter la « confusion » entre les professionnels de santé et les praticiens de médecine alternative, après que la plateforme de rendez-vous médicaux en ligne Doctolib a été poussée à supprimer les listes de 17 naturopathes.

La plateforme Doctolib est devenue le mode de prise de rendez-vous privilégié des Français auprès des professionnels de santé réglementés comme les médecins, les sages-femmes et les dentistes, mais aussi auprès des titulaires de diplômes reconnus par l’État comme les psychologues et les ostéopathes.

Lancé en 2013, Doctolib a gagné en crédibilité pendant la crise du Covid en devenant un outil clé du déploiement de la campagne de vaccination.

Mais suite aux critiques selon lesquelles la plateforme promouvait des pratiques pouvant s’apparenter à du charlatanisme et pouvant être dangereuses, l’Ordre des médecins a appelé mardi Doctolib à « renforcer ses règles déontologiques d’inscription sur sa plateforme », invoquant une crainte de « confusion » entre la santé des professionnels et des disciplines qui n’ont pas d’efficacité médicale prouvée.

« Doctolib ne peut pas permettre qu’une confusion s’installe entre les professionnels de santé et les personnes qui ne font pas partie du corps médical », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Des pratiques controversées

Environ trois pour cent des praticiens répertoriés sur Doctolib sont impliqués dans des médecines alternatives telles que la sophrologie, l’hypnothérapie et la naturopathie, qui opèrent légalement mais ne sont pas réglementées.

Doctolib estime que les rendez-vous avec ces praticiens ne représentent que 0,3% du nombre total pris sur sa plateforme.

Les critiques se sont concentrées sur Irène Grosjean et ses partisans. Naturopathe de 92 ans, Grosjean qualifie le coronavirus de « virus connard ô» puisqu’elle juge qu’il a été « inventé par des cons ».

Parmi ses remèdes « naturels », elle recommande aux parents de faire baisser la fièvre des nouveau-nés en frottant leurs organes sexuels avec de l’eau glacée.

« Au début [the baby] résistera », a-t-elle déclaré dans une interview relayée par L’Extracteur sur Twitter.


L’Extracteur – un collectif qui combat ce qu’il considère comme une pseudo-science médicale – a déclaré que les recommandations de Grosjean équivalaient à des abus sexuels sur des enfants. Il a également souligné qu’elle continuait à proposer des cours relayant ses méthodes.

Dans une série de tweetsTristan Mendès-France, maître de conférences en médias numériques et membre de Conspiracy Watch, a qualifié Grosjean de « danger pour la santé publique ».

Il a également constaté que Doctolib répertoriait un praticien d’urinothérapie, qui consiste à boire sa propre urine pour entretenir la santé ou en guise de traitement.

Comptes supprimés

Le PDG de Doctolib, Stanislas Niox-Chateau, a d’abord défendu la position de son groupe sur l’inscription des praticiens du « bien-être » aux côtés des professionnels de santé.

« La demande est là, ce n’est pas à nous de dire si ces activités sont efficaces ou utiles », a-t-il déclaré. Le Parisien tous les jours le lundi.

« Ils sont légaux, nous n’avons donc aucune raison d’empêcher les praticiens de s’inscrire sur notre site. »

Doctolib a souligné qu’il informe les utilisateurs lorsqu’un praticien exerce une profession non réglementée.

Mais suivant révélations de L’Extracteur sur Twitter que 17 praticiens répertoriés sur l’application avaient été formés par Grosjean et préconisaient des méthodes d’auto-guérison, le groupe a suspendu ces comptes.

Doctolib a également promis d’entreprendre des « consultations approfondies » avec l’Ordre des médecins, les syndicats et les autorités de santé, la société civile et la Miviludes – un organisme financé par l’État qui surveille les sectes en France.

Opportunités pour les charlatans

L’Ordre des médecins a également appelé à des discussions entre Doctolib, les autorités de santé et les associations professionnelles « pour mieux définir le cadre dans lequel les professionnels de santé peuvent être référencés sur la plateforme ».

De son côté, le président du principal syndicat des médecins (CSMF), Franck Devulder, a appelé l’État « à clarifier les pratiques de certains professionnels qui peuvent s’apparenter à du charlatanisme » et a déclaré que le ministre de la Santé devrait « réguler l’accès aux médecines alternatives et interdire toute publicité ». .

Selon Mendès France, l’implication de Doctolib dans la campagne de vaccination contre le Covid lui a donné « un vernis institutionnel » et il porte donc plus de responsabilités qu’un prestataire de service classique.

« Les naturopathes et autres ne sont pas un problème en tant que tel », a-t-il déclaré. « Le problème, c’est le risque de dérive ; que certains utilisent l’aura du site pour leur donner de la crédibilité auprès du public. En ouvrant son espace, Doctolib risque de donner des opportunités aux charlatans. »



rfi

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