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« L’UBB mérite de se qualifier pour une finale »

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MAINTENANCE – Le demi de mêlée bordelais revient sur les tensions de fin de saison et les ambitions avant le début de saison, dimanche avec la réception du Stade Toulousain. Il évoque aussi sans langue de bois son statut de doublure d’Antoine Dupont en équipe de France.

Quel bilan faites-vous de la saison dernière, avec deux arrêts en demi-finale en Top 14 et en Champions Cup ?
Maxime Lucu : Il y a toujours beaucoup de déception. Nos sept premiers mois ont été excellents. Lorsque vous avez quinze points d’avance (en tête du classement, ndlr) à dix jours de la fin, c’est décevant de ne gagner qu’un barrage puis d’être éliminé en demi-finale. Nous n’y sommes pas arrivés de bonne humeur. En demi-finale, on est tombé sur une équipe montpelliéraine beaucoup plus rodée et beaucoup plus sérieuse que nous. J’ai l’impression qu’on fait une fixation sur les demi-finales. Il va falloir franchir cette étape…

Quelles leçons en avez-vous tirées ?
Que même si la saison est très longue, il faut être sérieux tout du long. À l’approche des finales, toutes les équipes étaient en mode sprint, pas nous. Il faut être meilleur et plus constant tout au long de la saison. Et arrivent plus disciplinés, plus réalistes, beaucoup plus pointus. Nous méritons de nous qualifier pour une finale. Mais il faut arrêter de supporter ces grands rendez-vous et de se dire « c’est déjà bien ».

La fin de saison a également été marquée par de fortes tensions entre votre manager et quelques joueurs, Matthieu Jalibert et Cameron Woki notamment…
Ça arrive. Il y a beaucoup de pression. Et il y avait des tensions. Quand on concède une dizaine de défaites en seconde partie de saison, c’est compliqué d’entretenir une ambiance sereine. Et perdre à Perpignan, face à un promu, rater les demi-finales directes, c’est normal qu’il y ait de la tension… Alors il fallait se dire les choses, être honnêtes entre nous, souligner ce qui n’avait pas marché . Reconnaissez que nous n’avions pas fait tous les efforts nécessaires. Nous avons tout remonté pour repartir de zéro. Les nouveaux joueurs et les jeunes ont apporté un nouvel élan, une émulation dans le groupe. La bonne humeur et le positivisme sont essentiels.

« Les responsabilités qui m’ont été confiées en équipe de France m’ont permis de vaincre un peu ma timidité, de croire en moi, de me sentir plus légitime. »

Christophe Urios a annoncé qu’il allait adapter son management. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Il faudra voir au fur et à mesure de la saison. Il veut nous responsabiliser de plus en plus, que les anciens prennent les devants dans les moments compliqués. Il mettra en place des semaines où les joueurs prendront en main les séances, les vidéos. C’est nous qui sommes sur le terrain, le but est d’être moins dépendant des entraîneurs. C’est ce qui manque quand tu as des ennuis, je pense.

Comment avez-vous vécu le départ inattendu de Cameron Woki pour le Racing 92 ?
C’est compliqué pour nous. Cameron est un très bon gars, un grand joueur. Il y a eu certes ce moment compliqué en fin de saison, mais quand on fait neuf mois à ce niveau, il peut y avoir une baisse de vitesse… Son absence sera un manque, chez l’athlète et chez l’humain. Egoïstement, nous sommes déçus pour nous. Mais c’est un choix personnel – il se rapproche de sa famille – que nous respectons. A lui de mener sa vie, sa carrière, comme il l’entend. Nous ne lui souhaitons que du positif. Mais on a perdu un élément énorme dans les derniers instants.

Comment exercez-vous votre leadership à Bordeaux ?
C’est naturel de par ma position, mais ce n’est pas enraciné en moi. Je suis une personne assez timide. Avec les responsabilités qui m’ont été confiées en équipe de France, ces matches à fort enjeu en tant que remplaçant, j’ai évolué dans ce domaine. J’ai pris plus de poids dans l’équipe bordelaise. Et je trouve ça amusant. Ça m’a permis de vaincre un peu ma timidité, de croire en moi, de me sentir plus légitime.

« C’est Antoine Dupont le numéro un. Il faut être humble avec ça. C’est compliqué de faire semblant de passer devant le meilleur joueur du monde, le capitaine… »

Le XV de France justement. La saison dernière, vous êtes sur les dix feuilles de match (la seule avec le talonneur toulousain Peato Mauvaka, ndlr). Vous êtes donc clairement numéro 2 au poste de demi de mêlée. Vous aspirez à devenir numéro 1 ?
(il rit franchement) C’est compliqué avec Antoine Dupont, il est tellement important pour l’équipe, le jeu de l’équipe de France dépend tellement de lui. Chaque week-end, on voit ses qualités. C’est difficile de se comparer à lui quand on a un jeu complètement différent du sien. Mais le staff du XV de France a mis en place une complémentarité au poste de numéro 9. Je travaille avec ça. Je sais que le rôle de finisseur est très important. Mais c’est Antoine Dupont numéro un. Il faut être humble avec ça. C’est compliqué de prétendre passer devant le meilleur joueur du monde, le capitaine. Je ne joue pas contre lui pour lui voler sa place, mais avec lui pour être complémentaire. Cette osmose permet à l’équipe de France de bien performer.

Maxime Lucu était titulaire lors de la tournée du XV de France au Japon en juillet dernier. Yoshio Tsunoda / PANORAMIQUE

Avec la Coupe du monde en septembre 2023, il y a un gros objectif personnel cette saison…
Je joue mon rôle à chaque entraînement, à chaque match. Il suffit d’une erreur pour le perdre. Ce n’est pas parce que vous avez fait le Grand Chelem que vous êtes assuré de votre place. Il faudra donc d’abord que je sois bon avec Bordeaux, que Bordeaux soit bon. Que je progresse encore. Je veux continuer à participer à l’aventure car je me suis beaucoup amusé. C’est un peu une consécration personnelle. Je veux revivre ces moments pour ma famille et pour moi. La Coupe du monde est encore loin mais ce sont des années d’une vie, comme on dit. Vous devez faire des sacrifices pour cela. Je l’ai fait et je continuerai à le faire.

Retour à l’UBB. Les choses prennent du retard avec les départs de Seuteni, Lam, Trinh-Duc… Trouvez-vous rapidement vos repères avec les nouveaux venus ?
On a travaillé deux ou trois saisons avec le même groupe et là, effectivement, on repart un peu de zéro. Mais ils sont revanchards, ils veulent prouver, comme Zack Homes ou Tani Vili. Ils ont apporté beaucoup d’élan lors de la préparation.

Il y a aussi une signature surprise de l’ailier congolais Madosh Tambwe, venant d’Afrique du Sud et des Bulls…
C’est une bombe ! Il est explosif, un peu dans le même style que Cheslin Kolbe. Je ne le connaissais pas et j’ai été très surpris de le voir à l’entraînement : puncheur, costaud, extrêmement bien préparé physiquement. En plus il est très souriant, plein de joie de vivre. Il est déjà très bien intégré. C’est une très bonne surprise. J’espère qu’il nous apportera toutes ses qualités de finisseur.

A l’UBB, vous pouvez compter sur le soutien du public, la meilleure fréquentation d’un club de rugby en Europe. Est-ce de la pression ou de la motivation ?
C’est que du positif. Chaque week-end à Chaban est une fête pour moi. Les supporters sont incroyables, toujours réactifs, même quand on enchaîne les défaites. Chaque fois que je quitte le tunnel pour entrer dans la pelouse, il me porte. J’utilise beaucoup leur enthousiasme. Ils méritent qu’on leur donne de la joie, du plaisir, avec un jeu explosif et spectaculaire. On va essayer de faire chanter Chaban le plus possible. Continuer à grandir pour emmener ce club vers le haut.

« Affronter une équipe sud-africaine en Champions Cup n’est pas forcément quelque chose de positif qui en ressort pour le moment. Deux onze heures d’avion et un changement de climat en pleine saison, c’est assez folklorique… »

Quelles sont vos ambitions en Champions Cup ?
C’est aussi un objectif, bien sûr. Là aussi, nous avons régulièrement chuté en demi-finale, à chaque fois contre le futur vainqueur. On gagne en expérience. Et on a trouvé qu’avoir un bon parcours lançait l’équipe pour la fin du championnat. Il faut profiter de cette compétition pour progresser.

Avec un déplacement en Afrique du Sud, pour affronter les Sharks de Durban mi-janvier…
C’est bizarre, je ne te le cache pas. Six jours plus tard, on a un match important en Top 14. C’est nouveau. Et ça ne me semble pas facile de faire un si long voyage et d’enchaîner les performances derrière. Ce n’est pas forcément positif ce qui en ressort pour le moment. Mais nous n’allons pas y aller la tête baissée et en ruminant, sinon nous reviendrons encore plus frustrés et ce voyage n’aura servi à rien. On va affronter une grosse équipe qui pratique un autre type de rugby. C’est une expérience qui doit nous servir. Mais bon, c’est deux fois onze heures d’avion et un changement de climat en pleine saison. C’est assez folklorique…

Dimanche soir, vous démarrez votre saison en accueillant le Stade Toulousain. Un choc d’entrée…
Nous ne les avons jamais reçus aussi pleinement, avec pratiquement tous leurs internationaux. Ils arrivent avec la déception d’avoir fait zéro finale la saison dernière. Les mots seront simples, l’état d’esprit, la défense prévaudront. En motivation, ce sont les matchs les plus faciles à préparer. On a hâte de les recevoir, de retrouver un stade Chaban plein (le sourire).

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