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« Ma colère reste intacte et mon deuil impossible »

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Alors que la cour d’assises spéciale de Paris s’est retirée lundi pour délibérer après trois mois d’audiences, les proches des victimes attendent fébrilement le verdict du procès de l’attentat de Nice attendu mardi à 17 heures. Impatience, colère et frustration dominent les bancs de la cour civile. des soirées.

Les trois mois consacrés au procès de l’attentat de Nice n’ont pas suffi à apaiser la colère des parties civiles. Pas celle d’Alain Dariste en tout cas, co-président de l’association « Promenade des anges » qui a perdu Léana, sa petite-fille de 2 ans et demi fauchée dans la course folle du camion bélier, aux côtés de son cousin Yanis, 8 ans, et Laurence, sa grand-mère paternelle, tous tués dans l’attentat de Nice qui a fait 86 morts et plus de 450 blessés dans la nuit du 14 juillet 2016.

« J’ai beaucoup appris durant ce procès qui a été à la fois épuisant et addictif. Mais au terme de ces trois mois d’audition, ma colère est intacte et mon deuil reste impossible », assène le grand-père de Léana.


Colère naturellement dirigée contre les prévenus qui « n’ont fait que baragouiner quelques semblants d’explications » lors de la dernière audience consacrée aux dernières paroles des prévenus devant la cour d’assises spéciale de Paris qui s’est retirée pour délibérer, lundi 12 décembre.

« Chaque jour, on a pu constater à quel point chacun de leurs discours les submergeait davantage, estime Alain Dariste, qui est également employé municipal de la ville de Nice. On a pu voir leur bêtise à l’œuvre, mais surtout leur complicité avec l’auteur de l’attentat, notamment lors d’échanges sur Facebook ».


Se concentrer © capture France 24

« A Nice, où j’étais, ça s’est réchauffé »

Contrairement aux attentes des proches des victimes, aucune des huit personnes jugées n’a été poursuivie pour complicité avec le terroriste abattu par la police le soir de l’attentat, Mohamed Lahouaiej Bouhlel. Trois des prévenus sont jugés pour association de malfaiteurs terroristes (AMT), les cinq autres prévenus sont jugés pour des infractions de droit commun relatives à la législation sur les armes.

Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a ainsi requis quinze ans de prison contre les trois principaux prévenus. Il a cependant demandé que l’AMT ne soit pas retenu contre l’un d’entre eux, le Niçois Ramzi Arefa, 27 ans, qui a reconnu avoir fourni une arme à feu à Mohamed Lahouaiej Bouhlel. Ce dernier s’en était servi pour menacer les personnes qui avaient tenté de l’arrêter, et pour tirer sur les policiers.

Des peines qui paraissent bien maigres aux yeux des proches des victimes. « Dans la salle de retransmission du procès à Nice où j’étais, ça s’est échauffé, confie la plaignante. De nombreuses familles ont laissé éclater leur colère après les réquisitions des procureurs généraux. conduit la procédure d’une main de maître, sera moins indulgent envers l’accusé ».

« On aurait préféré que le procès se tienne à Nice »

La colère s’est également ressentie vis-à-vis d’un procès qui s’est tenu dans la capitale, loin des familles endeuillées. Actuellement, seule la cour d’assises spéciale de Paris est habilitée à juger les crimes liés au terrorisme et au trafic organisé de stupéfiants. En plus d’une Webradio mise à disposition des parties civiles, une salle de retransmission a été spécialement installée au Palais de l’Acropole à Nice pour suivre les débats en simultané.

Cependant, la distance est restée un obstacle pour de nombreuses parties civiles. « Beaucoup de plaignants ont avoué qu’ils n’avaient pas les moyens de se rendre à Paris, faute de pouvoir avancer les frais qu’impliquent les déplacements, poursuit Alain Dariste. Moi-même, je ne suis allé au procès que deux fois. J’ai attendu plusieurs mois avant d’être remboursé euros sur les 2 000 euros de frais engagés. Nous aurions préféré que le procès se tienne à Nice ou dans les environs, cela aurait été plus simple.



©AFP

Un avis que ne partage pas Hanane Charrihi, assistante en pharmacie en région parisienne et fille de la première victime percutée sur la Promenade des Anglais. « Au contraire, je trouve qu’un procès tenu à Paris lui donne plus d’ampleur, explique le salarié de 33 ans et auteur du livre « Ma patrie » paru en 2017. Cela montre que cette attaque est prise au sérieux.  »

La question des services d’avocats est également source de discorde. « Lorsque nous en avons discuté entre nous, nous avons constaté que les avocats de la défense étaient beaucoup plus efficaces et offensifs dans leurs plaidoiries que les avocats des parties civiles, qui restaient plus en retrait », a déclaré Alain Dariste.

Là encore Hanane Charrihi n’est pas de cet avis. « L’agressivité ne sert à rien et ne fera pas revenir nos proches, confie-t-elle. Je ne voulais pas suivre tout le procès parce que ça me faisait trop mal. Mais quand j’écoutais mon avocat plaider, tout en pudeur et humilité, au contraire, je trouvais ça sublime ».

« Il y avait un mépris manifeste pour les journalistes parisiens »

Autre grief porté par certaines familles de victimes : le traitement médiatique réservé au procès. « Nous avons tous été outrés de voir le peu de couverture médiatique de ce procès par rapport à celui [des attentas du 15 novembre 2015 à] Paris. La différence était flagrante. Ce procès nous a été volé ! Il y a tout de même 84 morts, dont une quinzaine d’enfants et d’adolescents. Ce n’était pas rien, tempête le Niçois de 63 ans. Il y a certainement eu un télescopage avec de grandes actualités sportives [le Mondial-2022]mais quand même : il y avait un mépris manifeste des journalistes parisiens qui nous prennent pour des petits provinciaux sans intérêt.


L'interview

L’interview ©France 24

Mais pour de nombreux proches de victimes, le vrai procès est encore à venir. « Je me fiche du verdict de ce procès : je n’en attends rien, lâche Hanane Charrihi. Le principal responsable de l’attentat a été tué : on ne peut plus attendre de lui une réponse. » Les hommes qui ont été jugés ne m’intéressent pas. En revanche, je suivrai attentivement le procès contre la ville de Nice s’il a lieu, car il y a eu de réelles failles dans le système de sécurité.

Un point sur lequel Alain Dariste est d’accord. « A l’issue du verdict, nous savons que les liens que nous avons tissés avec les autres parties civiles ne seront pas rompus, car notre futur combat concerne la sécurité. Cette question revient constamment dans les débats et nous ferons tout pour ce nouveau que le procès ait lieu. On va s’accrocher, même s’il faut pousser fort.



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