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Malgré sa conviction, Benzema voit l’avenir en Bleu

Malgré sa condamnation mercredi dans l’affaire dite de la « sextape Valbuena », l’attaquant français Karim Benzema ne risque pas de voir son statut en équipe de France compromis. Il s’est imposé ces dernières années comme un élément essentiel du système français.

« Passez, rien à voir ! » C’est le message envoyé en substance par les instances du football français, après la condamnation de Karim Benzema, mercredi 24 novembre, dans l' »affaire sextape ». Ce dernier ne devrait pas compromettre l’avenir international de l’attaquant français, devenu la pièce maîtresse des Bleus version 2021

L’attaquant vedette du Real Madrid a été reconnu coupable de complicité dans la tentative de chantage contre son ancien coéquipier Mathieu Valbuena et condamné à un an de prison avec sursis et 75 000 € d’amende. Mais ce jugement, dont ses avocats ont annoncé faire appel, n’entraînera aucune exclusion sportive.

« Il a le droit de travailler »

« Cette sanction ne change rien pour moi. Elle est sélectionnable », a coupé court Noël Le Graët, le président de la Fédération française de football, au quotidien sportif L’Équipe. « Il a le droit de travailler. Vous pouvez faire une erreur, être condamné à une peine avec sursis et reprendre le travail. »

Et le dirigeant breton d’ajouter : « Dans la mesure où Didier (Deschamps) veut le sélectionner, la Fédération n’aura pas d’opposition. Il n’y a aucun obstacle à ce qu’il continue à jouer en équipe de France ».

Soucieux de ne pas « anticiper la décision » du tribunal, le sélectionneur des champions du monde en titre avait pourtant indiqué, début octobre, que seuls des « choix sportifs » servaient de boussole. Difficile donc d’imaginer se priver du prolifique attaquant, en lice pour le prestigieux Ballon d’Or décerné lundi prochain.

Retour gagnant en bleu

Car sur le terrain, Benzema a transformé son retour surprise chez les Bleus en un véritable succès, malgré un Euro raté l’été dernier sur le plan collectif. Humble et travailleur, discret et efficace, l’avant-centre de presque 34 ans (il les aura le 19 décembre) est au diapason de la sélection.

Surtout, il a mis en pratique ce qui est sa marque de fabrique à Madrid : empiler les buts. Il a inscrit neuf buts en 13 rencontres internationales, dont cinq sur les quatre derniers, aidant grandement l’équipe de France à remporter la Ligue des nations en octobre, puis à se qualifier le mois suivant pour la Coupe du monde-2022.

« On est tous d’accord pour dire que son retour a été marqué par ses performances et ses statistiques. Ce qu’il réalise est remarquable. Il veut continuer son aventure en Bleu, une Coupe du monde c’est un moment particulier », a souligné son capitaine Hugo Lloris à la dernière rencontre.

Non sélectionné en 2010, le meilleur buteur français de l’édition 2014 au Brésil (trois buts) veut disputer une deuxième Coupe du monde, au Qatar du 21 novembre au 18 décembre 2022, avec le maillot des champions du monde en titre sur le dos.

Du haut de ses 94 sélections (36 buts), l’attaquant né à Lyon pourrait même d’ici là entrer dans le cercle fermé des « centenaires » sous le maillot tricolore, comme Didier Deschamps ou Zinédine Zidane, marquant un peu plus l’histoire d’une sélection avec dont il entretient une relation contrariée.

Rétropédalage

« L’affaire sextape » l’a en effet tenu à l’écart des Bleus pendant plus de cinq ans et demi, avec le déclic pour sa mise en examen pour « complicité de tentative de chantage » contre Mathieu Valbuena et « participation à une association de malfaiteurs ».

« Karim Benzema n’est plus sélectionnable jusqu’à ce que la donne change, jusqu’à ce qu’il y ait du nouveau dans cette affaire », annonçait Le Graët en décembre 2015. Quatre mois plus tard, l’ancien de l’OL était privé de l’Euro-2016 par la FFF au nom de « l’exemplarité » et « la préservation du groupe ».

L’agresseur avait bien entendu creusé le fossé en affirmant que Deschamps avait « cédé à une partie raciste de la France ». Mais le coach, toujours prudent dans sa communication, n’avait jamais exprimé d’avis définitif.

Les discours de Le Graët, en revanche, ont su garder un certain flou.

« Benzema est sélectionnable, il n’est pas suspendu. Si Didier (Deschamps) veut le prendre, quand il veut, il peut », avait-il insisté en février 2017, regrettant une justice « un peu lente dans ce dossier ». Mais en novembre 2019, la porte s’est refermée : « L’aventure en bleu est terminée ».

Deux ans plus tard, cette formule a vieilli.

Avec l’AFP

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