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Mamignan Touré, basketteur aux multiples rebonds


Joueuse de l’Association Basket Lattes Montpellier (BLMA), qui évolue en première division féminine, l’internationale française du 3×3… et du 5×5, a également créé sa propre académie pour permettre à des jeunes issus de milieux populaires de faire carrière. Comme elle.

« L’année dernière, beaucoup de filles ont aimé avoir le ballon. Aujourd’hui, j’en ai un peu plus, et ça marche…« Mamignan Touré, alias » mignonne », le surnom qu’elle aime porter, est tout sourire au Palais des Sports de Lattes. La veille, mercredi 16 octobre, elle avait marqué 15 points, délivré 4 passes décisives et pris 3 rebonds lors du succès des BLMA contre les Tchèques de Zabiny Brno (84-72). De quoi permettre aux Héraultaises de se qualifier pour les barrages de l’Eurocup et de poursuivre leur début de saison sur un sans-faute, avec une neuvième victoire en autant de matches.

En tête de la Ligue féminine, à égalité avec Bourges et Lyon, sera-t-il possible pour BLMA de tenir le rythme dans les deux compétitions ? « Ce n’est pas facile d’enchaîner plusieurs matches dans la semaine. Il n’y a pas de pression, juste une responsabilité, car on veut gagner partout, dit-elle, toute de noir vêtue. J’essaie d’être irréprochable dans la récupération. Le groupe est équilibré, mais petit, et une seule blessure pourrait nous handicaper.»

« Je jouais déjà avec mes soeurs »

Agé de 27 ans, Mamignan Touré ne connaît que trop bien les sacrifices à consentir pour atteindre le plus haut niveau et y rester. Elle a été élevée seule par sa mère – « une femme exemplaire et vaillante, je ne suis rien comparé à– dans une famille de cinq enfants, où son frère aîné Mohamed a servi de mentor. La native de Nevers, dans le quartier prisé de Courlis, est tombée amoureuse du basket grâce à sa famille. « Je n’étais même pas assez vieux pour être là quand je jouais déjà avec mes sœurs, se souvient-elle, d’une voix enjouée. Il y avait des affiches d’Allen Iverson, Kobe Bryant ou Michael Jordan partout dans leur chambre. La base quoi (le sourire).»

Après des débuts au club local, l’Entente Basket Fourchambault Nevers (EBFN), Mamignan Touré a gravi les échelons en rejoignant les équipes départementales et régionales, puis le centre espoir à l’INSEP. Sa carrière professionnelle débute dans le Nord, à Arras, avant des passages plus ou moins réussis dans le Trégor, Lyon, Nice, dans les Landes ou encore en Belgique. C’est finalement à Montpellier qu’elle a retrouvé, depuis 2020, une certaine stabilité.

Les Bleues, une double aventure

En terres occitanes, Mamignan Touré ne cesse de monter en puissance, notamment en 3×3, discipline qui se pratique sur half-courts et dans laquelle elle a été élue numéro 1 mondiale au classement FIBA ​​en 2021 après avoir participé avec l’équipe de France à la Jeux olympiques. , à Tokyo. « Une expérience incroyable bien qu’amère, car nous avons terminé quatrième, au pied du podium et donc d’une médaille, regrette-t-elle. Jest sorti plus fort.»

Forte de ses bonnes performances en sélection et en club, l’arrière est appelée pour la première fois en équipe de France 5×5 en novembre 2021. Après avoir participé aux qualifications pour la Coupe du monde, elle apprend qu’elle n’est pas retenue. . dans le groupe final qui participera à la compétition.

« A l’époque, je le prenais vraiment mal, car j’étais irréprochable dans le jeu ou l’état d’esprit. Je ne pouvais que subir cette décision et essayer de l’accepter.« Sauf qu’un imprévu vient changer la donne. « Je regardais déjà le billet d’avion pour aller voir ma grande soeur à Dakar, quand j’ai appris la blessure de Marine Johannès, lors d’un match de préparation contre les Etats-Unis, elle explique. Jean-Aimé Toupane, notre entraîneur, m’appelle. Il me propose de rejoindre le groupe. La question ne se posait même pas pour moi (le sourire).»

modèle de réussite

Bien qu’éliminé en quart de finale de la Coupe du monde face à la Chine (85-71), Mamignan Touré n’a pas tergiversé longtemps. C’est dans sa nature. Humble et déterminée, la jeune femme, diplômée en éducation physique et sportive, consacre une grande partie de son temps à « Académie Lokosso« . La sienne. Mais pourquoi « Lokosso» ? « C’est le surnom que m’a donné Mohamed, mon grand frère. Cela signifie, en Lingala (dialecte congolais, NDLR), une personne qui aime bien manger (des rires). Je l’ai toujours gardé.»

Mamignan Touré consacre une grande partie de son temps à la « Académie Lokossoqu’elle a fondé. Académie Lokosso

Ses liens avec son pays d’origine, le Mali, et plus généralement avec l’Afrique, sont très forts. « Je veux donner aux petits Migna, qui n’ont pas forcément le capital culturel et économique nécessaire, la possibilité de réaliser leur rêve.elle explique. Un jour, un de mes élèves m’a dit : « c’est la première fois que j’ai un professeur noir. Vous ne pouvez pas savoir à quel point je suis fier. Tu me donnes beaucoup de courage et de force. Cela m’a conforté dans mon rôle.»

Et de conclure en fondant en larmes à l’évocation d’Abraham, un jeune joueur récemment décédé qu’elle avait rencontré à Abidjan et qui devait faire partie du programme NBA Basketball sans frontières. « Il m’a donné la plus grande leçon de ma vie. Avec rien, lui et les autres dans le pays sont capables de réaliser de grandes choses. Donnez-leur un millième de chance et ils iront loin. C’est ce que je veux construire.»

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