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Margaux Benn, grand reporter au Figaro, lauréate du prix Albert-Londres

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Margaux Benn, ce lundi, à Riga. Benjamin Geminel

La journaliste de 34 ans a été honorée lundi soir pour ses reportages sur la guerre en Ukraine.

Ce lundi 28 novembre, Margaux Benn a reçu le prix Albert-Londres et cela n’étonnera personne. Il y a des choses naturelles. Certains sont nés pour être cuisiniers, pilotes ou pour jardiner en regardant passer les trains. Margaux est sur terre pour être une grande reporter. La jeune femme polyglotte et brillante aurait pu facilement se tailler un destin calme et confortable en tant que haut fonctionnaire international, mais elle a choisi un quotidien de tempête et de poussière. Sans doute elle-même ne sait pas vraiment pourquoi. C’est ainsi, c’est tout.

A une autre époque, lorsque la fille d’Albert Londres créa cette distinction en 1933 au nom de son père qui venait de décéder, Margaux n’aurait eu aucune chance. Une femme, aux antipodes de l’image de la journaliste globe-trotteuse. Margaux ne porte pas de treillis, n’a pas la voix lourde et ne raconte jamais ses faits d’armes. « Elle a l’air d’une perpétuelle petite fille douce et presque naïve. Elle ne l’est pas du tout. Elle est extrêmement déterminée. »souligne Véronique de Viguerie, photographe qui a travaillé avec elle en Afghanistan et en Ukraine.

Ce sont ses papiers, toujours sensibles et ciselés sur ce conflit, qui ont valu à Margaux Benn la lauréate du 84e prix Albert-Londres. Dès les premiers jours, elle a plongé dans Kyiv assiégée sans vraiment se soucier des risques, même si tout le monde s’imaginait que la ville serait très vite submergée par les bombes de Poutine. La capitale à peine épargnée, elle suivra l’enfer là où elle se trouve, à Kharkiv ou Zaporiijjia. Elle va raconter, de cette plume sûre et alerte, le quotidien de citoyens soudainement rattrapés par une guerre aussi anachronique au cœur de cette Europe du XXIe siècle, le courage d’hommes ordinaires qui se transforment soudain en soldats pour défendre leur pays. . « Ce qui m’a le plus frappé : l’incroyable esprit de résistance et de solidarité des Ukrainiens, tant par sa force que par son organisation et son efficacité. Et tout cela, souvent, avec un mélange de détermination, d’humour, d’intelligence et de bravade..

Risques pris pour « couvrir » cet effondrement dans la violence, elle n’a rien dit. « Elle n’a pas peur de grand-chose, sauf de ne pas être là quand il le faut », assure son amie Alison Sargent. Les deux femmes se sont rencontrées il y a dix ans sur les bancs de l’école de journalisme de Sciences-Po. D’ailleurs, Margaux rêve déjà de reprendre la route qu’elle connaît déjà bien.

Bien qu’elle soit née dans les Landes en 1988, elle a d’abord grandi à Ottawa, au Canada, le pays de son père. Elle ne revient en France et à Toulouse qu’à l’âge de 11 ans, pour son adolescence. Cette double culture l’a naturellement amenée à étudier d’abord en Ecosse, à l’Université de Saint Andrews, puis à Sciences-Po. Entre les deux, elle a trouvé un an pour atterrir à Khartoum afin d’avoir sa première expérience dans le journalisme. Elle partira rapidement pour l’Afrique, en République centrafricaine, pays alors déchiré par la violence des milices. La haine pure ne l’effraie pas. Elle le décrit avec distance et humanité pour l’AFP, en vidéo, et par écrit en anglais pour le New York Times. Elle fait aussi de la radio. « Elle appartient à cette génération qui sait tout faire, multitâche avec talent »apprécie Véronique de Viguerie.

Margaux, forcément, se fait remarquer. Ce sera l’AFP qui lui propose, au bureau de Nicosie, un CDI de vidéaste. Beaucoup y auraient vu le Saint Graal. Mais elle ressent cette stabilité comme un cercueil professionnel. « En n’écrivant pas, j’avais perdu toute confiance en moi. » Elle démissionne et part. Reste à choisir la destination. Elle hésite entre les « terres connues » d’Afrique et le grand large. Ce sera l’Afghanistan. « Je l’ai vu arriver dans notre colocation à Kaboul et j’ai tout de suite compris que derrière son air timide, il y avait un être fort »se souvient de Solène Chalvon Fioriti, alors journaliste à Sortie. Margaux elle contacte Le Figaro. « Le premier à me donner une chance ».

« Margaux avait l’intention de s’installer dans un simple appartement d’un quartier afghan et de vivre discrètement en burqa lorsqu’elle sortait. Nous n’étions pas totalement rassurés mais avons décidé de participer à son aventure, sans trop savoir à quoi nous attendre », explique Patrick Saint-Paul, rédacteur en chef du service international du quotidien. Il ne le regrettera pas. Très vite, le talent de Margaux s’impose comme une évidence. « Elle a une immense humanité. Elle s’intéresse beaucoup aux gens et ne se laisse jamais piéger dans l’obscurité des choses, même dans l’extrême violence.admire son amie Solène.

C’est cette humanité que ce prix Albert-Londres, le 84e du nom, salue aujourd’hui. Margaux Benn s’inscrit ainsi dans la longue histoire de Figarodevenant le 17e de ses journalistes à recevoir ce prix – plus que tout autre. « Margaux maîtrise tous les médias de notre temps et représente en même temps la tradition de Figaro, ne résistant jamais à l’appel du terrain, et au désir d’être un témoin privilégié de l’histoire. Le goût du reportage est ancré dans ses tripes. C’est pourquoi nous sommes fiers qu’elle ait choisi de s’installer au service international du Figaro, apportant l’indispensable renouveau garant de notre avenir.insiste Patrick Saint-Paul.

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