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Molière au Panthéon ;  la bataille de Francis Huster

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L’acteur vient de publier deux livres sur l’auteur de Misanthrope: Dictionnaire de l’amour de Molière, et une brochure de dialogue, Poquelin contre Molière.

Il a joué à la Comédie-Française Le gentilhomme bourgeois sous la direction de Jean-Louis Barrault. Il est pleinement conscient de la complexité de l’Alceste du Misanthrope. Pour lui Dom Juan, qu’il a incarné des centaines de fois, est bien plus qu’un vil séducteur. Francis Huster, toujours fasciné par le geste de l’homme dont le nom à lui seul symbolise la langue française, vient de sortir deux livres consacrés à Jean-Baptiste Poquelin : Dictionnaire de l’amour de Molière (Plon) et Poquelin contre Molière (Armand Colin).

A quelques semaines du quadricentenaire de la naissance de Molière, qui sera célébré le 15 janvier 2022, Francis Huster explique au Figaro les raisons qui font que sa passion pour le moins tartuffle des auteurs de comédies s’est révélée plus d’un demi-siècle après ses débuts, inextinguible.

LE FIGARO – Vous sortez presque simultanément deux livres sur Molière, l’un Dictionnaire des amoureux et Poquelin contre Molière . Pourquoi ?

FRANCIS HUSTER – Dans quelques semaines, le 15 janvier exactement, nous fêterons le quatre centième anniversaire de la naissance de Molière. En ce moment important de l’histoire de la littérature et de la comédie, j’ai voulu offrir des livres à ses innombrables admirateurs qui parlent de l’homme Jean-Baptiste Poquelin et aussi du cœur de son œuvre. C’est crucial, car je ne vous cacherai pas que travailler à son entrée au Panthéon. Il doit être là. Si ce miracle se produisait, il serait le premier acteur, parmi tous ces grands personnages, à se reposer sur la montagne Sainte-Geneviève.

Votre brochure Poquelin contre Molière , Sous-titre Un duel à mort , oppose l’auteur à l’acteur. Pour vous, cette dualité explique-t-elle l’immortalité de son génie ?

Oui sûrement. On peut déjà constater ensemble que les plus grands acrobates comme Charlie Chaplin et Charlot, Guitry et Sacha Guitry, et bien sûr Jean-Baptiste Poquelin et Molière ont été les premiers acteurs de leurs propres pièces. Pour Molière, ce dédoublement de personnalité entouré de mystère cherche à répondre à une question lancinante : pourquoi Poquelin a-t-il pris un masque, un pseudonyme énigmatique, pour monter sur scène ? J’ai donc voulu savoir et tenter de répondre à cette question en inventant un dialogue entre l’auteur Poquelin et le comédien Molière. Les disputes entre eux fusent. Jean-Baptiste peut lancer à son interprète « laisse couler la première scène de la Malade Imaginaire« . Molière rétorque « il s’offrira au publicEt qu’au fond c’est lui, le public, qui décidera in fine, en applaudissant ou en sifflant, de la qualité de la pièce.

On a l’impression à la fin de ce match que c’est Molière qui gagne…

C’est ton ressenti. Peut-être. Je laisse le lecteur décider qui a gagné le duel. En tout cas, il est certain que c’est le baladin qui continue à faire vivre l’œuvre de l’auteur au fil du temps. Sans les trois coups, toujours répétés, il ne resterait rien.

Dans vos deux ouvrages, vous semblez vouer un véritable culte à Louis Jouvet. Pourquoi ?

Il était notre chef d’orchestre. Je ne connaissais pas Molière mais je l’ai joué des milliers de fois ce qui m’a fait aimer sans jamais m’ennuyer. Je n’ai jamais oublié le conseil de Jean-Louis Barrault, hérité justement de Louis Jouvet qui n’avait pas eu le temps d’écrire sur Molière, de transmettre Molière aux générations futures. Et je me souviens aussi que Barrault m’avait poussé à travailler sur Molière et son héritage. En m’appliquant à rédiger le Dictionnaire de l’amour de l’auteur de Misanthrope, je ne garde que la parole que j’ai donnée à Barrault. Je m’associe ici à une sorte de filiation spirituelle : Molière, Louis Jouvet, Jean-Louis Barrault et votre humble serviteur.

Tu reviens dans ton dictionnaire pour Le Misanthrope , que vous qualifiez de « chef d’oeuvre inimitable « . En quoi pensez-vous que cette pièce est unique ?

Il ne faut pas oublier son sous-titre : L’Atrabilaire amoureux« . Il en dit long sur son auteur. Alceste ressemble parfois à Molière, à se tromper. Et la puissante postérité de ce personnage qui se méfie des hommes dit tout du génie de son auteur. La pièce à sa sortie n’a pas fonctionné Mais on sait aujourd’hui qu’elle reste la création la plus profonde, la plus philosophique de Poquelin.Cette pièce est aujourd’hui et demain, comme Molière.

Molière : l’hommage de Francis Huster sur Figaro en direct


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