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Moscou tient l’épée de Damoclès sur l’Ukraine

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Le gouvernement américain accuse depuis plusieurs semaines Moscou d’avoir déployé près de 100 000 soldats à la frontière ukrainienne pour une offensive. Le Kremlin rejette ces accusations.

«  Monsieur Nietcomme l’appelle parfois la presse occidentale, portait bien son nom vendredi. Lors de sa conférence de presse annuelle, Sergueï Lavrov n’a pas relâché la pression après une semaine diplomatique en trois temps, au cours de laquelle Moscou a martelé ses exigences vis-à-vis de l’Occident. Non-élargissement de l’Otan à l’Est, retrait des troupes et des infrastructures de l’Alliance des pays de l’ex-URSS, non-déploiement de missiles menaçant la Russie : le ministre russe des Affaires étrangères a rappelé son «lignes rouges», déjà répété devant les Américains à Genève, l’OTAN à Bruxelles et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à Vienne. M. Lavrov a même ajouté vendredi deux «lignes rougesen refusant le déploiement de systèmes offensifs en Ukraine et une éventuelle base navale américaine en mer d’Azov.

Interrogé sur ce qui se passerait si, comme on pouvait s’y attendre, les conditions russes n’étaient pas entérinées, le chef de la diplomatie a brandi une menace déjà évoquée en décembre par Vladimir Poutine lui-même : la mise en œuvre de «mesures techniques militaires», clairement le déploiement de troupes supplémentaires – elles sont déjà estimées à 100 000 hommes près de l’Ukraine – et l’armement. M. Lavrov a également indiqué que des manœuvres se déroulaient actuellement en Extrême-Orient, dont des images ont été diffusées vendredi.

 » L’armée russe prévoit (…) une invasion militaire, qui pourrait débuter entre mi-janvier et mi-février  »

Autour de l’Ukraine, foyer de cet affrontement, la tension ne se relâche pas : Kiev a annoncé avoir été la cible d’une cyberattaque massive visant plusieurs de ses ministères. Ukrainiens et Russes s’accusent mutuellement de préparerProvocationqui servirait à déclencher une confrontation armée. Accusations également proférées vendredi contre la Russie par un responsable américain, selon lequel Moscou envisagerait de monter des opérations »sous fausse bannière(faux drapeau), une vieille ruse de guerre consistant à utiliser l’uniforme de l’adversaire pour le tromper. Selon cette source, Washington serait «concernépar les préparatifs russes d’une attaque contre l’Ukraine, qui pourrait se justifier pardes excuses» telles que des actions de sabotage ou de désinformation.

Aux dépens des Européens

Pour de nombreux analystes, cependant, l’option d’une intervention armée n’est pas la plus probable à court terme – pour des raisons militaires, économiques, politiques… – même si aucune hypothèse ne peut être écartée, en ce qui concerne, par exemple, des frappes ciblées sur des bases hébergeant des drones turcs en Ukraine…

Car après la valse diplomatique en trois temps de cette semaine, une séquence encore plus incertaine s’ouvre : Vladimir Poutine, face à la fin de l’irrecevabilité des Occidentaux, a maintenu les enchères et accru la pression. Il devra montrer des résultats très prochainement s’il ne veut pas perdre la face. Les véritables intentions du numéro un russe font l’objet de spéculations, car il ne peut qu’ignorer son « exigencesn’ont aucune chance d’être acceptés par les Américains – ils les ont rejetés du revers de la main. Quel est alors l’objectif ? Retrouver le statut d’interlocuteur privilégié de Washington sur les grands enjeux stratégiques ? Ce processus a été engagé au détriment des Européens, que Moscou accuse d’avoir tout perdu »indépendancevis-à-vis des Etats-Unis et envers laquelle M. Lavrov, vendredi lors de sa conférence de presse, n’a pas ménagé ses critiques. « Avec l’Union européenne, tous les canaux de communication ont été bloqués par nos collègues européens eux-mêmes.», a déploré le ministre russe, peu optimiste quant à une amélioration du dialogue avec les Vingt-Sept. Quant au dialogue jeudi dernier avec le forum de l’OSCE (une cinquantaine de pays, dont les Etats-Unis et la Russie), M. Lavrov l’a qualifié de «dilatoire« .

En revanche, avec les Américains et, dans une certaine mesure, avec l’OTAN, des pistes ont été ouvertes. Il s’agit notamment de la maîtrise des armements, du déploiement de missiles et de mesures de confiance, y compris une limitation des exercices militaires. L’avenir dira si des percées peuvent être faites sur ces points et si Moscou s’en contentera. Vendredi, Sergueï Lavrov a également salué un rare point positif : le renouvellement, l’an dernier, du traité New Start sur le désarmement nucléaire.

VOIR ÉGALEMENT – Ukraine : jusqu’où Poutine peut-il aller ?


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