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Nantes expose son passé esclavagiste pour « changer de factors de vue et de regards »

On est d’abord intrigué par les bruits, le cliquetis des chaînes, les pleurs d’un enfant, la voix d’une femme chantant une berceuse et, régulièrement, le bruit des vagues fouettant la coque d’un bateau. Puis, sous nos pieds, apparaissent les corps d’hommes, de femmes et d’enfants noirs, allongés au sol, pour la plupart nus, blottis les uns contre les autres. Grâce à un dispositif audio et vidéo immersif spectaculaire, imaginé par le Musée d’Histoire de Nantes pour son exposition intitulée « Les Abîmes », nous embarquons à bord du Marie-Séraphique, Négrier nantais qui participa à la traite négrière atlantique au 18ee siècle.

« L’appareil dérange volontairement, explique Krystel Gualdé, directrice scientifique du musée. De nombreux visiteurs découvriront la réalité de l’esclavage en venant ici. L’exposition a été conçue pour intéresser un giant public. Le however est de changer de level de vue et de regard.  » Le titre a été choisi en référence au idea développé par le poète martiniquais Edouard Glissant pour évoquer le « Gouffre » Atlantique conduisant les esclaves aux colonies, mais aussi, précise l’historien, « Pour signifier ce qui a été abîmé, ici, de notre humanité ».

Une carte numérique montre l’ampleur des déportations effectuées, selon la nationalité des colons

Nantes fut le premier port négrier de France. Plus de 500 000 hommes, femmes et enfants achetés sur les côtes africaines sont envoyés à bord de navires vers les colonies françaises d’Amérique pour être vendus et mis en servitude. Après l’abolition de l’esclavage en 1848, cette période honteuse de l’histoire nantaise fut longtemps tuée avant que les historiens ne s’emparent du sujet.

Il y a trente ans, une exposition intitulée « Les Anneaux de la mémoire », du nom de l’affiliation qui œuvre à la transmission de l’histoire de la traite négrière, créait un choc. Conçu pour célébrer l’anniversaire de cet événement, qui coïncide avec le 20e anniversaire de la loi Taubira du 21 mai 2001 reconnaissant l’esclavage et la traite comme des crimes contre l’humanité, « The Abyss » « Permet de mesurer l’avancée des connaissances sur cette période sombre de l’histoire et d’en montrer la complexité », précise Bertrand Guillet, directeur du château des ducs de Bretagne et de son musée. Depuis sa rénovation en 2007, l’établissement revendique son attachement à la mémoire de l’esclavage.

Paperwork comptables

Présentée sur deux étages dans le bâtiment du harnais, qui jouxte le château, l’exposition, qui offre un espace privilégié aux enfants, rassemble près de deux cents paperwork, œuvres et objets, presque tous issus des collections du musée. A l’entrée, une carte numérique indique l’étendue des déportations opérées, selon la nationalité des colons : les estimations actuelles mettent entre 13 et 17 hundreds of thousands le nombre d’Africains arrachés à leur terre natale entre le XVIe et le XIXe siècle – les expéditions françaises étant responsables de la déportation de 1,three million d’entre eux.

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