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Notre critique du film Les Amandiers : par le groupe


Le nouveau film de Valeria Bruni Tedeschi est un voyage dans les années 1980 au cœur de l’école de théâtre créée par Patrice Chéreau et Pierre Romans, à Nanterre, méconnue de la jeune génération.

Cela lui rappelle sa jeunesse. Elève au Lycée Turgot, Liv Henneguier fréquentait le Café Léonard, à la station de métro Arts-et-Métiers, à Paris. Cela nous rappelle aussi un peu le nôtre. Sécher l’école et refaire le monde au café. Ou refaire le film, Les amandiers, par Valeria Bruni Tedeschi (VBT). Liv Henneguier (25 ans), Clara Bretheau (28 ans) et Vassili Schneider (23 ans) ont fait l’effort de se lever tôt vendredi 11 novembre pour parler de ce film et de ce tournage extraordinaire dans leur courte carrière. Surtout les deux premiers.

Vassili Schneider est en retard. Il a fait la fête la veille. Il a un terrible mal de tête. Lors de cette soirée, il rencontre Vincent Perez qui lui sert de modèle pour son personnage. Il connaît aussi Eva Ionesco, qui inspire celle interprétée par Clara. Il jure qu’il ne s’est disputé avec aucun des amandiers, un long métrage très autobiographique de VBT dans lequel la comédienne-réalisatrice revient sur ses 20 années passées à l’école de théâtre des Amandiers à Nanterre, créée par Patrice Chéreau et Pierre Romans dans les années 1980. . sexe, drogue et Platonov sur fond de SIDA.

Une école éphémère et légendaire

Vassili n’avait jamais entendu parler de cette école éphémère et légendaire. Il a grandi au Canada, comme son aîné Niels Schneider et ses autres frères, enfants du ballon rond. « Au lieu de nous emmener jouer au football, mon père nous a emmenés à ses séances de doublage. »

Liv Henneguier, bac en ressources humaines avant de poser le pied sur un plateau de tournage (un premier rôle principal dans Cracher le coeur de Julia Kowalski), ne savait rien non plus des amandiers avant le film. Plus tard, en discutant avec sa grand-mère, elle lui dit qu’elle allait voir des pièces dans ce théâtre d’avant-garde.

Clara Bretheau, elle, est plus informée. Elle a vu Reine Margot, réalisé par Patrice Chéreau. Lorsqu’elle a réussi le concours du Théâtre national de Bretagne (TNB) il y a quatre ans, son père lui a dit : « Le TNB, c’est le nouveau Amandiers. » « Je ne savais pas trop ce que ça voulait dire. Pour ma génération, Chéreau ne dit pas grand-chose à beaucoup de monde. Micha Lescot, son professeur au TNB et interprète de Pierre Romans dans Les amandiers, lui parle du casting. Elle tente sa chance.

« La période était folle, entre le sida et la drogue »

« Le TNB a été une expérience si forte pour moi que je comprends que Valeria fasse un film sur ces années, Clara explique. Cela change votre vie. Je ne sais pas si je joue mieux ou moins bien, mais j’ai compris que toutes les couches de protection devaient être supprimées.

Liv Henneguier rit : « C’est théâtral. Je ne l’aurais pas dit aussi gentiment. C’est loin de moi. Rester enfermé pendant trois ans avec les mêmes 20 personnes, jamais ! »

J’ai rencontré d’anciens élèves, ils n’ont pas tous de bons souvenirs

Vassili Schneider

Vassili Schneider aurait aimé cette école, qui recherchait avant tout des personnalités fortes. « En même temps, en voyant le film, il y a un lourd tribut à payer. Il y a eu des drames. J’ai rencontré d’anciens élèves, ils n’ont pas tous de bons souvenirs. « La période était folle, entre le sida et la drogue »souligne Clara.

Une façon de travailler atypique

Tout en tournant Les amandiersces acteurs de moins de 30 ans ont traversé les années 1980, même si aucun événement extérieur n’a pénétré la bulle théâtrale (l’annonce de la mort de Coluche et une apparition télévisée de Jean-Marie Le Pen ont été coupées au montage).

Ils ont également découvert la méthode de travail de VBT, atypique dès le casting, prélude à deux mois de répétition, comme au théâtre. « Valeria voulait créer une troupe, que nous soyons déjà dans une énergie de groupe, se souvient Vasily. Et elle est comédienne, elle met autant en scène avec le corps qu’avec les mots. Elle joue la scène avec vous.

« Elle parle pendant les prises, confirme Clara Bretheau. Ou elle crie. Parfois, elle s’allonge même à vos pieds et enfile votre jean ! Elle est aussi capable de reconnaître qu’une scène ne marche pas parce qu’elle est mal écrite. Et puis on peut lui dire merde quand elle va trop loin. En vérité, elle adore qu’on lui résiste. « Intense », résume Liv Henneguier.

Une scène du film
Les amandiers. Ad Vitam Production/Jérôme Prébois

La réalité du travail

Ces jeunes comédiens savent aussi dire merde à VBT quand ça stigmatise leur génération dans une interview : carriériste, en contrôle, au risque d’oublier de vivre. « C’est normal, elle a vieilli, elle n’a plus 20 ans, rit Liv. On ne se pique pas, mais on a aussi fait des conneries. Et je ne sais même pas ce qu’est un plan de carrière. Je serais très heureux d’ouvrir une boulangerie.

« Pas moi, Clara coupe. Je ne sais pas si nous sommes plus sages. Ce qui est certain, c’est que je ne roulerai pas à 200 km/h rue de Rivoli en brûlant les feux rouges. Ils jouent avec la mort, pas nous. « Nous vivons au jour le jour, comme beaucoup d’acteurs, dit Vassili. Sauf Dujardin, qui sait ce qu’il fera dans trois ans.

Aujourd’hui, on ne te propose même plus de venir auditionner, on te demande de te filmer

Vassili Schneider

Ils ont tous les trois un agent et sont confrontés à la réalité de leur métier. « Aujourd’hui, on ne vous propose même pas de venir auditionner, on vous demande de vous filmer », explique Vasily. « C’est horrible, dit Clara. Nous sommes souvent mal orientés par un directeur de casting. Mais ne l’écrivez pas. Dites que tous les directeurs de casting sont géniaux !

Une bande en surbrillance

Les amandiers, en compétition au dernier Festival de Cannes, met en lumière ce jeune groupe d’acteurs. Le film n’est pas encore sorti, mais beaucoup de gens dans le milieu l’ont vu et en parlent. « Un réalisateur voulait me rencontrerVassili est surpris. Je sens que les gens s’intéressent un peu à moi. J’ai même été reconnu deux ou trois fois dans la rue.

« C’est fou ! Moi, hier, j’étais avec un ami qui m’a reconnu aussi », Liv le taquine. En attente d’un effet amandiersLiv joue dans la nouvelle série de Jean-Xavier de Lestrade, Sambre , à propos du violeur en série du nord de la France arrêté après 30 ans. Elle écrit un film avec Oscar Lesage, également acteur dans Les Amandiers. Une comédie, Le cerf.

Vassili a tourné pour la télévision avec Philippe Le Guay (L’affaire Annette Zelman). Il commence bientôt un film de vampires, à Rodez (Aveyron). Lui aussi écrit un long métrage qu’il aimerait réaliser. Les Amandiers ne leur a pas forcément donné envie de jouer au théâtre, mais de le voir, oui. Ils pourront applaudir Clara en mars prochain sur la scène de l’Odéon à Némésis, selon Philippe Roth. Théâtre ou cinéma, l’avenir leur appartient.

La cote de Figaro : 3/4

Vivez vite et sans souci

Valeria Bruni Tedeschi a mis dans la bouche du majordome de la maison une phrase pleine de sagesse : «Vous pouvez choisir une vie avec un mari et un travail normal, un peu ennuyeux mais calme, ou vous pouvez devenir actrice. Vous serez aimé par beaucoup de gens, mais vous risquez de devenir fou et de mourir triste.»

L’actrice-réalisatrice a choisi la deuxième voie en entrant au lycée des Amandiers, à Nanterre, dans les années 1980. Ses camarades de classe s’appellent Vincent Perez, Eva Ionesco, Marianne Denicourt ou encore Agnès Jaoui. La fiction en fait des jeunes de 20 ans, tous survoltés. Stella, Étienne, Adèle, Franck, Victor et les autres brûlent la scène et la vie par les deux bouts, des salles de répétition de Nanterre à l’Actors Studio de New York.

Louis Garrel campe un Patrice Chéreau charmant, colérique et cruel. Micha Lescot est un Pierre Romans émouvant. L’ombre du sida et des drogues dures plane sur cette jeunesse ivre d’art et de liberté. « La liberté est juste un autre mot pour rien à perdre», chante Janis Joplin.

« Les Amandiers », comédie dramatique de Valeria Bruni Tedeschi, avec Nadia Tereszkiewicz, Sofiane Bennacer, Louis Garrel, Micha Lescot, Vassili Schneider. Durée 2h05.

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