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Nous les perdants |  Le Journal de Montréal


François Legault soulignait récemment que des seuils d’immigration trop élevés, et particulièrement si cette immigration n’est pas francophone, représentent une menace pour l’identité québécoisedans la mesure où ils affaiblissaient le français et pour cela, la cohésion sociale.

Il avait auparavant rappelé qu’en Europe, l’immigration de masse a mal tourné, comme on le voit notamment en France et en Suède, et averti les Québécois de ne pas faire de même ici.

Dominique Anglade a cru bon de l’insulter.

je le cite. « C’est de la politique mesquine, c’est mesquin, c’est pathétique. » Elle ajoute que François Legault « fait appel aux instincts les plus bas. Il nourrit la peur de l’autre. Il nourrit la peur de l’autre ».

  • Écoutez la rencontre de Mathieu Bock-Côté et Richard Martineau diffusée en direct tous les jours à 10 h passant par QUB-radio :

Mépris

Je vais essayer d’être clair.

Je suis fondamentalement d’accord avec François Legault.

Je ne lui reproche qu’une chose : ne pas être allé assez loin. Ne pas accorder ses gestes à sa parole. Parler sans faire, dire sans agir.

Il prétend vouloir contrôler l’immigration, mais il accepte les seules limites d’immigration fixées par le PLQ sous Jean Charest et Philippe Couillard.

Mais je m’égare. Je veux revenir à Dominique Anglade.

Lorsqu’elle traite de pathétique François Legault, elle traite de pathétique tous ceux qui se reconnaissent dans ses propos.

Elle traite de pathétiques ceux qui, comme moi et tant d’autres, veulent abaisser sensiblement les seuils.

Elle appelle ceux qui craignent la « noyade » démographique de la majorité francophone historique, pour reprendre les mots de René Lévesque, autre perdant, probablement, de pathétique.

Elle interpelle ceux qui constatent que Montréal s’anglicise et qui s’inquiètent que dans quelques années, des tensions sociales se développent.

Elle parle de gens qui, comme moi, se sentent de plus en plus comme des étrangers dans leur propre pays à Montréal.

Elle nous accuse de réagir avec nos « bas instincts ». Ce sont ses mots. Nous ne sommes pas des citoyens rationnels, avec une autre vision du monde que la sienne. Nous sommes des brutes.

Si nous n’étions pas minables, nous voterions Dominique Anglade, je suppose. Nous aurions la chance d’appartenir au club sélect des imperméables non minables aux bas instincts.

Aucune chance. Nous ne sommes pas à la hauteur.

Et quand on s’inquiète rationnellement des seuils d’immigration gonflés et de l’intégration qui ne va pas aussi bien qu’on le dit, en fait, dit-elle, on cherche un bouc émissaire pour se débarrasser de nos mauvaises passions.

Elle nous accuse de ne pas nous ouvrir les uns aux autres. Nous répondons que tous les autres ne sont pas interchangeables. Qu’est-ce que c’est d’autre ? Est-il francophone ? Francotrope ? Anglophone? Anglotrope ? Et combien y en a-t-il d’autres ? Il est plus facile d’intégrer 20 000 immigrés que 50 000, et 50 000 que 70 000.

  • Encore plus de Mathieu Bock-Côté, écoutez son éditorial diffusé en direct tous les jours à 10h via QUB-radio :

Libéral

Mais ces questions, elle ne les tolère même pas. Ils sont probablement minables aussi.

Cette condescendance libérale est douloureuse. Il y a des limites à ne pas tenir compte des préoccupations légitimes d’une bonne partie de la population.

Si le PLQ se demande pourquoi il oscille autour de 7 % chez les francophones, voilà pourquoi.

Nous, les perdants, ne serons pas mécontents de la voir subir les conséquences électorales de son mépris au soir du 3 octobre.



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