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Nouvelle nuit de violences en Guadeloupe, des policiers visés par des tirs en Martinique

Le gouvernement français a souhaité être fermé mardi face aux violences qui perdurent en Guadeloupe malgré les renforts de la police, et surveille désormais une éventuelle contagion en Martinique voisine où policiers et pompiers ont également été visés par des tirs dans la nuit.

La peur d’une conflagration aux Antilles. Le gouvernement français a voulu tenir bon mardi 23 novembre face aux violences qui perdurent en Guadeloupe, après plusieurs jours de protestation contre la vaccination anti-Covid-19 obligatoire pour les soignants et les pompiers. Paris surveille désormais une éventuelle contagion du mouvement à la Martinique voisine, où les forces de l’ordre ont été visées à balles réelles dans la nuit.

Si la cinquième nuit de violences en Guadeloupe a été plus calme que les précédentes, selon la préfecture, elle a cependant été marquée par des tirs à balles réelles contre les forces de l’ordre, ont dénoncé les ministres de l’Intérieur Gérald Darmanin et de l’Outre-Mer Sébastien Lecornu.

« La situation est encore très difficile » en Guadeloupe, a reconnu sur France Inter Gérald Darmanin. « Ce qui est sûr, c’est que le rétablissement de l’ordre public est le préalable à toute discussion, bien sûr », a-t-il tonné.

Certains craignent que le mouvement ne s’étende à la Martinique, où une grève générale a débuté lundi et a considérablement ralenti l’île, dont les routes sont bloquées par de nombreux barrages routiers. D’autant que les policiers et les pompiers « ont reçu des projectiles » et « des tirs de 9 mm à plusieurs reprises » dans la nuit de lundi à mardi, sans faire de blessés, a annoncé la direction départementale de la sécurité publique de Fort-de-France.

Le mouvement de protestation contre la vaccination obligatoire contre le Covid-19 pour le personnel soignant et les pompiers a été lancé le 15 novembre en Guadeloupe, avec un appel à la grève générale d’un collectif d’organisations syndicales et citoyennes qui appellent également à la hausse des salaires et des minimum et baisse des prix du carburant et du gaz.

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Les cicatrices de la semaine de protestation sont encore visibles, comme au Gosier, où les carcasses de voitures carbonisées, les débris et les restes de barricades obstruent la route principale qui traverse la ville.

Dans le centre-ville, la plupart des commerces sont fermés, à l’exception de quelques commerces d’alimentation, la pharmacie ou une banque.

« La ville est morte depuis le début de la mobilisation, il ne se passe pas grand chose », a déclaré à l’AFP Nadège Tommely, 38 ans, qui tient une épicerie.

Par ailleurs, la préfecture fait état d’un décès mais sans le relier directement au mouvement de contestation en cours. Il n’y a pour le moment « aucun élément sur la cause du décès » de ce « jeune », selon Xavier Sicot, procureur de la République de Basse-Terre.

Emmanuel Macron et Jean Castex « nous prennent pour des analphabètes »

Pour calmer la situation, Jean Castex a annoncé lundi la création d’un « forum de dialogue » afin de « convaincre et accompagner individuellement, humainement », les professionnels concernés par l’obligation vaccinale.

Une décision qui n’a pas convaincu en Guadeloupe où les syndicats à l’origine de la mobilisation ont déploré ne pas être associés à l’initiative.

« Bien sûr que nous continuons la mobilisation. Nous n’attendions pas grand-chose du Castex et du gouvernement Macron, donc nous ne sommes pas déçus » du résultat de la réunion d’hier, affirme Hilaire Luce, membre du collectif qui a appelé à la grève générale, sur un barrage fait d’arbres et de pneus brûlés près du Gosier.

« Ils affichent un mépris marqué : ils créent une instance d’écoute, ça veut dire qu’ils nous prennent pour des illettrés ? », s’indigne-t-il.

Envoi de 250 policiers et gendarmes, dont 50 membres du GIGN et du Raid

« Plus de 90 interpellations » et « plus de 60 gardes à vue » ont eu lieu depuis le début de la crise, a précisé le ministre de l’Intérieur, tandis que 250 policiers et gendarmes, dont 50 du GIGN et du Raid, ont été envoyés comme renforts durant le week-end et qu’un couvre-feu a été mis en place de 23h à 5h du matin

Le candidat LFI à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon a critiqué l’envoi du GIGN et du RAID sur-le-champ, « une provocation absolument inutile ».

Selon Sébastien Lecornu, les violences sont commises par des personnes « déjà mal connues de la police ou de la justice », et « qui profitent de cette crise pour s’exprimer dans la violence ». « On voit bien qu’il ne s’agit pas d’un problème sanitaire et social », a-t-il insisté.

La veille, le président Emmanuel Macron avait dénoncé ceux qui utilisent « la santé des femmes et des hommes français pour mener des batailles politiques ».

Comme d’autres élus de droite, le président du Sénat, Gérard Larcher a demandé que M. Lecornu s’y rende « car c’est lui qui représente l’exécutif dans les territoires d’outre-mer ».

M. Lecornu a cependant indiqué qu’il n’avait pas l’intention de s’y rendre dans l’immédiat afin de ne pas « présenter une surcharge particulièrement importante pour les policiers » qui sont déjà tous sur le terrain.

Avec l’AFP

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