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Paniers de Noël pour la classe moyenne


Face à la hausse du coût de la vie, les organismes sont submergés de demandes de paniers de Noël, notamment de familles de la classe moyenne qui lèvent la main pour la première fois de leur vie.

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« On se retrouve avec des gens qui ont donné [des denrées] avant et qui viennent maintenant demander de l’aide », explique Denise Ouimet, ancienne directrice générale de l’organisme, aujourd’hui agente de développement au Relais communautaire de Laval.

À moins d’un mois des fêtes, les organismes communautaires commencent à recevoir de nombreux appels de familles cherchant de l’aide pour se procurer de la nourriture pour passer un bon souper de Noël.

Mais ce qui inquiète le plus les organisations sur le terrain, c’est le portrait changeant de ceux qui les appellent.

« Ce sont maintenant des gens qui ont une maison, une voiture, deux, trois enfants. […] Ce sont des gens qui ne sont pas venus toute l’année pour chercher de l’aide alimentaire, mais maintenant ils se sentent étranglés. Ce sont beaucoup de familles de la classe moyenne », déplore Chantal Proulx, coordonnatrice au Carrefour Alimenter l’Espoir de Blainville.

Demande croissante

Et c’est la même histoire dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies où il devient difficile de répondre à toutes les demandes.

« En plus de nos membres, nous avons des gens qui n’ont pas l’habitude de demander [de l’aide] qui nous appellent. C’est tout nouveau », explique Yolette Café, directrice du Centre d’Entraide aux Familles. Selon elle, une dizaine de familles appellent chaque semaine pour demander de l’aide pour la première fois.

Et la demande croissante se fait sentir dans toute la Belle Province.

«L’an dernier, nous avons distribué entre 60 à 70 paniers de Noël, cette année, nous en sommes déjà à 121 demandes», indique Robert Myles, vice-président de l’Association des paniers de Noël de Greenfield Park, à Longueuil, sur la Rive-Sud de Montréal. .

En Haute-Gaspésie, par exemple, on remarque que les demandes augmentent de plus en plus, indique Marjorie Maurin, directrice générale de l’organisme Partagence.

« Depuis un an, nous avons une augmentation de 25% des demandes de paniers alimentaires, c’est très gros pour nous », dit-elle.

Listes d’attente

Et si les organismes ont de plus en plus de mal à répondre à la demande, c’est que les effets de l’inflation se font sentir directement sur les dons que les organismes reçoivent (voir autre texte ci-dessous).

Au Regroupement Partage, qui s’occupe des magasins Partage dans 20 quartiers de Montréal, les listes de candidats explosent, indique la porte-parole Audrey Renaud.

Pour elle, il est clair qu’à l’heure actuelle, de nombreux ménages pensent d’abord à trouver des moyens d’avoir des denrées pour subvenir à leurs besoins alimentaires uniquement pendant les vacances, plutôt que de donner.

« Nous avons déjà 15 000 personnes inscrites [pour les paniers de Noël] et de nombreuses personnes sont déjà sur des listes d’attente. […] On a des gens qui ont des emplois, des familles dont les deux parents travaillent et qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts », explique-t-elle.

Selon ce dernier, la demande dans certains quartiers a même doublé par rapport aux années précédentes.

« Nous y sommes arrivés. La situation est critique », a-t-elle déclaré.

Paniers de Noël pour la classe moyenne

Les dons se font rares

Alors que les demandes de paniers de Noël explosent, les dons aux organismes d’aide alimentaire sont en forte baisse, faisant craindre le pire.

« Les dons se font de plus en plus rares. Ce n’est pas par manque de solidarité, mais parce que les gens doivent d’abord subvenir à leurs besoins, avant de donner aux autres », explique Denise Ouimet, du Relais communautaire de Laval.

Si les organismes ont de plus en plus de difficulté à répondre à la demande, c’est principalement parce que les effets de l’inflation se font sentir directement sur les dons que les organismes reçoivent.

Au Carrefour Alimenter l’Espoir de Blainville, nous préparons le lancement de la guignolée annuelle afin d’amasser des fonds pour acheter des aliments qui rempliront les paniers de Noël. Mais cette année, nous craignons de ne pas pouvoir récolter autant de dons que d’habitude.

« J’espère que nous aurons autant [d’argent] que la normale, mais je ne suis pas très confiant. Les gens ont beaucoup plus de difficultés, ils n’ont plus les moyens de donner », s’inquiète la coordonnatrice de l’organisme, Chantal Proulx.

grands défis

Quant à Moisson Montréal, nous savons déjà que l’hiver pourrait être difficile.

« Nous vivons un défi d’approvisionnement et les prochains mois nous apporteront leur niveau de défi », explique Audrey Bernier, responsable des communications de l’organisation.

En 2021, Moisson Montréal rapporte avoir distribué près de 17 millions de kilos de nourriture aux près de 300 organismes qu’elle dessert.

« La [pour cette année financière], après sept mois de fonctionnement, nous venons de distribuer 10 millions de kilos. Nos prévisions sont qu’en mars 2023, nous donnions un total de 20 millions de kilos, soit 3 millions de plus que l’an dernier », explique-t-elle.

Cependant, l’organisation prétend être en mesure de répondre à la demande actuelle.

« Pouvoir [de continuer à y répondre]c’est certain qu’on cherche plus de denrées », ajoute Mmoi Bernard.

Organisme

Et la hausse du coût de la vie et des courses touche évidemment aussi les grands organismes qui préparent notamment les paniers de Noël.

« Nous avons fait des ajustements avec l’inflation parce que cela affecte notre pouvoir d’achat », explique Ann St-Arnaud, directrice des communications chez Jeunesse au Soleil.

« Nous avons réservé et acheté certains aliments il y a plusieurs mois pour nous assurer que le prix n’augmente pas, nous avons acheté des aliments en vrac pour réduire certains coûts », dit-elle.

Malgré tout, l’organisme estime qu’il pourra encore venir en aide à environ 5 000 familles cette année.

Contrairement aux années précédentes, il se peut qu’il n’y ait plus de nourriture pour aider d’autres familles après les fêtes.

« Habituellement, nous avons des surplus qui nous aident à aider les familles pour les mois d’hiver. Mais là, on s’inquiète de voir si on va pouvoir aider plus de monde en janvier et février, quand tout est plus cher », indique M.moi Saint-Arnaud.

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