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Paris attaque le suspect revient au box mais tient vœu de silence
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Oussama Krayem, l’un des accusés du procès des attentats de Paris, a refusé jeudi de faire une quelconque déclaration ou de répondre à des questions sur ses convictions religieuses et son engagement avec l’État islamique en Syrie. Un témoin a parlé avec enthousiasme en son nom.

Osama Krayem est porté disparu depuis novembre.

Le tribunal s’est habitué à son refus quotidien de comparaître, suivi de la convocation formelle requise par la loi française, la poursuite en son absence.

Jeudi, il était de retour. Grand, entièrement vêtu de noir, avec de longs cheveux noir de jais et des yeux marron foncé, Krayem est une silhouette imposante. Et un silencieux.

Plus tôt ce mois-ci, dans une lettre lue au tribunal par son représentant légal, Krayem a expliqué qu’il ne participerait plus à un procès qu’il considère comme un simulacre qui conduira à sa condamnation inévitable.

Le tribunal s’est donc rabattu jeudi sur les transcriptions d’entretiens policiers avec l’accusé.

Le président du tribunal, Jean-Louis Périès, a lu ces déclarations, en jetant de temps en temps un coup d’œil à l’homme assis en silence dans le box des prisonniers.

« J’aurais aimé entendre vos observations… », a répété le président au moins une dizaine de fois. Les yeux de l’accusé ont clignoté dans sa direction puis vers le bas.

Une esquisse d’esquisse, sans détail

L’image qui s’est dégagée est celle que nous avons déjà vue.

Osama Krayem a eu une enfance heureuse dans une famille palestinienne libanaise établie à Malmö, en Suède.

Le jeune homme est passé inexplicablement d’un intérêt tiède à un intérêt sérieux pour l’islam à l’âge de 20 ans. Deux ans plus tard, en août 2014, il part pour la Syrie et les rangs de l’État islamique.

Krayem est rapidement passé au sein du califat de travailleur humanitaire bénévole à combattant d’élite. Il a été blessé lors d’un raid aérien de la coalition. Avec ses 37 000 euros d’économies, il a acheté un appartement à Raqqa.

Il a été identifié parmi ceux qui ont été témoins de l’incendie vif d’un pilote de l’armée de l’air jordanien capturé par l’État islamique.

Il travaillait dans une usine d’explosifs de l’EI et se serait porté volontaire pour une mission suicide dans la zone de guerre syro-irakienne.

Une tentative de fuite ?

Krayem a affirmé que son retour en Europe en compagnie de plusieurs assaillants terroristes était en fait une tentative de fuir une organisation dont il ne soutenait plus l’idéologie.

Comme Jean-Louis Périès l’a rappelé jeudi au tribunal, cette affirmation est contredite par les messages Facebook envoyés par Krayem aux membres de sa famille.

Krayem est soupçonné d’avoir joué un rôle clé dans la planification des attentats de Paris en novembre 2015, et dans les attentats de Bruxelles l’année suivante.

Impuissante devant le silence de son client, l’équipe juridique du suspect n’a pu qu’attirer l’attention du tribunal sur plusieurs erreurs de traduction flagrantes dans des déclarations faites en suédois. L’accusation s’est engagée à vérifier l’exactitude des versions soumises au tribunal.

Témoignage d’un héros humain

Et puis c’est au tour de Pierre-Jean Stygelbout, le seul témoin qui s’est présenté pour parler au nom d’Oussama Krayem.

Stygelbout a rencontré l’accusé grâce à son travail d’enseignant bénévole dans la prison belge où Krayem est détenu depuis son arrestation.

Le duo s’est rencontré 175 fois en quatre ans, pour des cours d’une durée de 90 minutes. Ils sont devenus amis.

Stygelbout a décrit Krayem comme ayant une personnalité stable, presque stoïque, peu sensible aux sautes d’humeur. L’accusé « n’aimait pas les situations dans lesquelles il serait perçu à son désavantage ».

Krayem est soucieux d’honorer la confiance des autres ; l’honnêteté personnelle est essentielle pour lui. Il est généreux, intelligent et capable d’une grande humanité.

Interrogé par un avocat représentant les familles de certaines des victimes parisiennes comment il pouvait associer générosité et humanité à un homme accusé de crimes aussi terribles, Pierre-Jean Stygelbout a simplement répondu : « J’ai choisi de ne pas le considérer comme barbare. C’est la seule voie à suivre. .

« Si nous voulons vivre dans une démocratie, alors les gens feraient mieux de prendre la défense de l’accusé. »

Le procès continue.


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