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Paris et Madrid face à la Commission européenne


Bruxelles a proposé mardi un mécanisme temporaire de plafonnement des prix de gros sur le marché de référence du gaz. Une proposition « insuffisante », selon le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez.

Le gouvernement espagnol a accusé mercredi la Commission européenne de « payer la tête du monde » avec une proposition de plafonnement du prix du gaz jugée inapplicable, tandis que Paris dénonçait une « affichage politique ». « Nous avions demandé à la Commission d’élaborer une proposition et, à la dernière minute, elle nous a présenté cette proposition, qui n’en est pas une »La ministre espagnole de la Transition écologique, Teresa Ribera, a déclaré aux journalistes, qualifiant cela de « plaisanter » le mécanisme souhaité par Bruxelles.

« Ce que cette proposition va générer, c’est l’inverse de l’effet recherché : elle va provoquer une hausse des prix plus importante, mettant en péril toutes les politiques de contrôle » l’inflation, a poursuivi le ministre, accusant la Commission de « pour prendre la tête du monde ». A sa suite, le ministère français de la Transition énergétique a critiqué mercredi un dispositif « insuffisant, qui ne correspond pas à la réalité du marché ». « La Commission doit proposer un texte opérationnel, pas simplement un texte qui fait politiquement étalage et qui peut potentiellement avoir des effets pervers ou nuls »a réprimandé le cabinet d’Agnès Pannier-Runacher.

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Bruxelles a proposé mardi un mécanisme temporaire pour plafonner les prix de gros sur le marché du gaz de référence de l’UE. Cette proposition est « clairement insuffisant » et « ne va pas dans le bon sens »a protesté le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez. Selon Teresa Ribera, le texte suscite une « Forte indignation d’une majorité d’Etats membres ». Madrid va« fortement opposé » à ce mécanisme lors de la réunion de jeudi des ministres européens de l’énergie, a-t-elle averti, estimant que la Commission « va entendre des choses très dures de la part de la grande majorité des ministres ».

Bruxelles veut plafonner les prix des abonnements mensuels pendant un an

Absence d’un nouveau texte « sérieuse »L’Espagne pourrait « Arrêtez simplement de soutenir les propositions de la Commission sur d’autres questions importantes pour elle », a-t-elle prévenu. Le dispositif dévoilé par Bruxelles consiste à plafonner pendant un an les prix des abonnements mensuels (pour une livraison le mois suivant) sur le marché de référence néerlandais TTF. Il serait mis en place automatiquement dès que ces prix dépasseraient 275 euros/MWh pendant deux semaines consécutives, et à condition qu’ils soient supérieurs d’au moins 58 euros à un « prix de référence mondial moyen » gaz naturel liquéfié (GNL) pendant dix jours, afin que l’Europe reste suffisamment attractive pour les méthaniers.

Mais les contrats mensuels n’ont dépassé 275 euros/MWh cette année que pendant une très brève période à la fin du mois d’août, lorsque les Vingt-Sept étaient en compétition pour remplir leurs réserves. Et les prix oscillent actuellement autour de 120 euros. Une porte-parole de la Commission a confirmé que compte tenu des conditions du mécanisme, il n’aurait pas été déclenché lors de la flambée des prix d’août, lorsque le plafond de 275 € n’a été dépassé. une poignée de jours, bien en deçà des deux semaines requises.

Cependant, « nous avons fait » ce mécanisme « d’anticiper et d’éviter que cette situation ne se reproduise à l’avenir »elle a précisé. « C’est un filet de sécurité qui est très très bas, il faut avoir fait une bonne chute libre avant d’être dedans », on rigole dans l’équipe d’Agnès Pannier-Runacher. Paris reproche également à la Commission de ne pas cibler les transactions de gré à gré (hors marchés réglementés), au risque de laisser une faille majeure dans le mécanisme.

lefigaro -fp

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