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Paris, une scène à la mesure de Thomas Jolly, l’enfant prodige du théâtre français


Thomas Jolly dans le Richard II qu’il a créé en 2015 au Théâtre national de Bretagne. JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

PORTRAIT – L’acteur et metteur en scène était en charge de la direction artistique des cérémonies des jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024.

Thomas Jolly aime relever des défis titanesques. Il travaille actuellement à Nice sur une nouvelle mise en scène de starmania, opéra rock de Michel Berger et Jean-Luc Plamondon. Inspiré de Shakespeare, il entend donner un coup de jeune à cette « monument fermé au public » depuis quarante ans. En d’autres termes, il manie la dynamite. Mais sans doute rien à côté de la nouvelle tâche dont il a hérité jeudi. Le Comité olympique français vient de le nommer à la direction artistique des cérémonies des jeux de Paris 2024. Pas de quoi effrayer cet enfant prodige des scènes françaises.

En juin, Thomas Jolly a présenté Henri VI et Richard III, deux pièces de Shakespeare montées en spectacle marathon de 24 heures, sur la scène nationale d’Angers, qu’il dirige depuis 2020. Il y incarne avec brio le dernier roi d’Angleterre de la maison d’York. Tous les spectateurs retiennent sa mise en scène de Fantaisie au Châtelet ou celui de Thyeste, de Sénèque, dans la cour d’honneur du Palais des Papes à Avignon (2018). Outre ses débuts sensationnels à l’opéra avec Eliogabalo, œuvre rare de Francesco Cavalli (2016).

Cette carrière baroque l’amène aujourd’hui à prendre la tête du grand événement que sont les cérémonies des JO de Paris. « C’est incroyable qu’un enfant du théâtre public, comme on dit souvent, s’engage pour des événements de cette dimension, estime Jean-Robert Charrier, directeur du théâtre de la Porte Saint-Martin. Il fait partie des personnalités non clivantes, il se revendique issu du public, mais sans aucun dédain pour le théâtre privé.

Thyeste, de Sénèque, à Avignon lors du festival 2018. Boris HORVAT / AFP

Tout ce que touche Thomas Jolly se transforme en or. Ce garçon né à Rouen en 1982 est aujourd’hui recherché aussi bien en France qu’à l’étranger. Selon Jean-Robert Charrier, la nomination de Thomas Jolly pour les JO est alors « logique ».« Il a cette intelligence du spectaculaire, ses paris sont destinés au plus grand nombre, il croit. Il a une patte reconnaissable entre toutes. Son nom dans starmania est l’un des gros arguments qui nous fait aller le voir.

En quinze ans et un peu moins de spectacles, l’intéressé – dont l’esprit inventif n’a d’égal que sa générosité – est passé de l’ombre à la lumière. Au lycée, il avait pris l’option théâtre. Il poursuit avec le conservatoire et l’école du Théâtre National de Bretagne. Il est un élève attentif dans les classes de trois pointures du réalisateur : Claude Régy, Jean-François Sivadier et Stanislas Nordey. En créant sa propre compagnie en 2006, à 24 ans, Thomas Jolly se distingue par un premier spectacle au festival Impatience à l’Odéon-Théâtre de l’Europe : avec sa Piccolia Familia, il donne Arlequin poli par l’amour, par Marivaux. Emballé par son audace, Olivier Py l’invitera au festival d’Avignon. Thomas Jolly va enflammer la cité des Papes avec Henri VI, de Shakespeare, dix-huit heures d’un spectacle extraordinaire.

Quoi qu’il entreprenne, Thomas Jolly n’oublie jamais ses débuts de comédien, tient à s’abandonner au texte. « Humainement, il est très investi dans son travail, admire Jean-Robert Charrier. Très cash, et en même temps à l’écoute, ouvert à la discussion.” Passionné et fébrile, survolté, Thomas Jolly s’attaque aux sommets avec un plaisir sans cesse renouvelé. Et il est sur la bonne voie pour remporter une autre médaille d’or en 2024.

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