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Ponts, barrages, digues… Comment la sécheresse déstabilise les infrastructures

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Depuis plusieurs semaines, la sécheresse frappe le Pô en Italie. m.bonotto/stock.adobe.com

Aux Pays-Bas, en Italie ou encore en France, le manque d’eau a diverses conséquences sur les ouvrages d’art, de la simple fissuration aux glissements de terrain.

Cet été, une sécheresse historique touche l’Europe mais aussi la France. Actuellement, 93 départements sur 96 connaissent des restrictions d’eau et une réunion de crise sécheresse s’est tenue lundi au ministère de l’Agriculture. Une telle situation a des conséquences sur notre quotidien, nos habitations mais aussi… nos infrastructures. En effet, les ponts, digues et barrages européens sont mis sous pression par le manque d’eau.

La sécheresse, ennemie de l’argile

C’est par exemple le cas des digues aux Pays-Bas. En pénurie d’eau depuis le 2 août, le pays constate que les constructions en question sont fragilisées par la sécheresse, notamment les petits ouvrages qui sont indispensables pour drainer l’eau et assécher les polders. «  Aux Pays-Bas, de nombreuses digues sont constituées de revêtements de sable et surtout d’argile qui posent problème en cas de sécheresse.», explique Édouard Durand, expert géotechnique et risques naturels, spécialiste des digues pour le CEREMA. « Ces matériaux argileux, lorsqu’ils sèchent, connaissent une variation de volume très importante et des fissures apparaissent sur les crêtes, digues et remblais. En effet, cette couche d’argile assurant l’étanchéité peut perdre son rôle avec cette situation », a-t-il ajouté.

Aux Pays-Bas, les digues de l’île de Texel souffrent d’une extrême sécheresse. Jasper Suijten/stock.adobe.com

Et la France ne fait pas exception en ce qui concerne ses propres digues : « Certains ouvrages sont surveillés depuis plusieurs années car ils présentent des fissures, sur la côte atlantique notamment», explique le chercheur. Le principal problème étant la variation de l’eau autour de ces ouvrages explique Édouard Durand. En effet, si ces variations sont trop importantes, elles impactent les matériaux argileux. Ces impacts peuvent conduire à ces fissures mais aussi à des glissements voire, dans des cas extrêmes, à un effondrement lors d’une crue, où une brèche s’ouvre à travers les fissures. Ces fluctuations devant se multiplier avec le changement climatique, la «la surveillance doit être renforcée», considère Édouard Durand, qui précise : « Aux Pays-Bas, sur certaines digues, elles doivent arroser pour éviter la fissuration et maintenir un certain niveau d’eau. Cependant, cela a des coûts et cela n’aide pas le problème de la sécheresse ».

Engazonnement des infrastructures pour lutter contre les variations d’eau

De plus, ce problème ne concerne pas seulement les digues mais aussi, dans une moindre mesure, les ponts où l’eau a tendance à se raréfier. C’est le cas, entre autres, de l’Italie où le Pô est à sec depuis plusieurs semaines. Cependant, les ponts installés sur des sols argileux peuvent subir les conséquences de la dessiccation : « en particulier sur les appuis sur lesquels sont posés les ponts. La chaleur et la sécheresse peuvent les faire se dilater», observe Roland Abou, spécialiste des ponts et ouvrages d’art au CEREMA.

Un inspecteur de digues effectue des contrôles le long de la Rotte à la recherche de fissures de sécheresse, d’affaissements ou d’autres dommages dus au temps sec persistant à Zevenhuizen, aux Pays-Bas, le 27 juillet 2022. Phil Nijhuis/ANP/AFP

La sécheresse n’épargne pas non plus les barrages : Les barrages, contrairement aux digues, sont remplis d’eau en permanence. Si certaines parties sont exposées à cause de la sécheresse, il peut également y avoir une dégradation.», souligne Edouard Durand. Il ajoute que cette sécheresse entraîne aussi des difficultés d’approvisionnement lorsque le barrage sert à produire de l’électricité, mais pas seulement : «  Il faut aussi alimenter le fleuve et les gestionnaires ont l’obligation de le faire. Il est essentiel de maintenir la vie dans les cours d’eau « . Conséquences déjà subies par le barrage de Fabrèges, dans les Pyrénées-Atlantiques. Celui-ci alimente en eau la vallée d’Ossau et n’a jamais connu une réserve aussi faible.

Cette photo prise le 19 août 2022 montre le barrage de Serre-Ponçon à Savines-le-Lac, dans les Alpes françaises, alors que le niveau d’eau du lac a baissé de 14 mètres en raison de la sécheresse. Joël SAGET / AFP

Cependant, l’impact de la sécheresse est encore minime pour la plupart des ouvrages d’art français : « aujourd’hui ils sont plutôt conçus pour éviter d’avoir trop d’eau, donc la sécheresse a moins de conséquences», réagit Roland Abou. Malgré tout, des mesures ont été prises pour renforcer les infrastructures : « Une des solutions consiste à engazonner les ouvrages, notamment les digues», raconte Édouard Durand. Le spécialiste explique que cet enherbement permet non seulement de maintenir l’humidité au même niveau tout en empêchant la pénétration de la sécheresse. «  Et puis, il faut dire que le phénomène de sécheresse est assez récent donc des études sont en cours pour répondre au mieux à ces changements. conclut le chercheur.

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