Skip to content
Pourquoi la France peine à traverser la crise de l’énergie

[ad_1]

La grande industrie nucléaire française signifie qu’elle est beaucoup moins dépendante des combustibles fossiles russes que ses voisins européens. Alors pourquoi s’inquiète-t-il autant des coupures d’électricité cet hiver ?

La décision de la Russie de réduire considérablement les exportations de gaz vers l’Europe en réponse aux sanctions liées à son invasion de l’Ukraine menace de faire un hiver plus froid que la moyenne.

Le président Emmanuel Macron a averti les Français de se préparer à des temps difficiles.

La France est quelque peu protégée car contrairement à l’Allemagne, qui importe 55 % de son gaz de Russie, les importations russes ne représentent que 17 % de l’approvisionnement en gaz de la France, la part du lion provenant de la Norvège.

Le gaz est principalement utilisé pour le chauffage des bâtiments, dans l’industrie et pour produire de l’électricité.

Stockage

En prévision des coupes russes, la France a commencé à s’approvisionner auprès de sources alternatives.

Plus tôt ce mois-ci, le ministre français de l’Economie, Bruno Le Maire, a déclaré que ses installations de stockage de gaz étaient pleines à plus de 90 %.

« La France est bien préparée », a-t-il déclaré.

Quoi qu’il en soit, la majeure partie de l’électricité française – environ les deux tiers – est produite par ses centrales nucléaires.

Mais ce réseau électrique est mis à rude épreuve avec plus de la moitié des 56 centrales nucléaires du pays actuellement hors service, que ce soit pour un entretien de routine ou des problèmes de sécurité liés à la corrosion.

La réduction de l’offre nucléaire a conduit la France à faire appel à ses voisins, notamment le Royaume-Uni, pour fournir de l’électricité supplémentaire via des câbles sous-marins.

La crise énergétique, associée à la flambée des prix, a contraint plusieurs entreprises énergivores, dont le fabricant de verre Duralex, à réduire leur production ou à fermer temporairement.

« Rassurant mais pas réaliste »

Dans une tentative de rassurer, le fournisseur d’électricité majoritairement public français EDF a annoncé que toutes les centrales nucléaires seront opérationnelles d’ici la fin de l’année.

« Le signal est rassurant mais pas réaliste », estime Yves Marignac, expert nucléaire du think tank Négawatt, qui travaille sur la transition énergétique.

Il juge le calendrier trop ambitieux.

« Il n’est pas question qu’EDF puisse redémarrer l’ensemble des 32 réacteurs d’ici cet hiver. Même le calendrier d’EDF de les redémarrer progressivement avec une fin en février ne devrait pas se produire […] Techniquement, les réparations ne peuvent pas être réalisées en si peu de temps », déclare Marignac.

Pleins feux sur la France, épisode 80 © RFI

Cette histoire est apparue pour la première fois dans le podcast Spotlight on France. Écoutez Yves Marignac ici.

L’éolien, une alternative impopulaire

Le nucléaire est présenté comme une énergie à faible émission de carbone, cruciale à un moment où le monde est confronté non seulement à une crise énergétique mais aussi à une crise climatique.

Or la dépendance des réacteurs nucléaires à l’uranium ne permet pas de le considérer comme une énergie renouvelable, contrairement à l’éolien que la France développe également.

Il vise à augmenter la quantité d’électricité produite par les parcs éoliens de 8% à 15% d’ici une décennie.

Il y a 8 000 parcs éoliens à travers le pays, tandis que le premier parc éolien offshore a été ouvert en juin à St Nazaire en Bretagne.

De nombreux autres projets sont en préparation, mais ils se heurtent à une opposition croissante.

La Somme dans le nord de la France compte 747 fermes, plus que tout autre département. Bien qu’ils apportent des revenus indispensables, les habitants ont intenté une action en justice pour essayer d’arrêter les projets de parcs éoliens.

Ils citent le bruit, les dommages causés à la faune et surtout l’impact des éoliennes sur le paysage.

Renvoyer la balle?

À l’approche des élections présidentielles de cette année, les politiciens ont puisé dans le mécontentement pour gagner des voix.

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national d’extrême droite, a promis de démanteler tous les parcs éoliens.

L’homme politique de droite Xavier Bertrand, président de la région des Hauts-de-France qui compte la plus grande concentration d’éoliennes en France, a financé des groupes anti-éoliens.

« Les gens en ont assez d’être entourés d’éoliennes », a-t-il déclaré. « Les paysages et la nature font partie du patrimoine français art de vivre et nous le dégradons. Si nous voulons une énergie sans carbone, nous devons continuer à soutenir le nucléaire.

L’expert nucléaire Marignac dit que l’opposition aux centrales éoliennes terrestres a été alimentée par des gens de l’industrie nucléaire et de la droite.

« La droite et surtout l’extrême droite ont été extrêmement virulentes contre l’énergie éolienne, appelant à protéger les zones rurales de ce genre d' »invasion » », dit-il.

Elle repose sur l’idée que les réacteurs fournissent une électricité garantie, bon marché et décarbonée, et que l’éolien local n’est donc pas nécessaire. Mais il conteste cela.

« L’industrie nucléaire et ses partisans tentent d’échapper à la responsabilité de la crise actuelle et de mettre la responsabilité sur les épaules du gouvernement et du mouvement pro-renouvelables », déclare-t-il.

« Mais cela ne peut pas tenir à long terme. Il est clair que c’est l’échec de l’industrie nucléaire elle-même, ainsi que la forte dépendance du système électrique français [on] ce parc nucléaire, qui a conduit à la crise actuelle.

Efficacité énergétique et suffisance

Face aux carences du nucléaire et à la lenteur des énergies renouvelables, la France doit trouver d’autres approvisionnements pour éviter les coupures d’électricité cet hiver.

Elle a pris la décision controversée de rouvrir une centrale au charbon à Saint-Avold dans l’est de la France en octobre.

Et comme beaucoup de ses voisins européens, il mise sur la réduction de la consommation d’énergie grâce à des mesures d’efficacité énergétique.

La Première ministre française Elisabeth Borne a appelé les entreprises à réduire leur consommation d’énergie de 10% par rapport à 2019 et à proposer des plans d’économie d’énergie.

Les ménages individuels sont également invités à faire un effort.

Pour Marignac, la convergence d’une crise énergétique et climatique signifie « qu’il y a plus de place pour un coup de pouce pour les énergies renouvelables ». C’est aussi l’occasion d’avancer sur l’autonomie énergétique.

« En raison de cette crise, mais aussi en raison de la non-durabilité globale de nos modes de surconsommation, la plupart des gens comprennent le besoin de suffisance et sont donc prêts à répondre à ce que le gouvernement exige », dit-il.

Mais cela est conditionnel à ce que ces mesures soient « équitablement mises en œuvre » dans tous les domaines.

[ad_2]

rfi

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.