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pourquoi le Portugal n’assume pas son statut de favori


DÉCRYPTAGE – S’il possède l’un des meilleurs effectifs de la Coupe du monde, le Portugal, qui affronte le Ghana ce jeudi (17 heures), ne réalise pas son potentiel sur le terrain.

Chaud… puis froid. Le 11 novembre, Fernando Santos a dévoilé la liste des 26 joueurs appelés à représenter le Portugal à la Coupe du monde 2022. De la défense à l’attaque, les noms font rêver. Ils placent automatiquement la « Seleção das Quinas » parmi les prétendants au titre. « Les favoris sont comme dans les championnats nationaux, dévié Santos. Quand une saison commence, dans n’importe quel pays, qui est le favori ? Celui qui a gagné la saison dernière. Le favori est donc la France.»

L’analyse est simpliste, car les sélections, à commencer par les Bleus, ont toutes évolué depuis 2018, certaines plus que d’autres. Mais une analyse symptomatique de la réticence du Portugal à lâcher les chevaux, sur le terrain comme dans son ambition. « Les favoris sont le Brésil, l’Argentine, la France et l’Allemagne, a désigné Cristiano Ronaldo en conférence de presse lundi. Mais il peut toujours y avoir des surprises.»

7 Portugais candidats au Ballon d’Or depuis 2019

Sur le papier, ne pas inclure le Portugal dans ce club aux gros bras est une hérésie. Sur les trois derniers classements du Ballon d’Or, il a placé 7 joueurs différents, tous présents au Qatar. Il compte également 7 de ses 26 joueurs qui ont remporté l’Euro 2016, le premier titre de l’histoire du pays. Expérience, fraîcheur et talent sur toutes les lignes : mais alors, où est le problème ? C’est la réalité sur le terrain. La Seleção n’a pas convaincu sur les dernières rencontres. Décevant dans le jeu, il n’est logiquement pas allé au-delà du huitième de finale de l’Euro, il y a un an, éliminé par la Belgique (1-0).

Elle a failli faire pire en fin d’année, lors des éliminatoires de la Coupe du monde. Après un pitoyable 0-0 en Irlande, elle a joué la défense à domicile face à la Serbie. Et j’ai été puni au 90e minute par Aleksandar Mitrovic (défaite 2-1), l’obligeant à enchaîner les barrages contre la Turquie (3-1) et la Macédoine du Nord (2-0). Le pragmatisme de Fernando Santos, qui avait payé à l’Euro 2016, s’est essoufflé. Et il agace, car outre Ronaldo, le prodigieux João Félix, le meilleur joueur de Serie A Rafael Leão ou encore le maestro Bernardo Silva font saliver les observateurs.

Frustration en attaque, confiance en défense

D’autant que, ponctuellement, le Portugal a craché des flammes, contre la Suisse (juin 2022, 4-0), la République tchèque (septembre 2022, 4-0) ou le Nigeria avant le Mondial (novembre 2022, 4-0). « Nous avons un énorme potentielacquiesça Ronaldo. La bonne formule, Santos (68) la cherche encore. Quoi qu’il arrive, il le construira autour d’un « CR7 » sur le déclin, bien que toujours capable de coups brillants. Il cherchera à inclure le milieu de terrain Bruno Fernandes qui n’a jamais convaincu sur ses 49 sélections, et dont la compatibilité avec Ronaldo laisse perplexe.

Le seul mot qui est écrit dans notre vestiaire est « nous ». C’est le point de départ et sans lui, rien n’existe.

Fernando Santos, sélectionneur du Portugal.

Enfin, comme souvent chez les Rouge et Vert, les garanties sont à l’arrière. Ruben Dias (25 ans) récupère progressivement le flambeau de l’inoxydable Pepe, attendu comme titulaire à 39 ans. A moins que le fidèle soldat du PSG, Danilo Pereira, ne lui soit préféré. A gauche (Raphaël Guerreiro et Nuno Mendes) comme à droite (João Cancelo et Diogo Dalot), le choix est vaste. Et dans les cages, tout un pays adoube le gardien du FC Porto Diogo Costa, qui a délogé Rui Patricio.

Le Portugal est toujours en train de réviser sa leçon pour qu’il réussisse l’examen, et tout le monde lui reprocherait de ne pas avoir obtenu la mention. Il se cache, encore une fois, derrière sa carapace extérieure. Il est vrai qu’à l’Euro 2004 (finaliste) et à la Coupe du monde 2006 (demi-finaliste), sa génération dorée (Deco, Figo, Pauleta…) est sortie fanny. « Le seul mot qui est écrit dans notre vestiaire est « nous ». C’est le point de départ et sans lui, rien n’existe« , a cimenté Santos, qui a promis une équipe »dynamique et créatif« . Du moins jusqu’à ce que l’enjeu prenne le pas sur le jeu.

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