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Première espionne de la CIA à Moscou : Martha Peterson raconte




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New York (États-Unis).– Martha Peterson, 77 ans, pourrait ressembler au personnage de la vieille dame du Titanesque. Le genre à dissimuler, derrière ses lunettes et ses boucles blondes, une incroyable histoire. Il n’y a qu’à écouter le son de sa voix, l’excitation palpable aujourd’hui encore quand elle évoque son passé. Comme si tout avait eu lieu hier : comme si les mains des agents du KGB, qui l’agrippent en ce 15 juillet 1977 dans une rue de Moscou, étaient encore posées sur son corps, sur sa poitrine, à essayer de la contenir, à arracher son système d’oreillette diffusant en secret les messages radio de l’adversaire.

Ce jour-là, les agents du KGB auraient bien voulu interroger Martha. À la célèbre prison de la Loubianka où elle est emmenée après son arrestation, « l’homme chargé de [s]à l’interrogatoire » s’est montré « très en colère ». « Il était très hostile à mon attendu », se souvient-elle. Et pour cause. « Tout ce qu’il avait c’était un cadavre sur le dos » et une jeune femme de 32 ans avec un passeport diplomatique. « Aucun aveu. »

© Photo illustration Justine Vernier / Mediapart

À l’autre bout de la table, face à l’homme, Martha aussi est dans le flou. Elle non plus ne sait pas ce qui a déraillé. Le plan était pourtant parfaitement ficelé. Martha, une espionne de la CIA, la première opérationnelle à avoir été nommée à Moscou, avait rendez-vous avec l’une des plus importantes sources russes de l’agence : « Trigon ». Pour limiter les risques, Trigon (désigné sous son nom de code) et Martha n’avaient communiqué jusque-là que par « boîtes aux lettres » interposées, sans jamais se croiser.

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