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Stewart Rhodes, le leader d’extrême droite prêt à déclencher une « guerre civile » aux États-Unis

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Le fondateur de la milice Oath Keepers risque jusqu’à 20 ans de prison pour complot « en vue d’empêcher la passation pacifique du pouvoir », et utilisé des moyens lors de l’assaut contre le Capitole le 6 janvier 2021.

Stewart Rhodes, accusé de « sédition » pour son rôle dans l’attentat contre le Capitole, illustre le basculement de l’extrême droite américaine, de l’opposition au gouvernement fédéral à la défense farouche et armée de Donald Trump. Arrêté jeudi, le fondateur de la milice « Oath Keepers », âgé de 56 ans, a comparu vendredi 14 janvier devant un juge fédéral du Texas, qui a ordonné son maintien en détention provisoire. La justice l’accuse d’avoir comploté « en vue d’empêcher la passation pacifique du pouvoir », utilisant des moyens violents contre le siège du Congrès, le 6 janvier 2021.

« Il s’était créé une sorte de personnage mythologique : il se voyait comme une sorte de personnage historique et d’une certaine manière, c’est arrivé », a réagi sur CNN sa femme, Tasha Adams, qui se bat depuis 2018 pour obtenir le divorce d’un homme, selon elle, « dangereux ». Stewart Rhodes a un parcours atypique : engagé dans l’armée après le lycée, il retrouve rapidement la vie civile après un mauvais saut en parachute. Autre accident : en 1993, il est blessé par arme à feu et perd son œil gauche. Il a depuis porté un bandeau noir distinctif. Après être retourné à l’école, vivant du salaire de sa femme comme strip-teaseuse, il a obtenu un diplôme en droit de la prestigieuse faculté de Yale, mais s’est installé dans le Nevada, loin des grands cabinets d’avocats payants.

Formation paramilitaire

Farouchement opposé à un État fédéral jugé oppressant, il écrit sur des blogs libertaires et participe à la campagne présidentielle de 2008 du leader de ce mouvement, Ron Paul. Après la victoire de Barack Obama en 2008, Stewart Rhodes a formé son propre mouvement. Son objectif : recruter des hommes et des femmes ayant une expérience militaire ou policière, prêts à « tenir son serment » (« tenir son serment ») par « défendre la Constitution contre tout ennemi étranger ou national ». Le groupe s’appelle Oath Keepers. Il s’agissait à l’époque de protéger les libertés individuelles – comme le port d’armes – contre le pouvoir fédéral. Stewart Rhodes insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un « milice », que la violence ne doit être utilisée qu’en dernier recours. Petit à petit, un basculement s’amorce. Il crée des équipes avec une formation paramilitaire. En 2014 et 2015, ils ont notamment été déployés dans l’ouest auprès d’éleveurs en conflit armé avec le gouvernement.

Autre tournant, en 2016. Comme d’autres mouvements radicaux, les Oath Keepers – qui comptent désormais quelques milliers de membres – ont été galvanisés par l’arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump, dont ils partageaient les thèses complotistes, notamment sur l’existence d’un « État profond » qui serait secrètement piloté par des élites. Vêtus d’uniformes militaires et armés, ils sortent au grand jour en 2020 lors des manifestations contre les restrictions imposées pour endiguer la pandémie, puis lors de la vaste mobilisation antiraciste de l’été pour, disent-ils, protéger les commerces des pillages. .

Conquis par Donald Trump, Stewart Rhodes se présente aux meetings pour sa réélection et refuse, après le scrutin, de reconnaître sa défaite. « On ne peut pas s’en sortir sans une guerre civile », écrivait-il en novembre à ses partisans, avant d’entamer les préparatifs pour bloquer la passation du pouvoir. Pour lui, il s’agit « patriotisme ». Selon l’acte d’accusation, il dépense des milliers de dollars pour acheter des armes, qu’il stocke près de Washington, et organise le transport de militants vers la capitale, où le 6 janvier 2021, des élus du Congrès doivent certifier la victoire du démocrate Joe Biden. Le jour J, par messagerie cryptée, il donne ses ordres, sans entrer lui-même au Capitole. « Il est très doué pour faire prendre tous les risques aux autres », a commenté sa femme dans le Los Angeles Times.

Cela n’aura pas suffi à le protéger de la justice. Accusé de « sédition » avec dix autres Oath Keepers, l’accusation la plus lourde retenue à ce stade, il risque jusqu’à 20 ans de prison.


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