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Taux d’intérêt : une « tempête parfaite » dans l’immobilier, estime un entrepreneur du BTP

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Un entrepreneur en construction qui envisage de suspendre des projets en raison de la flambée des taux d’intérêt comprend le malaise des acheteurs surpris à payer la facture.

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« Plus j’augmente mes frais, plus c’est difficile pour les gens pour la mise de fonds et l’hypothèque », témoigne Mélanie Robitaille, vice-présidente-directrice générale et actionnaire de l’entreprise québécoise Rachel Julien.

Aujourd’hui, les nouveaux acheteurs obtiennent une hypothèque à 5 %, 6 % ou 7 %. Du coup, le coût à payer devient « insupportable », selon elle.

« Les revenus nécessaires pour accéder à l’achat d’un bien immobilier neuf sont rendus déraisonnables. Un couple de professionnels aura du mal à acheter un condo sur l’île avec la hausse des taux d’intérêt », déplore-t-elle.

À l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), nous ne prévoyons pas d’accalmie de sitôt.

« On s’attend à une baisse des mises en chantier l’an prochain de 12.000, soit 21%, à 46.000, contre 58.000 en 2022 », analyse son directeur du département économique, Paul Cardinal.

« Nous avons des chutes dans les bureaux de vente. Nos entrepreneurs nous le disent. Ça bouscule moins », imagine-t-il.

« Le marché immobilier a été le premier à être touché par la hausse des taux d’intérêt », a récemment observé l’économiste en chef de Desjardins, Hélène Bégin.

Et les matériaux les plus chers…

Sur le terrain, les entrepreneurs en construction subissent le poids des tarifs.

« Et je ne parle pas des augmentations fulgurantes des matériaux de construction et des retards sur les chantiers », poursuit Mélanie Robitaille de l’entreprise de construction Rachel Julien.

Pour l’actuaire de formation, c’est la « tempête parfaite ».

L’entreprise fondée par son oncle il y a 40 ans n’a jamais rien vu de tel lors de la construction de ses 4 000 unités à Montréal.

Heureusement pour elle, ses plans sont pré-vendus. Sa PME a une colonne vertébrale solide. Ce qui l’inquiète, ce sont plutôt les lancements de nouvelles constructions.

« Est-ce que je veux vraiment me financer à 7 % d’intérêt pour construire un projet immobilier à Montréal où les gens auront du mal à l’acheter ? se demande-t-elle à haute voix.

À EnregistrerMélanie Robitaille insiste : le marché n’a absolument rien à voir avec celui des années 1980 où l’on trouvait aussi des taux très élevés.

« Oui, les taux d’intérêt étaient plus élevés, mais les maisons coûtaient 40 000 $ ! Aujourd’hui, on a une dynamique complètement différente », souffle-t-elle.

« C’est un triste moment à passer. Cela va durer quelques mois », conclut-elle.

Selon la Commission de la construction du Québec (CCQ), il y aura une légère baisse de près de 4 % des heures travaillées l’an prochain. On devrait passer de 210 millions d’heures travaillées en 2022 à 202 millions en 2023.

Les investisseurs refroidis par les hausses

Après l’engouement pour l’immobilier, le réveil est brutal pour les investisseurs, aux prises avec des « chiffres qui ne marchent plus » quand vient le temps de faire fructifier leur argent dans des projets, selon Royal LePage.

« Le coût d’acquisition augmente de 15 % par an. Le financement passe de 2 % à 6 %. Quant aux revenus, vous avez de la chance si vous parvenez à les augmenter de 2 %. Ce n’est plus rentable », résume Marc Lefrançois, courtier immobilier et porte-parole de l’agence Royal LePage.

Mercredi dernier, la Banque du Canada a relevé son taux directeur de 50 points de pourcentage supplémentaires, le faisant passer de 3,75 % à 4,25 %.

remède cheval

Cependant, les premiers acquéreurs ne sont plus les seuls à subir les effets du remède du cheval pour contrer l’inflation, les investisseurs y goûtent aussi.

« On vendait des plex à des taux de rendement presque négatifs », raconte Marc Lefrançois, qui subit les contrecoups des hausses répétées du marché.

« Les banques sont aussi un peu plus prudentes. Ça se sent », ajoute-t-il.

Pour Paul Cardinal, directeur du service économique de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), ce sont surtout les taux d’intérêt exorbitants qui jouent les trouble-fête.

« Nous attendons que les taux d’intérêt baissent et/ou s’améliorent », souligne-t-il

Patience

D’ici là, les investisseurs doivent faire preuve de patience alors que les vents contraires s’apaisent.

« Tout le monde est plus prudent. Il a un effet d’entraînement. Il y a un refroidissement », conclut Marc Lefrançois, de Royal LePage.

Au troisième trimestre de 2022, les ventes de maisons unifamiliales ont chuté de 13 %, de condos de 25 % et de plex de 34 %, selon le baromètre résidentiel de l’Association professionnelle des courtisans immobiliers du Québec (APCIQ).

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