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Twitter accusé de manipulation par son ex-chef de la sécurité

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NEW YORK | L’ancien chef de la sécurité de Twitter a accusé le réseau social de dissimuler des vulnérabilités dans son système de protection et de mentir sur sa lutte contre les faux comptes, au coeur d’un différend judiciaire l’opposant à Elon Musk.

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Dans un document de 84 pages transmis le mois dernier au régulateur américain de la bourse (SEC), au département américain de la Justice (DOJ) et à l’autorité américaine de la concurrence (FTC), révélé mardi par le Washington Post et CNN, Peiter Zatko dénonce « échecs graves et choquants, ignorance volontaire et menaces à la sécurité nationale et à la démocratie ».

Twitter, dans un communiqué transmis à l’AFP, a assuré que la sécurité et la protection des données figuraient parmi ses priorités. Pour le groupe, la plainte est « truffée d’incohérences et de flous ».

L’entreprise a également accusé son ancien dirigeant d’opportunisme visant à « porter atteinte à Twitter, à ses clients et à ses actionnaires ».

Dans la plainte, M. Zatko mentionne des serveurs obsolètes, des logiciels vulnérables aux attaques informatiques et affirme que les dirigeants de Twitter ont cherché à cacher le nombre de tentatives de piratage aux autorités américaines ainsi qu’aux membres du conseil d’administration.

Il affirme également que la société a toujours donné la priorité à la croissance de sa base d’utilisateurs plutôt qu’à la lutte contre le spam et les bots.

M. Zatko qualifie notamment de mensonge un tweet publié en mai par le patron de la plateforme, Parag Agrawal, dans lequel le dirigeant assurait que Twitter faisait tout pour détecter et supprimer au plus vite les spams.

La question des faux comptes est au coeur de la bataille judiciaire entre Twitter et Elon Musk, le milliardaire ayant accusé à plusieurs reprises l’entreprise de minimiser la proportion de faux comptes et de spam, estimée à 5% par la plateforme.

M. Musk compte sur cet argument pour justifier l’abandon début juillet de son projet de rachat de Twitter pour 44 milliards de dollars et éviter de payer des indemnités de départ.

« Nous avons déjà assigné M. Zatko à comparaître et nous trouvons son licenciement et celui d’autres employés clés étranges à la lumière de ce que nous avons découvert », a déclaré Alex Spiro, l’un des avocats de M. Musk, dans un communiqué. un mail envoyé à l’AFP.

M. Zatko a été licencié en janvier, en raison de « un leadership inefficace et de mauvaises performances », selon un porte-parole de Twitter.

Ancien hacker connu sous le surnom de « Mudge », il a été embauché fin 2020 par le co-fondateur et ex-patron de Twitter, Jack Dorsey, après le piratage des comptes de nombreuses personnalités (Joe Biden, Barack Obama, Elon Musk, Jeff Bezos, Kim Kardashian, etc.).

Selon le Washington Post et CNN, la commission du renseignement du Sénat américain souhaite parler à M. Zatko pour discuter de ses accusations.



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