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Un syndicat protège son président

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Plongé dans un climat de travail « malsain », le syndicat des professionnels de l’État a négocié le retrait de griefs dénonçant notamment l’attitude « agressive et intimidante » de son président et proposé une indemnité de 60 000 $ pour la démission d’un employé.

• Lisez aussi : Le SPGQ perd son président

Des documents obtenus par notre Bureau parlementaire démontrent que le Syndicat des professionnels et professionnelles du gouvernement du Québec (SPGQ) a tenté de cacher cette histoire embarrassante pour sa présidente de l’époque, Line Lamarre.

« Si l’entente de règlement est acceptée, ***** s’engage à suspendre ses griefs et ne déposera pas sa 2e réclamation pour récidive auprès de la CNESST », précise le procès-verbal d’une réunion du comité exécutif en date du 23 juillet 2020. Le journal a choisi de ne pas identifier l’employé.

Dans un grief déposé six mois plus tôt, on peut lire que le président aurait eu une « attitude agressive et intimidante » envers l’employé en question.

La plainte faisait notamment référence à l’article de la convention collective intitulé « Discrimination, harcèlement et violence ».

Le salarié « souhaite quitter le SPGQ », précise le procès-verbal.

Protéger l’organisation

Les membres du comité exécutif ont donc voté à l’unanimité en faveur de l’offre de règlement d’un montant d’environ 60 000 $ « afin de protéger l’organisation », poursuit le résumé de l’assemblée.

« De plus, certains membres de l’exécutif sont d’avis que s’ils poursuivaient les poursuites contre elle, les sommes engagées pourraient s’avérer plus élevées y compris le temps et l’énergie consacrés », peut-on lire.

Line Lamarre s’est abstenue lors du vote, car elle était concernée par le dossier.

Contactée pour commentaires, l’employée en question a refusé de témoigner, affirmant que son accord de départ lui interdisait explicitement de parler aux médias.

« Toutes les personnes encore en place ont une responsabilité. Mon histoire, c’est arrivé sous les yeux de tout le monde », a-t-elle déclaré avant de mettre fin à la conversation.

En entrevue, Line Lamarre affirme que la décision visait à trouver un accord à l’amiable, même si l’ancienne présidente assure qu’elle aurait eu de « très bonnes chances » de gagner en contestant le grief. « Aussi bête que cela puisse paraître, nous avons voulu aider l’employée plutôt que lui faire du mal », raconte Line Lamarre.

Les coûts d’une contestation judiciaire auraient été similaires à ceux de l’accord négocié, soutient-elle. « Il vous manque tout un contexte », dit Mme Lamarre. L’accord de confidentialité, dit-elle, l’empêche d’en dire plus.

« On a choisi d’agir pour protéger le SPGQ, pour protéger les employés, même ceux qui étaient déficients », a déclaré l’ancien président. Je n’étais pas seul à la tête du SPGQ. »

« Environnement de travail malsain »

L’histoire de cet employé est loin d’être un cas isolé. Le journal s’est entretenu avec six autres personnes qui ont dénoncé un climat toxique sous la présidence de Line Lamarre, en poste jusqu’à la mi-novembre.

Dans sa lettre de démission remise le 17 janvier, le quatrième vice-président a dénoncé « un climat de travail malsain ».

« Dans mon expérience de gestion au SPGQ, j’ai personnellement vu des employés en larmes suite à des interventions du président, écrit Armel Seh.

« Dans cet environnement de menace, de contrôle excessif, d’intimidation, d’attitude vindicative, de manipulation et de tentative de musellement, mes valeurs personnelles ont été profondément touchées », poursuit-il. Une employée contactée pour ce rapport affirme, pour sa part, avoir vécu « un climat de terreur » au SPGQ.

Un autre dit qu’il est parti « parce que le reste m’aurait rendu malade ».

« Il n’y a pas eu une réunion, une discussion qui ne se soit terminée par une menace », a déclaré cet ex-salarié.

PROBLÈMES DE GESTION

Un rapport de la commission de surveillance du SPGQ, déposé le 26 novembre, fait état d’enjeux majeurs dans la gestion de l’organisation.

  • Un élu, non identifié, s’est vu rembourser plus de 25 000 $ pour des dépenses non conformes (absence de pièces justificatives, dépenses depuis plus d’un an, nuitées ne répondant pas aux critères prévus par la réglementation, indemnité de dîner que déjà prévue lors des réunions ) sans justification de l’exécutif.
  • Par ailleurs, « certains membres de l’exécutif ont été absents ou en travaux légers pendant une longue période, sans justification médicale tout en conservant 100% de leur rémunération ».
  • La commission constate une augmentation de l’absentéisme au SPGQ. « La nature des absences : notamment les départs et les absences prolongées (maladie). Ces absences ont donc un impact majeur sur l’état général du SPGQ. »
  • Certains membres de l’exécutif n’ont pas pris de vacances depuis plusieurs années. « Une pratique semble s’être établie, à savoir laisser un temps de récupération pour compenser le grand nombre d’heures travaillées dans l’encadrement. »
  • La commission n’a pas pu « obtenir d’informations sur les débours générés par les accords confidentiels ».

Le syndicat représente plus de 32 000 membres, principalement des professionnels de la fonction publique, mais aussi de l’enseignement supérieur et des entreprises publiques.

Guerre interne au SPGQ

Line Lamarre et son successeur, Guillaume Bouvrette, affirment qu’un conflit règne au sein de la direction du SPGQ. Mais tous deux rejettent l’idée d’un climat néfaste pour les salariés.

«Je suis présentement en congé de maladie parce que, politiquement, il y a eu beaucoup de violence dans les instances du SPGQ», raconte l’ancien président, qui a quitté ses fonctions le 14 novembre pour des «raisons personnelles», trois ans après son entrée en fonction.

Mme Lamarre se dit victime d’une « campagne de diffamation » de la part d’ex-collègues. « Parce que nous avions une organisation à redresser. Certains privilèges ont été résiliés. Alors, bien sûr, il y a des gens qui ne sont pas contents », dit-elle.

Son successeur, Guillaume Bouvrette, est d’accord. Des plaintes pour harcèlement psychologique visent plusieurs personnes au SPGQ, révèle-t-il.

« Cela peut impliquer des personnes à différents niveaux de l’organisation », ajoute le président, sans préciser le nombre de plaintes.


Guillaume Bouvrette, président SPGQ.

Photo extraite du compte Linkedin de Guillaume Bouvrette

Guillaume Bouvrette, président SPGQ.

Enquêtes en cours

« Les personnes qui ont déposé ces plaintes sont souvent des personnes qui ont soit des intérêts personnels, soit des conflits d’intérêts. On peut viser, en déposant ces plaintes, à nuire », affirme M. Bouvrette.

« En revanche, une fois que cela est dit, nous prenons ces plaintes très au sérieux et nous faisons les analyses et les enquêtes que nous devons faire », ajoute-t-il.

Tirer des conclusions avant la fin des investigations serait « prématuré », selon lui.

En novembre dernier, le conseil syndical du SPGQ a confié à une firme externe le mandat de réaliser un diagnostic organisationnel. Une autre firme se penche sur le climat de travail au sein du comité exécutif.

Mais M. Bouvrette assure qu’il n’a pas fermé les yeux sur un climat malsain concernant les employés de l’organisation, lui qui en était le vice-président jusqu’à tout récemment. « Non, pas du tout », dit-il.

Problème de gouvernance

Comme plusieurs personnes interviewées, Line Lamarre affirme que le SPGQ souffre d’un problème majeur de gouvernance.

« Nous avons de sérieux problèmes fondamentaux dans l’organisation [du] SPGQ. On ne sait pas qui doit prendre les décisions, c’est compliqué entre les autorités », déplore l’ancien président.

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