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une marche des fiertés sous haute protection à Belgrade, malgré l’interdiction

A Belgrade, des milliers de membres de la communauté LGBT+ ont défilé samedi sous haute protection policière, malgré l’interdiction de cette marche des fiertés par les autorités serbes. Lors de contre-manifestations, 64 personnes ont été arrêtées.

Les autorités serbes avaient annulé la manifestation, invoquant le risque de troubles causés par des groupes d’extrême droite. Mais des milliers de membres de la communauté LGBT+ ont défilé, samedi 17 septembre, à Belgrade, en Serbie, sous haute protection policière. Des contre-manifestants se sont opposés à la police, 64 personnes ont été arrêtées.

Le défilé lui-même se passa sans incident notable. Mais selon les médias locaux, des heurts ont opposé la police à des contre-manifestants.

Pas de défilement

Le ministère serbe de l’Intérieur avait interdit la marche mardi, invoquant des problèmes de sécurité alors que des groupes d’extrême droite menaçaient d’organiser leurs propres manifestations après une série de contre-Pride dans la capitale.

Les manifestants ont néanmoins pu parcourir quelques centaines de mètres samedi sous la pluie, entre le Conseil constitutionnel et un parc voisin, un trajet bien plus court que la marche des fiertés initialement prévue.

« C’est bien plus qu’une Gay Pride. Nous nous battons pour l’avenir de ce pays », a résumé Luka Mazzanti Jovicevic, un manifestant serbe.

Une fierté « stressante »

« J’ai été à plusieurs Prides mais celle-ci est légèrement plus stressante que les autres », a déclaré la mannequin et militante Yasmin Benoit. « Je viens du Royaume-Uni où tout le monde est plus solidaire et où c’est plus commercial (…) Mais ici, c’est vraiment ce que devrait être une Pride », a-t-elle ajouté, en référence au combat sociétal aux origines du mouvement .

Le ministre de l’Intérieur Aleksandar Vulin a assuré que l’interdiction avait été appliquée, et qu’il s’agissait de personnes « escortées à un concert ».

La Première ministre serbe Ana Brnabic, ouvertement lesbienne, a annoncé samedi que 64 personnes avaient été arrêtées et 10 policiers blessés, tout en soulignant qu’elle était « fière » que la journée se soit terminée « sans incident grave ».

Une importante police anti-émeute avait été déployée autour du rassemblement et repoussé de petits groupes de contre-manifestants brandissant des croix et des insignes religieux.

Le ministère de l’Intérieur avait également interdit les contre-manifestations, mais dans les forums de discussion d’extrême droite, les utilisateurs avaient juré de protester contre Pride.

Selon la télévision N1, des échauffourées ont eu lieu entre policiers et contre-manifestants, ces derniers lançant des fumigènes sur les forces de l’ordre, dont plusieurs véhicules ont été endommagés.

Homophobie enracinée

Le week-end dernier, des milliers de personnes, gangs de motards, prêtres orthodoxes et nationalistes d’extrême droite, sont descendus dans la rue pour exiger l’annulation du défilé.

« Je suis ici pour préserver les traditions, la foi et la culture serbes qui sont détruites par les sodomites », a déclaré samedi Andrej Bakic, 36 ans, contre-manifestant et membre d’un groupe encerclé par la police. contrôle anti-émeute.

L’interdiction de la marche avait semé la consternation parmi les ONG de défense des droits. Il s’agit d’une « capitulation honteuse et d’une consécration implicite de l’intolérance et des menaces de violence illégale », selon Graeme Reid, directeur du programme des droits LGBT+ à Human Rights Watch.

Mauvais bilan en matière de droits de l’homme

La Serbie a fait l’objet d’intenses pressions internationales : plus de 20 ambassades, dont celles des Etats-Unis, de France, d’Allemagne et du Japon, l’avaient appelée dans un communiqué commun à revenir sur sa décision.

La Serbie est candidate à l’adhésion à l’UE depuis une décennie, mais les États membres ont exprimé des inquiétudes quant à son bilan en matière de droits de l’homme au fil des ans.

Le mariage entre personnes de même sexe n’est pas légal dans ce pays balkanique de moins de sept millions d’habitants, où l’homophobie est profondément ancrée malgré quelques avancées contre les discriminations.

Avec l’AFP

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