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Une touche de féminité dans le secteur minier


Enfant, Manon Rouillier se réveillait parfois la nuit en entendant des voix de foreurs sur la CB de son père, fondateur d’une entreprise de forage en Abitibi. Il s’appelait à tout moment, sans connaître le long sommeil.

« Jamais de ma vie je n’allais travailler là-bas ! C’est ce que je me disais quand j’étais jeune », se souvient celle qui déploie aujourd’hui toute son énergie au rayonnement des acteurs de l’industrie minière.

Elle a quitté l’Abitibi à l’âge de 15 ans en pensant qu’elle ne reviendrait jamais. Elle a convaincu son père de l’inscrire dans une école secondaire de langue anglaise parce qu’elle rêvait de parler anglais, ce qui l’amènerait sans doute dans un endroit plus lumineux que l’underground abitibien.

Mais ne dit-on pas que ce que l’on fuit nous rattrape toujours ?

Abitibi ne sortira pas de la fille

L’Abitibi est revenue dans la vie de Manon en 2009, lorsqu’elle a fondé son agence de marketing. Il devait se démarquer d’une masse de concurrents et c’est là que l’idée d’investir dans le secteur minier a pris forme.

« Mon frère a repris la société de forage fondée par mon père et je suis allé avec lui aux conventions de l’industrie. J’entendais des gens dire le besoin de communication », se souvient Manon, qui découvrait par la même occasion des gens passionnés, qu’elle aimait écouter.

Rouiller Strategy Marketing, basée à Québec, s’est donc spécialisée dans l’industrie minière, un secteur qui attire beaucoup moins de gens créatifs que le commerce de détail, et où les femmes n’occupent que 16 % des emplois.

« C’est un travail sur soi de penser qu’on a sa place. Mais en fin de compte, les femmes sont les bienvenues dans l’industrie », dit-elle, ajoutant que l’exploitation minière attire désormais autant de candidates que de candidats masculins.

La plupart de ses clients sont des fabricants qui vendent des équipements aux sociétés minières. L’agence les aide à établir des liens. Manon se rend en Abitibi tous les deux mois. La pandémie a montré qu’on peut faire mille choses à distance, elle a donc espacé ses séjours dans son pays natal.

Aidez les femmes à se démarquer

Manon Rouillier souhaitait élargir son impact dans l’industrie. En 2021, elle lance un podcast minier, dans lequel elle reçoit des acteurs de la filière, pour faire découvrir métiers, savoirs et entreprises. Bien sûr, c’est gagnant-gagnant, puisque l’agence marketing de Manon rayonne autant que ses clients, à travers un tel exercice. Mais cela reste un investissement personnel.

Sinon, en 2021, elle s’est jointe à Women in Mining, chapitre Abitibi-Témiscamingue, un regroupement voué à la promotion des métiers de l’industrie minière auprès des femmes.

« Beaucoup n’osent pas accéder à des postes de direction. Nous allons leur proposer de l’aide pour qu’ils puissent aller de l’avant et prendre leur place dans des rôles de leadership », explique l’entrepreneur.

Et pourquoi pas ? Les salaires sont supérieurs à 50 $ de l’heure et il existe de nombreux postes qui ne nécessitent pas une grande force physique. La technologie fait de plus en plus son entrée dans l’industrie et cela, selon Manon, facilitera la présence des femmes. Surintendants aux opérations? On n’en voit pas beaucoup, c’est comme en construction, mais s’il faut changer l’image de l’industrie minière pour convaincre, Manon sera la première à se porter volontaire.

C’est comme si, devenue adulte, elle avait enfin compris la passion qui liait son père aux mines et qu’elle avait hérité d’un filon bien à elle. Une veine à laquelle elle n’aurait jamais pensé sans ses origines.

« Ce qui m’a le plus surpris dans l’industrie, c’est qu’il n’a pas été si difficile de prendre ma place. Il fallait juste oser ! »

STRATÉGIE MARKETING ROUILLIER

  • Année de fondation: 2009
  • Fondateurs : Manon Rouillier
  • Lieu du siège social : Québec
  • Secteur d’activité : Commercialisation
  • Nombre d’employés : 17

Profil de Manon Rouillier

  • Emploi : Président
  • Âge : 47 ans
  • Entraînement: Communications, Université d’Ottawa



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