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Union Saint-Gilloise, le club qui sauve l’honneur du championnat belge

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LETTRE DU BENELUX

La Belgique occupe depuis 2018 la première place du classement mondial établi par la Fédération Internationale de Football Association (FIFA), devant le Brésil et la France. Belle performance, bouleversée par le spectacle honteux que vient d’offrir sa compétition nationale.

A Bruges, le 19 décembre, Vincent Kompany, l’entraîneur d’Anderlecht, et ses assistants ont été, pendant 90 minutes, la cible d’injures racistes. Et Kompany, ancien capitaine de Manchester City, où il reste vénéré, a traité de « Singe noir ». A Anvers, une semaine plus tard, les supporters de Beerschot s’échauffaient en chantant des chants antisémites (« Juifs au gaz ») et en faisant le salut nazi. A Liège, début décembre, des supporters du Standard ont interrompu un match avec des bombes fumigènes pour exprimer leur colère face aux contre-performances de leur équipe et menacer les dirigeants du club. Pour couronner le tout, un gigantesque scandale de faux billets, d’argent noir et de matchs truqués plane désormais sur la concurrence.

Sondage (2019) : Article réservé à nos abonnés Corruption : les petits arrangements du football belge

Dejan Veljkovic, un agent de joueurs, le premier repenti de l’histoire judiciaire du royaume, a révélé lors de 27 interrogatoires comment il avait permis à des officiels, joueurs, entraîneurs, arbitres ou un ancien sélectionneur national de dissimuler un total de plus de 25 millions d’euros. Une rivière d’essai est annoncée et va, à coup sûr, éclabousser du beau monde.

Dans cet univers que la justice et le gouvernement tardent à réguler, une petite lueur, totalement imprévue, a pourtant pointé du doigt. Une équipe au maigre budget de 10 millions d’euros (la troisième plus faible de la D1) était, début janvier, largement en avance sur le championnat. Avec 7 points d’avance sur deux anciens cadors, le FC Bruges, champion sortant, et 11 sur le Sporting Anderlecht. De quoi remonter le moral de ceux qui pensent, en Belgique et ailleurs, que le football n’est pas qu’une question d’argent, de violence et de racisme.

L’Union, une légende

Cette équipe totalement inattendue, promue de D2 l’an dernier, a été sauvée in extremis d’un passage en D4, en 2013. Et elle porte un nom bien dépassé dans cette Belgique fracturée : l’Union. L’Union Saint-Gilloise (USG), une équipe bruxelloise dont le minuscule stade n’est pas – histoire de Belgique – situé à Saint-Gilles, mais dans la commune voisine de Forest, et dont le centre d’entraînement est à Lier (Lier), près d’Anvers, en Flandre .

L’Union est une légende : onze titres de champion, mais dont le dernier remonte à 1935. Soixante matches sans défaite entre 1933 et 1935 et une histoire illustrée par une pièce immensément célèbre : Bossemans et Coppenolle. L’histoire d’une querelle haute en couleurs entre deux « brusseleirs », l’un partisan du jaune et du bleu – les couleurs de l’USG – et l’autre de Daring, le grand rival des années 30.

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