Divertissement

Vladimir Fedorovski : « Gorbatchev est l’anti-Poutine »

[ad_1]

« Dès que Poutine a pris le pouvoir, il est devenu un autocrate implacable », observe l’ancien diplomate Vladimir Fedorovski. Loïc Venance

INTERVIEW – L’écrivain* d’origine russo-ukrainienne raconte sur Radio J (6h20 et 8h20) tous les dimanches matin à partir du 11 décembre, l’histoire des dirigeants de l’URSS afin de mieux comprendre la Russie actuelle. Interview.

L’ancien diplomate promoteur de la perestroïka évoque notamment l’influence de Staline sur la manière dont Poutine mène la guerre en Ukraine. Vladimir Fédorovski propose ses chroniques de dix minutes chacune sur Radio J à partir de ce dimanche 11 décembre – à 6h20 et 8h20 – consacrées aux dirigeants de l’URSS et à leur influence sur la Russie actuelle. Un événement à ne pas manquer lors des fêtes de fin d’année et qui se poursuivra tout au long de l’année 2023.

LE FIGARO. – Est-ce que Poutine s’inspire de Staline ?

Vladimir FEDOROVSKI. – Poutine est obligé de se référer à l’URSS car aujourd’hui l’opinion publique russe est nostalgique de cette période et plus particulièrement de la façon dont Staline a gagné la Seconde Guerre mondiale.

Mais Staline se battait contre les nazis, tandis que Poutine attaquait l’Ukraine…

Évidemment, mais le message qu’il envoie aux Russes reste le même que celui lancé lors de la bataille de Stalingrad, à savoir que la patrie est en danger. L’actuel maître du Kremlin a changé d’attitude depuis le début de l’invasion. La propagande de Moscou commence à reconnaître les faiblesses de son armée. Poutine considère, comme sous Staline, qu’il faut dire la vérité pour renverser la situation. Quant au général Surovikin, nommé commandant de « l’opération spéciale » en octobre, son image est calquée sur celle du célèbre général Joukov.

Quelle comparaison pouvez-vous faire entre Poutine et Gorbatchev ?

Gorbatchev est l’anti-Poutine. Le dernier dirigeant de l’URSS est aujourd’hui la figure la plus détestée de l’histoire russe. Il est considéré comme un faible et un traître. Mais à mon avis, il est très regrettable que son esprit de compromis n’ait pas été pleinement compris par l’Occident. Je reste convaincu que Gorbatchev était, malgré ses erreurs, prémonitoire. Mitterrand m’a dit lors de notre dernière rencontre que Gorbatchev appartenait à l’avenir avec sa volonté de rechercher un équilibre des intérêts. Avec Poutine, nous revenons à l’équilibre des forces. Cependant, un retour à l’équilibre des intérêts est nécessaire.

Que pense Poutine d’Eltsine ?

Il le méprise. Le paradoxe est qu’Eltsine et les oligarques l’avaient choisi pour sa supposée faiblesse. Mais dès que Poutine a pris le pouvoir, il est devenu un autocrate implacable. Alors qu’Eltsine était dominé par les oligarques, ils sont et restent aujourd’hui à la botte de Poutine.

Peut-on faire un parallèle avec la crise cubaine ?

Même le président Biden le fait. L’idée est de trouver une solution négociée comme en 1962. Récemment, le chef de la CIA William Burns et le chef des services secrets russes, Sergei Narychkine se sont rencontrés à Ankara. Et le chef d’état-major américain, le général Milley, a déclaré qu’il fallait trouver une solution négociée. Quant au gourou de Barack Obama, Charles Kupchan, il s’interroge dans une tribune du poste de Washington si la récupération du Donbass et de la Crimée mérite une guerre mondiale.

Que pensez-vous de l’action d’Emmanuel Macron ?

Tout en étant très clair dans son soutien aux Ukrainiens, il a très bien réussi au début avec son discours qui a donné le cadre des négociations. Aujourd’hui, il peut revenir dans le jeu, je pense que tôt ou tard il aura une conversation avec Poutine.

Selon vous, quelle place la culture peut-elle avoir dans ce contexte de guerre en Ukraine ?

Dans ce contexte désespéré, la culture reste le meilleur pont pour la paix. Le plus spectaculaire de cette semaine a été la présentation triomphale de Boris Godounov à La Scala de Milan et la déclaration du président italien Sergio Mattarella disant que « La culture russe est une partie inébranlable de l’Europe« .

* Derniers livres publiés : Poutine et l’Ukraine : les faces cachées,et Le roman d’une révolution (Baland).

[ad_2]

lefigaro – divertissement

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.
Bouton retour en haut de la page